La CITES étend les contrôles réglementaires sur les essences de bois de grande valeur à la demande du Nicaragua et de la Fédération de Russie

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Communiqué de presse

La CITES étend les contrôles réglementaires sur les essences de bois de grande valeur à la
demande du Nicaragua et de la Fédération de Russie

De nouvelles règles commerciales s’appliquent également à 13 espèces d’animaux du Pakistan

Genève, 1er avril 2014 - Les gouvernements du Nicaragua, du Pakistan et de la Fédération de Russie ont demandé au Secrétariat de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) d’inscrire seize nouvelles espèces à l’Annexe III, incluant des essences de bois de grande valeur ainsi que des mammifères et des oiseaux. Les nouvelles inscriptions entreront en vigueur le 24 juin 2014.

L’inscription à l’Annexe III de la CITES d’espèces d’arbres par la Fédération de Russie – le chêne de Mongolie (Quercus mongolica) et le frêne de Mandchourie (Fraxinus mandshurica) - et par le Nicaragua – le palissandre du Guatemala (Dalbergia tucurensis) – et de treize espèces d’animaux par le Pakistan signifie que tous les transports transfrontaliers de spécimens appartenant à ces espèces CITES devront être autorisés par la délivrance d’un document attestant de l’origine légale des produits.

Commentant les nouvelles inscriptions, le Secrétaire général de la CITES, M. John Scanlon, a déclaré : « Les demandes des Gouvernements du Nicaragua, du Pakistan et de la Fédération de Russie pour l’inscription de ces espèces à l’Annexe III montrent que les États de l’aire de répartition reconnaissent de plus en plus la valeur de la CITES pour assurer un commerce international légal et traçable aux deux extrémités de la chaîne de valeur ».

L’exploitation forestière illégale et le commerce non contrôlé du chêne de Mongolie et du frêne de Mandchourie, deux espèces précieuses de feuillus, dans les provinces russes extrême-orientales de Primorié et de Khabarovsk, constituent le facteur majeur de dégradation des forêts dans l’aire de répartition du tigre de l’Amour. Les chênes offrent une source essentielle de nourriture aux animaux tels que le sanglier, qui à son tour est une proie du tigre de l’Amour et de la panthère de l’Amour. Le frêne se rencontre souvent dans les forêts des plaines inondables, qui constituent des habitats essentiels pour les grands félins comme pour leurs proies. Cette nouvelle mesure de contrôle du commerce international pourrait donc fournir de multiples avantages.

Le Nicaragua a demandé l’aide des Parties à la CITES pour contrôler le commerce du palissandre du Guatemala, une espèce de l’Amérique centrale utilisée dans l’industrie du bois. Ce bois ressemble beaucoup à plusieurs autres essences de palissandres déjà protégées au titre de la CITES, ce qui rend les contrôles de leur commerce très difficile pour les services des douanes.

Dans le même temps, le Pakistan a demandé la coopération des Parties pour le contrôle du commerce de treize espèces animales qui vont être inscrites à l’Annexe III. Le Pakistan a la chance d’accueillir une grande diversité d’espèces de montagne uniques.

L’antilope cervicapre (Antilope cervicapra) est la seule espèce vivante du genre Antilope. Son aire de répartition a fortement régressé au cours du XXe siècle et elle a aujourd’hui disparu du Bangladesh, du Népal et du Pakistan. Des essais de réintroduction ont eu lieu au Pakistan et au Népal qui accueillent maintenant des populations réintroduites inscrites à l’Annexe III.

L’antilope nilgaut (Boselaphus tragocamelus) est l’un des animaux sauvages les plus couramment observés au centre et au nord de l’Inde, où elle fréquente les terres agricoles et les forêts arbustives. La chasse et la destruction de ses habitats ont eu un effet négatif sur l’espèce au Pakistan.

La chèvre sauvage (Capra hircus aegagrus) vit sur le plateau du Baloutchistan et ses contreforts dans le sud-ouest du Pakistan. Les principales menaces qui pèsent sur cette espèce sont le braconnage, la concurrence avec le bétail pour la nourriture, ainsi que la perturbation et la perte de ses habitats en raison de l’exploitation forestière et du défrichement des terres.

Le Bouquetin de Sibérie (Capra sibirica) vit en Asie centrale, du Nord et du Sud. C’est l’espèce la plus grande et la plus lourde du genre Capra, mais sa hauteur au garrot est inférieure à celle du markhor.

La gazelle indienne (Gazella bennettii) se rencontre normalement en Asie du Sud. Elle vit dans les plaines, les collines, les déserts, les zones arbustives sèches et les forêts claires en Inde, au Pakistan et en République islamique d’Iran. Ses effectifs au Pakistan ont été sérieusement réduits par une chasse excessive.

Le grand bharal ou mouton bleu (Pseudois nayaur) est un caprin vivant en altitude dans l’Himalaya au Népal, en Chine, en Inde, au Pakistan et au Bhoutan. C’est une proie importante du léopard des neiges. Au Pakistan, son aire de répartition limitée et ses faibles effectifs rendent le grand bharal vulnérable au braconnage et à la perte de ses habitats. Lorsque la construction d’une piste permettra l’accès à la vallée de Shimshal, l’espèce fera probablement face à une pression de chasse accrue.

Le cerf cochon (Axis porcinus) n’est présent que sur les prairies riveraines isolées le long de la vallée de l’Indus et de ses affluents supérieurs, principalement dans les réserves forestières de l’Indus de la province du Sind, avec de petites populations présentes également autour de l’embouchure de l’Indus et au nord de Sukkur. Le cerf des marais est menacé par la chasse et par la perte et la dégradation de ses habitats.

Le Pakistan a également demandé l’aide de la CITES pour protéger trois espèces de carnivores : la petite mangouste d’Inde, la mangouste de Java et la hyène rayée (Herpestes edwardsii, Herpestes javanicus et Hyaena hyaena) ainsi que trois espèces de faisans : le Faisan leucomèle, le Paon bleu et l’Eulophe koklass (Lophura leucomelanos,Pavo cristatuset Pucrasia macrolopha).

Informations générales sur l’Annexe III

L’Annexe III comprend les espèces que toute Partie à la Convention identifie comme nécessitant une réglementation dans sa juridiction pour en prévenir ou en restreindre l’exploitation, et nécessitant la coopération des autres Parties pour en contrôler le commerce international. L’inscription à l’Annexe III est effectuée à la demande expresse de l’État d’origine et ne nécessite pas de décision de la Conférence des Parties.

Note aux journalistes: Pour plus d’informations, veuillez contacter Juan Carlos Vasquez au +4179-552 27 32 (mobile), ou juan.vasquez@cites.org