Communiqué de presse sur le braconnage de rhinocéros
L’Arménie, 174e Partie à la CITES
Examens de politiques nationales en matière de commerce d'espèces sauvages
Suspension de commerce
Calendrier CITES

ALLOCUTION D'OUVERTURE DU SECRETAIRE GENERAL DE LA CITES

Monsieur le Premier Ministre, Vos Excellences, Mesdames et Messieurs,

Je tiens à exprimer ma sincère gratitude au Gouvernement et au peuple thaïlandais qui accueillent cette 13e session de la Conférence des Parties à la CITES. L'organisation d'un événement de cette ampleur requiert l'investissement d'importantes ressources humaines et financières. Avoir fait un tel investissement est un signe manifeste de l'importance que la Thaïlande attache à la conservation de la faune et de la flore sauvages du monde en général, et à la conservation et à l'utilisation durable de sa propre faune et flore sauvages en particulier. J'espère sincèrement qu'une grande partie de ses investissements reviendront en Thaïlande et dans l'ensemble de l'Asie du sud-est en général sous forme d'une prise de conscience accrue de l'opinion publique des questions et des besoins de la conservation des espèces sauvages. Le fait qu'un grand nombre d'organisations non gouvernementales régionales et nationales participent à cette session, de même que les médias, montre que la société civile de cette région souhaite participer à la prise de décisions concernant le sort de la nature et de ce que nous devons aux générations futures. Avec les milieux des ONG internationales, les ONG thaïlandaises et régionales seront en mesure d'apporter une importante contribution au débat sur les nombreuses questions que cette session aura à traiter. Nous pouvons tous être fiers de cette tradition unique de la CITES à cet égard et de l'ouverture et de la transparence avec lesquelles nous prenons nos décisions.

Cette session, mesdames et messieurs, aura une importance cruciale pour l'avenir de notre Convention, pour la contribution que la CITES sera en mesure d'apporter les années à venir, non seulement pour la conservation des espèces sauvages mais pour des questions mondiales plus larges telles que le développement durable et l'allégement de la pauvreté. Pour que les animaux et les plantes sauvages aient une chance de survivre, il est nécessaire d'impliquer les peuples des Etats leur aire de répartition, d'impliquer la population, surtout dans les régions rurales des pays en développement, qui partagent leur environnement avec la faune et qui, dans bien des cas, sont en concurrence avec elle pour leur survie. Cette implication ne sera positive que si des avantages économiques ou autres évidents viennent compenser les sacrifices résultant des conflits entre l'homme et la faune.

Ce dont cette Convention, vieille de 30 ans, a besoin de toute urgence est d'une volonté politique accrue dont la plupart - voire toutes - ses 166 Parties, de prendre leurs responsabilités et de remplir leurs obligations. La CITES a un besoin urgent d'actions plutôt que de paroles. Il y en aura, bien sûr, des paroles - beaucoup de discussions - durant cette session, mais nous devrons être sincères et sérieux quant à nos responsabilités et nos obligations. Nous devons veiller à ce qu'il y ait des actions concrètes dans les domaines du renforcement des capacités, de la sensibilisation de l'opinion, d'une meilleure base scientifique pour nos décisions et, bien sûr, dans la lutte contre la fraude. Il faut donner un nouvel élan à notre volonté de garantir que la CITES continuera de travailler et faire en sorte qu'elle travaille mieux encore. Monsieur Toepfer vient tout juste de mentionner l'objectif mondial de diminuer notablement le taux de perte de biodiversité d'ici à 2010. Dans six ans, l'une des questions qui se poseront sera de savoir ce qu'a fait la CITES pour atteindre ce but. Mais avant cela, il nous faudra répondre à la question suivante: qu'avons-nous fait pour atteindre les nombreux buts de notre propre vision d'une stratégie, adoptée en 2000 avec une échance fixée à 2005.

