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ALLOCUTION DE BIENVENUE DE SON EXCELLENCE THAKSIN SHINAWATRA
PREMIER MINISTRE DE THAÏLANDE
Monsieur
le Ministre Suwit,
Monsieur Klaus Toepfer, Directeur exécutif du Programme des
Nations Unies pour l'environnement,
Monsieur Willem Wijnstekers, Secrétaire général
de la Convention sur le commerce international des espèces
de faune et de flore sauvages menacées d'extinction,
Monsieur Kenneth Stansell, Président du Comité permanent
de la CITES,
Excellences,
Distingués délégués,
Mesdames et Messieurs,
Au nom du Gouvernement et du peuple de la Thaïlande, je vous
souhaite la plus cordiale bienvenue à Bangkok et à
la 13e session de la Conférence des Parties à la CITES.
La Thaïlande est particulièrement fière et honorée
d'accueillir la toute première réunion en Asie du
Sud-Est de cette convention importante et nous espérons que
votre séjour ici sera à la fois mémorable et
fructueux. Nous vous remercions d'être venus dans notre Royaume
pour y mener des travaux importants, durant les deux prochaines
semaines, sur les grands problèmes qui concernent les espèces
aujourd'hui en danger sur toute notre planète. Nous sommes
conscients que ces questions sont vitales pour notre pays, notre
région et le monde entier et je sais bien que les problèmes
qui vous occupent ne sont pas faciles à résoudre.
Au fil des ans, la CITES s'est révélée être
un instrument essentiel pour la conservation de la nature constamment
menacée par des activités criminelles et par la cupidité
humaine: tant de choses dépendent de vos efforts concertés.
Dans mon rôle de dirigeant d'un pays qui a connu les effets
adverses du commerce transfrontière illicite des espèces
menacées d'extinction, je dois souligner qu'il est de plus
en plus nécessaire que nous renforcions notre coopération
en matière d'application du droit international, dans le
cadre de la CITES. La Thaïlande veut rendre la CITES efficace
pour tous les pays en trouvant le moyen, à cette réunion,
de renforcer la coopération mondiale en faveur de la réduction
de la criminalité relative à la nature.
Comme nous le savons tous, la destruction de nos ressources naturelles
constitue une menace mondiale pour la santé et la biodiversité
de notre planète. Le trafic souvent indétecté
des espèces protégées de plantes et d'animaux
ne viole pas seulement la loi mais appauvrit le monde naturel et,
en fin de compte, nous prive de notre humanité.
A l'échelle mondiale, le commerce illicite des espèces
sauvages, des essences forestières et autres ressources naturelles
ne le cède qu'au trafic de la drogue et des armes. C'est,
en soi, une constatation choquante. Et pour couronner le tout, on
a découvert que des éléments criminels participant
à des formes classiques de crime organisé sont souvent
associés au commerce illicite de la faune et de la flore
sauvages et des essences forestières.
De plus, tout renforcement de la législation de protection
des espèces animales et végétales a souvent
pour résultat un renforcement correspondant de la détermination
des gens malhonnêtes à violer la loi pour un profit
rapide. Il nous incombe de relever ce défi par des efforts
concertés et sérieux et par une application rigoureuse
des lois.
Mesdames et Messieurs, la CITES possède un potentiel considérable
et des possibilités inexploitées de contribuer à
la réalisation de ces buts et objectifs mondiaux. Mais cela
exige un engagement, de votre part et de la part de vos gouvernements,
un engagement qui doit se traduire en investissement, financier
et autre, sur le plan national et international, directement ou
par un moyen coordonné et mondialement accepté, au
travers du budget de la CITES. Or, ce dernier est nettement insuffisant
et ne permet ni de répondre aux attentes de la société
civile, ni de satisfaire les besoins des pays en développement
où la conservation des espèces sauvages est en jeu.
Mesdames et Messieurs, j'ai mentionné le potentiel de la
CITES et les attentes à son égard, ainsi que le fossé
financier qui les sépare, mais d'autres problèmes
importants se posent à vous, notamment celui de savoir si
la CITES devrait passer à l'étape suivante dans son
engagement vis-à-vis de la conservation des espèces
économiquement importantes. A mon avis, nous devrions le
faire, mais seulement là où la CITES occupe une position
unique ou - s'il existe des accords sur les espèces - seulement
là où la CITES, avec ses outils et ses instruments
très particuliers, apporte une valeur ajoutée. Je
suis convaincu que le potentiel de cette valeur ajoutée est
largement sous-estimé et mérite une attention et une
compréhension plus grandes.
Soixante propositions vous sont soumises visant à inscrire
des nouvelles espèces aux annexes ou à transférer
des espèces d'une annexe à une autre. Il s'agit-là
d'une des tâches essentielles de la Conférence des
Parties mais aussi de la plus difficile. Ces inscriptions font l'objet
de nombreux malentendus. Certains estiment ou voudraient que les
autres pensent qu'une inscription à l'Annexe II signifie
la fin du commerce. D'autres voudraient que l'on pense qu'une inscription
à l'Annexe I sauve une espèce de l'extinction. Ces
deux idées sont fausses. Une inscription à l'Annexe
II constitue une garantie de la durabilité du commerce et
est donc positive pour l'avenir du commerce en question. Une inscription
à l'Annexe I contribue simplement à la conservation
d'une espèce mais exige, bien entendu, nombre d'autres mesures
pour la sauver de l'extinction.
Dans des publications et dans mes discours d'ouverture lors de
sessions antérieures de cette Conférence, j'ai abordé
le problème de la sophistication trop grande de la CITES.
Le Secrétariat continuera à désigner les procédures,
règles et réglementations élaborées
durant les 30 années d'histoire de la Convention, mais qui
pourraient être abolies ou simplifiées. J'ai lancé
cette idée et je voudrais souligner une fois de plus que
la CITES doit revenir à l'essentiel. Nous devons nous concentrer
sur les outils et mécanismes essentiels pour réglementer
le commerce des espèces sauvages, et nous débarrasser
de toute la paperasserie inutile. Agir de la sorte nous aidera à
mieux comprendre et accepter les règles, partant à
mieux les faire appliquer par les Parties, sur le terrain et aux
frontières. La simplification nous permettra aussi de réaliser
des économies. Pour parvenir à cette simplification,
nous devons tous avoir une vision critique des décisions
que nous sommes amenés à prendre et, en particulier,
évaluer leurs avantages pour la conservation.
Mesdames et Messieurs, une Conférence de la CITES est une
réunion unique qui rassemble plusieurs centaines de personnes,
avec une formation, une culture, des intérêts et des
convictions extrêmement divers. Les discussions peuvent être
rudes, les décisions difficiles à prendre, les résultats
pas toujours à la satisfaction de tous, il y a aura forcément
des tensions mais le fait de nous retrouver en Thaïlande devrait
nous encourager tous à discuter des nombreuses questions
qui nous sont soumises dans le calme, l'amitié et le respect.
Que nous soyons d'accord ou non, sachons garder le sourire.
Monsieur le Premier ministre, Excellences, Mesdames et Messieurs,
je vous souhaite toute la sagesse possible dans vos délibérations.
L'infrastructure et l'atmosphère que nous offre la Thaïlande
sont une garantie du succès de notre conférence.
Je vous remercie de votre aimable attention.
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