Le Président de Madagascar et le Secrétaire général de la CITES appellent à un soutien international pour mettre un terme à la forte augmentation du commerce illégal du bois

Document non officiel
Destiné uniquement aux médias

 

Communiqué de presse

Le Président de Madagascar et le Secrétaire général de la CITES appellent à un soutien international
pour mettre un terme à la forte augmentation du commerce illégal du bois 

Genève, le 4 avril 2014 - Le Président de la République de Madagascar, Son Excellence M. Hery Marcial Rajaonarimampianina, et le Secrétaire général de Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), M. John E. Scanlon, se sont rencontrés à Bruxelles le 3 avril pour discuter des mesures urgentes pour endiguer le commerce illégal du bois en provenance de Madagascar.

Le Président de Madagascar M. Hery Marcial Rajaonarimampianina rencontre
le Secrétaire général de la CITES M. John E. Scanlon à Bruxelles

Des stocks de bois de rose, palissandre et ébène exploités illégalement à Madagascar sont passés en contrebande hors du pays, à des niveaux sans précédent et en utilisant diverses voies. Les rapports les plus récents font état d’importantes saisies concernant 110 tonnes de bois de rose en République-Unie de Tanzanie (à travers l’Opération Cobra II), tandis que 1196 grumes avaient déjà quitté Zanzibar avant cette opération. Cet exemple parmi d’autres reflète l’ampleur de ce commerce illégal.

Commentant les résultats de la réunion, le Président Rajaonarimampianina a déclaré : « La proposition de Madagascar d’inscrire ses populations de bois de rose, palissandre et ébène à l’Annexe II a été adoptée par consensus lors de la 16e session de la Conférence des Parties (CoP16, Bangkok, mars 2013). Nous cherchons maintenant le soutien total de toutes les Parties à la CITES, et en particulier des États de transit et de destination, pour aider Madagascar dans la lutte contre le commerce illégal de ces espèces ».

 « Les forêts de Madagascar doivent être conservées et utilisées de manière durable, responsable et légale. Je suis pleinement engagé et résolu : le commerce illégal du bois doit s’arrêter. J’appelle les États de transit et de destination à mener des enquêtes complètes et, le cas échéant, à poursuivre les personnes impliquées dans le commerce illicite ; et j’exhorte toutes les Parties à renvoyer tout le bois ayant fait l’objet d’un commerce illégal vers Madagascar qui est le propriétaire légitime de ces biens volés. Les habitants de Madagascar doivent pouvoir profiter de cette richesse naturelle » a-t-il ajouté.

Le Président Rajaonarimampianina a déjà pris des mesures pour mobiliser toutes les autorités nationales compétentes à Madagascar, du Premier ministre à l’ensemble des autorités locales, afin de lutter conjointement contre l’exploitation forestière illicite et le commerce illégal ; et il est prêt à promulguer toutes les mesures législatives nécessaires. Toutefois, Madagascar reconnaît également les défis auxquels le pays est confronté pour contrôler ses 5000 km de côtes, et appelle au soutien et à la coopération internationale pour l’aider à empêcher de nouvelles exportations illégales.

Se félicitant de ces mesures, M. Scanlon a déclaré : « Quand les Parties à la CITES décident d’inscrire des espèces aux annexes, elles mettent en place des obligations juridiquement contraignantes pour les États d’origine, de transit et de destination. Nous assistons à une augmentation du commerce illégal de bois en provenance de Madagascar, ce qui est une grave préoccupation pour la CITES ».

Il a également ajouté : « La validité des autorisations ou des permis ainsi que les noms utilisés pour la désignation des espèces commercialisées doivent être examinés de près. Il est impératif que tous les États concernés restent vigilants pour garantir la légalité de toutes les cargaisons de bois appartenant à des espèces CITES et en provenance de Madagascar ».