Mesdames et Messieurs, la CITES possède un potentiel considérable et des possibilités inexploitées de contribuer à la réalisation de ces buts et objectifs mondiaux. Mais cela exige un engagement, de votre part et de la part de vos gouvernements, un engagement qui doit se traduire en investissement, financier et autre, sur le plan national et international, directement ou par un moyen coordonné et mondialement accepté, au travers du budget de la CITES. Or, ce dernier est nettement insuffisant et ne permet ni de répondre aux attentes de la société civile, ni de satisfaire les besoins des pays en développement où la conservation des espèces sauvages est en jeu.

Mesdames et Messieurs, j'ai mentionné le potentiel de la CITES et les attentes à son égard, ainsi que le fossé financier qui les sépare, mais d'autres problèmes importants se posent à vous, notamment celui de savoir si la CITES devrait passer à l'étape suivante dans son engagement vis-à-vis de la conservation des espèces économiquement importantes. A mon avis, nous devrions le faire, mais seulement là où où la CITES occupe une position unique ou - s'il existe des accords sur les espèces - seulement là où la CITES, avec ses outils et ses instruments très particuliers, apporte une valeur ajoutée. Je suis convaincu que le potentiel de cette valeur ajoutée est largement sous-estimé et mérite une attention et une compréhension plus grandes.
Soixante propositions vous sont soumises visant à inscrire des nouvelles espèces aux annexes ou à transférer des espèces d'une annexe à une autre. Il s'agit-là d'une des tâches essentielles de la Conférence des Parties mais aussi de la plus difficile. Ces inscriptions font l'objet de nombreux malentendus. Certains estiment ou voudraient que les autres pensent qu'une inscription à l'Annexe II signifie la fin du commerce. D'autres voudraient que l'on pense qu'une inscription à l'Annexe I sauve une espèce de l'extinction. Ces deux idées sont fausses. Une inscription à l'Annexe II constitue une garantie de la la durabilité du commerce et est donc positive pour l'avenir du commerce en question. Une inscription à l'Annexe I contribue simplement à la conservation d'une espèce mais exige, bien entendu, nombre d'autres mesures pour la sauver de l'extinction.

Dans des publications et dans mes discours d'ouverture lors de sessions antérieures de cette Conférence, j'ai abordé le problème de la sophistication trop grande de la CITES. Le Secrétariat continuera à désigner les procédures, règles et réglementations élaborées durant les 30 années d'histoire de la Convention, mais qui pourraient être abolies ou simplifiées. J'ai lancé cette idée et je voudrais souligner une fois de plus que la CITES doit revenir à l'essentiel. Nous devons nous concentrer sur les outils et mécanismes essentiels pour réglementer le commerce des espèces sauvages, et nous débarrasser de toute la paperasserie inutile. Agir de la sorte nous aidera à mieux comprendre et accepter les règles, partant à mieux les faire appliquer par les Parties, sur le terrain et aux frontières. La simplification nous permettra aussi de réaliser des économies. Pour parvenir à cette simplification, nous devons tous avoir une vision critique des décisions que nous sommes amenés à prendre et, en particulier, évaluer leurs avantages pour la conservation.

Mesdames et Messieurs, une Conférence de la CITES est une réunion unique qui rassemble plusieurs centaines de personnes, avec une formation, une culture, des intérêts et des convictions extrêmement divers. Les discussions peuvent être rudes, les décisions difficiles à prendre, les résultats pas toujours à la satisfaction de tous, il y a aura forcément des tensions mais le fait de nous retrouver en Thaïlande devrait nous encourager tous à discuter des nombreuses questions qui nous sont soumises dans le calme, l'amitié et le respect. Que nous soyons d'accord ou non, sachons garder le sourire.

Monsieur le Premier ministre, Excellences, Mesdames et Messieurs, je vous souhaite toute la sagesse possible dans vos délibérations. L'infrastructure et l'atmosphère que nous offre la Thaïlande sont une garantie du succès de notre conférence.
Je vous remercie de votre aimable attention.