| ALLOCUTION D’OUVERTURE
DE MADAME GERDA VERBURG, MINISTRE DE L’AGRICULTURE, DE L’ENVIRONNEMENT
ET DE LA QUALITE DES ALIMENTS
Le 3 juin 2007
Excellences, Mesdames et Messieurs les délégués,
Mesdames et Messieurs,
C’est pour moi un grand plaisir que de vous souhaiter
la bienvenue aujourd’hui, à l’occasion de l’ouverture
officielle de la 14e Conférence des Parties à la
Convention sur le commerce international des espèces de
faune et de flore sauvages menacées d’extinction
(CITES).
Les Pays-Bas sont honorés d’organiser cette Conférence
et, avec votre aide, nous ferons tout notre possible pour en faire
un grand succès.
Il ne peut en être autrement en raison des énormes
intérêts en jeu.
Les décisions que nous devons prendre aujourd’hui
sont vitales non seulement pour le temps présent mais également
pour l’avenir lointain.
Ces décisions influeront sur la vie de nos enfants et
des enfants de nos enfants. A notre porte, tout comme au bout
du monde.
J’aimerais profiter de cette occasion pour remercier le
Gouvernement thaïlandais pour son excellente organisation
et sa présidence éclairée de la précédente
Conférence des Parties à Bangkok en 2004.
Bien entendu, le succès de cette Conférence nous
oblige à faire aussi bien ici, ce dont j’espère
nous serons capables en rendant notre Conférence au moins
aussi fructueuse.
La notion de développement durable est déjà
familière à la ville de La Haye.
Nous avons organisé ici la sixième Conférence
sur le climat, le Forum mondial de l’eau ainsi que la sixième
réunion des parties signataires de la Convention sur la
diversité biologique.
Je ne doute pas que la Conférence qui commence aujourd’hui
contribuera également de façon significative à
ancrer les trois piliers du développement durable, connus
sous les trois P, à savoir « les personnes, la planète
et le profit ».
La Haye est également associée depuis longtemps
au droit international. Elle abrite en effet plusieurs organisations
internationales, dont la Cour internationale de justice des Nations
Unies au Palais de la Paix. Ces organisations prennent des décisions
juridiques et veillent à leur application.
Dans les semaines qui vont suivre, j’aimerais voir donner
à la vocation traditionnelle de La Haye qui vise «
une justice pour tous » un sens plus large, pour qu’elle
englobe également tous les êtres vivants.
Je suis convaincue que nous avons une réelle chance d’y
parvenir car la CITES est un traité international en faveur
de l’environnement qui a porté des fruits. Ses décisions
ne sont pas simplement l’expression de vœux pieux mais
sont réellement mises en pratique.
Mesdames et Messieurs,
La Conférence de la CITES arrive à un moment très
opportun.
L’environnement et la biodiversité sont aujourd’hui
considérés comme hautement prioritaires dans les
programmes de politique internationale, dans le contexte du développement
en général.
Le commerce international d’espèces animales et
végétales représente une valeur économique
considérable dans le monde entier.
Cependant, si ce commerce international est pratiqué
de façon irréfléchie et dans l’illégalité,
il peut être lourd de conséquences pour la nature
et la pour survie des animaux et des plantes.
Nous sommes arrivés à un moment crucial où
il importe de trouver un juste équilibre entre l’utilisation
durable de nos ressources naturelles, notamment par le commerce
international, et l’emploi de moyens efficaces pour protéger
nos animaux et nos plantes.
Le titre de cette Conférence, « L’appel de
la nature sauvage », donnera le ton à nos dialogues,
discussions et débats à venir.
Nous devons trouver un juste équilibre pour préserver
à long terme la richesse de la biodiversité tout
en tenant compte des personnes qui en dépendent dans leur
vie de tous les jours.
Nous ne devons pas perdre de vue le fait que les plus grandes
concentrations d’espèces variées sont souvent
dans les pays dont le développement économique est
faible.
Je suis certaine que dans bien des cas la conservation et l’utilisation
durable de nos ressources naturelles peuvent aller de pair avec
la lutte contre la pauvreté.
En tant que membres de la communauté internationale,
nous nous sommes engagés à réaliser l’objectif
visant à mettre un terme à la perte de la biodiversité
d’ici à 2010.