Lors de la réunion, le Secrétaire général de la CITES, au nom du Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages (ICCWC - International Consortium on Combatting Wildlife Crime), a offert un soutien immédiat à Madagascar à travers le Consortium et a recommandé le déploiement rapide d’une équipe de soutien en cas d’incident affectant des espèces sauvages (WIST - Wildlife Incident Support Team). Celle-ci sera dirigée par INTERPOL, afin de guider et faciliter le suivi des mesures de lutte contre la fraude. De plus, l’ICCWC, par l’intermédiaire de l’Organisation mondiale des douanes, a convoqué une réunion à l’attention des services des douanes et d’autres instances officielles des pays d’origine, de transit et de destination, pour convenir de stratégies communes permettant d’améliorer la coopération internationale et les réponses coordonnées de lutte contre la fraude, afin d’arrêter le commerce illégal de bois en provenance de Madagascar. Le Président s’est félicité de l’offre de soutien, et les partenaires de l’ICCWC se réuniront la semaine prochaine à Bruxelles, en Belgique, afin de déterminer plus avant le meilleur plan d’action.

Le Président et le Secrétaire général ont reconnu l’importance de l’audit et de l’inventaire de tous les stocks de bois existant dans le pays, en appréciant les efforts actuels de Madagascar appuyés par la Banque mondiale à cet égard.

Le Secrétaire général de la CITES a également offert un soutien juridique et scientifique à Madagascar, qui comprend la possibilité d’une assistance future au titre du programme OIBT-CITES. Une mission du Secrétariat CITES se rendra à Madagascar à la fin mai 2014 pour aider à la mise en œuvre de toutes les mesures convenues.

Le Secrétaire général de la CITES a finalement déclaré : « Il est impératif que nous prenions dès à présent des mesures pour attirer l’attention mondiale sur l’ampleur et l’impact immédiat des menaces qui pèsent sur l’environnement et l’économie de Madagascar en raison de la forte augmentation du vol de ses ressources naturelles. Nous ne réussirons à stopper ce phénomène que par un effort collectif - la CITES et l’ICCWC répondent ainsi à la demande de soutien international faite par le Président afin de mettre fin au pillage de ses ressources naturelles ».

Le Président Rajaonarimampianina s’est félicité de l’appui solide du Secrétariat de la CITES et de l’ICCWC pour aider Madagascar à lutter contre ce commerce illégal du bois qui est en train de détruire les forêts du pays et d’affaiblir son économie ainsi que l’état de droit.

Informations de fond sur l’inscription du bois de rose à l’Annexe II

Lors de sa 16e session (CoP16, Bangkok, 2013), la Conférence des Parties à la CITES a décidé d’inscrire à l’Annexe II les populations malgaches appartenant aux genres Dalbergia et Diospyros, avec une annotation limitant l’inscription aux « grumes, bois sciés et placages ».

À la même session, les Parties ont également adopté la décision 16.152 « Ébènes (Diospyros spp.) et palissandres (Dalbergia spp.) de Madagascar », ainsi que le plan d’action correspondant. La mise en œuvre rapide de ce plan d’action adopté par la CITES en mars 2013 sera essentielle pour la conservation à long terme et l’utilisation durable de ces bois précieux.

Le 13 août 2013, les organes CITES de Madagascar ont demandé au Secrétariat de publier un quota zéro pour l’exportation du bois de Diospyros et de Dalbergia malgaches, pour une période de six mois allant jusqu’au 13 février 2014. Madagascar a ensuite prorogé ce moratoire d’exportation au 14 avril 2014. Il s’applique à tous les stocks de bois appartenant à ces essences. Selon le Plan d’action de la CITES, l’embargo devrait être maintenu jusqu’à ce que le Comité permanent ait approuvé les résultats de l’audit et du plan l’utilisation des stocks afin de déterminer quel partie du stock a été légalement constituée et pourrait donc faire l’objet d’exportations légales.

Le Secrétariat de la CITES fait appel aux États membres, aux partenaires et aux bailleurs de fonds potentiels pour aider Madagascar à protéger son patrimoine naturel à travers la pleine mise en œuvre des mesures, y compris le plan d’action de la CITES.