En outre, nous avons promis de progresser réellement
dans la lutte contre la pauvreté dans le monde d’ici
à 2015.
La CITES peut, et devrait, non seulement contribuer à
la réalisation des objectifs concernant la biodiversité
mais également à l’atteinte des Objectifs
du Millénaire pour le développement de portée
plus large.
Il y a encore de nombreuses questions d’importance cruciale
inscrites à l’ordre du jour que nous devrons traiter
dans les deux prochaines semaines.
Outre la Vision de la stratégie CITES, la conservation
des éléphants, des espèces marines et des
essences forestières suscitera, à n’en pas
douter, des débats nourris et décisifs.
Il est également capital qu’en matière de
mise en œuvre et de respect de la CITES, le soutien politique
soit renforcé. C’est la raison pour laquelle, pour
la première fois dans l’histoire de la CITES, une
table ronde ministérielle se tiendra le 13 juin.
J’espère que l’approbation et le soutien
des ministres de l’environnement et des gouvernements qu’ils
représentent donneront à la Convention une force
accrue et accroîtra l’appui dont elle jouit dans nos
pays respectifs.
J’exhorterai mes homologues à accomplir ce que
je considère comme la tâche qui nous est dévolue
à nous, politiques.
Cette tâche consiste à faire preuve de leadership,
à forger des alliances et à veiller à ce
que les promesses soient tenues.
Premièrement, nous démontrerons nos qualités
de leader en donnant des orientations pour l’action future.
J’ai parlé précédemment de la grande
place qu’occupe la biodiversité dans les programmes
de développement en général à travers
le monde.
Cela implique aussi que tous puissent disposer de façon
durable des ressources naturelles importantes, comme le bois et
les poissons.
J’aimerais évoquer avec mes homologues en quoi
la CITES peut servir la réalisation de cet objectif.
Deuxièmement, je suis convaincue de l’importance
pour nous, politiques, de forger des alliances.
Entre les politiques et le secteur privé, mais aussi
avec la société civile, de façon que nous
puissions compter sur l’appui sans faille du public.
Il importe également de renforcer nos alliances entre
organisations internationales, parce qu’il est indispensable
de se soutenir mutuellement et d’assumer nos responsabilités
réciproques.
La CITES a été l’un des premiers traités
internationaux en matière de protection de l’environnement.
Aujourd’hui, bon nombre sont venus s’y ajouter.
Cela, bien entendu, n’est pas sans effets.
Il est d’une importance cruciale de faire en sorte que
toutes les organisations agissant dans ce domaine travaillent
ensemble.
Après tout, l’union fait la force.
La CITES contient, par exemple, des dispositions permettant
de suivre et de repérer les transactions commerciales d’espèces
menacées d’extinction.
D’autres traités en faveur de l’environnement
pourraient bénéficier de la coopération des
Parties ayant signé la Convention.
Le troisième élément de notre mission consiste
à tenir nos promesses.
Autrement dit, à faire concorder nos paroles et nos actes.
Car à quoi sert d’avoir des objectifs ambitieux si
on ne cherche pas à les atteindre ?
Ou si nous ne faisons pas tout notre possible pour mettre en
place les mécanismes appropriés pour obtenir le
résultat voulu ?
En tant que politiques, nous avons la responsabilité
de mettre ces mécanismes en place lorsqu’ils sont
nécessaires.
Il y a d’autres sujets dont j’aimerais m’entretenir
avec mes homologues, ministres de l’environnement.
Mesdames et Messieurs, je forme le vœu sincère que
la 14e Conférence des Parties, qui se tiendra ici à
La Haye, sera à la hauteur de nos espérances.
Je compte sur votre dévouement et sur votre engagement
à assurer la pérennité des ressources naturelles.
Nous élaborons aujourd’hui une politique pour l’avenir
de notre biodiversité dans un monde que nous voudrions
être fiers de transmettre à nos enfants.
N’oublions pas les mots prononcés par l’un
de nos premiers secrétaires généraux de l’Organisation
des Nations Unies, Dag Hammerskjold, qui disait à ce sujet
« Les personnes qui aiment la nature trouvent un terrain
d’entente, car l’amour de la nature est universel
et se trouve chez les peuples de tous les pays ».
Je voudrais vous souhaiter à tous un très grand
succès dans vos délibérations et des débats
stimulants.
Je vous remercie de votre attention.
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