Les Partenaires de l’ICCWC échangent des informations et coopèrent pour aider les pays concernés dans la lutte contre la criminalité liée aux forêts. Il est reconnu que de grandes quantités de bois de rose ont disparu des dépôts au nord-est de Madagascar ces derniers mois. Une des modalités probablement utilisée par les trafiquants est le transport des grumes sur de petites embarcations jusqu’à de plus grands navires qui attendent au large.

L’Opération COBRA IIa été organisée par l’Équipe spéciale de l’Accord de Lusaka (LATF - Lusaka Agreement Task Force), la Chine, les États-Unis d’Amérique, l’Afrique du Sud, le Réseau de lutte contre la fraude liée aux espèces sauvages de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN -WEN) et le Réseau de lutte contre la fraude liée aux espèces sauvages de l’Asie du Sud (SAWEN), et a été coordonnée par les Équipes internationales de coordination basées à Nairobi et à Bangkok. L’opération a porté sur les principales espèces faisant l’objet de commerce illégal, et a donné lieu à un grand nombre d’arrestations ainsi qu’à la saisie de spécimens, entre autres de guépards, d’éléphants, de rhinocéros, de pangolins, de léopards, de bois de rose, de serpents, de tigres et de tortues.

En 2007, le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO a inscrit les forêts humides de l’Atsinanana sur la Liste du patrimoine mondial. Des spécimens de Dalbergia spp. et de Diospyros spp sont exploités illégalement dans deux des six parcs nationaux de cette zone. Le Comité du patrimoine mondial a recommandé des mesures correctives, incluant la lutte contre la fraude, la restauration des zones dégradées et la liquidation des stocks existants.

Note aux rédacteurs : Pour plus d’informations, veuillez contacter Juan Carlos Vasquez : +4179-552 27 32 (mobile), ou juan.vasquez@cites.org

À propos de la CITES

Avec 180 États membres, la CITES reste l’un des instruments les plus puissants au monde pour la conservation de la biodiversité par la réglementation du commerce de la faune et de la flore sauvages. Des milliers d’espèces font l’objet d’un commerce international et sont utilisées par l’homme dans sa vie quotidienne pour se nourrir, se loger, se soigner, ainsi que pour l’écotourisme, les cosmétiques ou la mode.

La CITES règlemente le commerce international de près de 35 000 espèces de plantes et d’animaux, y compris de leurs parties et produits, assurant leur survie dans la nature au bénéfice tant des populations locales qui conservent ainsi leurs moyens de subsistance que de l’environnement mondial. Le système de permis CITES a pour but de veiller à ce que le commerce international des espèces inscrites aux annexes CITES soit durable, légal et traçable.

La CITES a été signée à Washington le 3 mars 1973.

Pour en savoir plus sur la CITES, veuillez consulter www.cites.orgou les pages suivantes :

À propos de l’ ICCWC

L’ICCWCest une action menée en collaboration par cinq organisations intergouvernementales qui œuvrent à fournir un appui coordonné aux agences nationales de lutte contre la fraude liée aux espèces sauvages et aux réseaux régionaux et subrégionaux qui, jour après jour, agissent pour défendre les ressources naturelles. Les partenaires de l’ICCWC sont la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), INTERPOL, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, la Banque mondiale et l’Organisation mondiale des douanes.

La mission de l’ICCWC est d’entrer dans une ère nouvelle où les auteurs de délits graves contre les espèces sauvages devront faire face à une réaction formidable et coordonnée, alors qu’actuellement, le risque de détection et de sanction est trop faible.

Dans ce contexte, l’ICCWC travaille pour et avec les milieux de la lutte contre la fraude, puisque ce sont les agents travaillant en première ligne qui finissent par amener devant la justice les criminels impliqués dans ces délits.

L’ICCWC cherche à soutenir un développement de la lutte contre la fraude qui s’appuie sur des politiques axées sur des ressources naturelles durables, au plan social et environnemental, en tenant compte de la nécessité de soutenir les communautés rurales pauvres et marginalisées pour qu’elles conservent leurs moyens d’existence.

Pour en savoir plus sur l’ICCWC, veuillez consulter http://www.cites.org/fra/prog/iccwc.php