|
Document
non officiel
destiné uniquement aux médias
COMMUNIQUE DE PRESSE
Le commerce illicite de l'ivoire
prospère
grâce à l'absence de réglementation sur certains
marchés
Un nouveau système
de surveillance repère les sources
et les marchés les plus importants
Genève,
le 4 octobre 2002 - Malgré l'interdiction pratiquement constante
du commerce international de l'ivoire depuis 1989, il ressort d'une
série de rapports analytiques du Système d'information
sur le commerce des éléphants (ETIS) qu'un important
commerce illicite se poursuit.
Ce sont essentiellement les marchés domestiques dépourvus
de toute réglementation de plusieurs pays d'Asie et d'Afrique
qui suscitent ce commerce illicite. Les rapports révèlent
aussi que le poids économique croissant des consommateurs
chinois font de la Chine la force motrice principale de la demande
mondiale d'ivoire.
Les quatre pays les plus importants mentionnés comme sources
ou destinations fréquentes de vastes quantités d'ivoire
illicite - en raison surtout des faiblesses dans l'application de
la loi - sont la Chine, le Nigeria, la République démocratique
du Congo et la Thaïlande. D'autres acteurs essentiels sont
le Cameroun, Djibouti, l'Ethiopie et le Kenya.
L'Angola, le Burundi, la Côte d'Ivoire, l'Egypte, l'Inde,
la République de Corée, les Philippines et le Soudan
jouent un rôle secondaire. Les importants marchés locaux
de l'ivoire n'y sont pratiquement pas réglementés
ou jouent un rôle considérable dans l'exportation illicite
de l'ivoire.
Constitué en 1997 par les Parties à la Convention
sur le commerce international des espèces de faune et de
flore sauvages menacées d'extinction (CITES), ETIS est un
système international complet de surveillance continue chargé
de traquer le commerce illicite des produits d'éléphants.
Mis au point et géré par TRAFFIC, le réseau
qui assure le suivi du commerce des produits de la faune et de la
flore sauvages, en association avec le Secrétariat CITES,
le système se sert des renseignements obtenus dans le monde
entier sur les saisies d'ivoire et autres produits provenant d'éléphants
pour fonder son analyse des dynamiques du commerce illicite et de
ses tendances. ETIS a enregistré à ce jour 7800 saisies
de produits d'éléphants qui ont eu lieu dans le monde
entier depuis 1989, impliquant 150 pays dans le commerce illicite
de l'ivoire.
Le Système existe depuis plusieurs années mais les
premiers résultats analytiques de ses travaux de surveillance
continue vont être présentés à la douzième
session de la Conférence des Parties à la CITES qui
doit avoir lieu du 3 au 15 novembre à Santiago (Chili). Ces
rapports, basés sur une analyse statistique en profondeur
des données recueillies par le système, révèlent
les tendances des saisies d'ivoire et leur évolution dans
le temps, identifient les pays qui sont aux premières places
dans le commerce illicite de l'ivoire et évalue la nature
de leur participation.
Selon Tom Milliken, directeur de TRAFFIC pour l'Afrique de l'Est
et l'Afrique australe et un des auteurs des rapports : "L'analyse
statistique indique que le commerce illicite d'ivoire est en relation
directe avec la présence de vastes marchés domestiques
non réglementés."
"Ces marchés se trouvent en Afrique et en Asie, ils
sont de plus en plus actifs depuis 1996 et sont responsables des
plus importantes saisies d'ivoire de par le monde. Si nous voulons
mettre fin au braconnage des éléphants, nous devons
faire quelque chose au sujet de ces marchés," déclare-t-il.
En terme de tendances mondiales du commerce de l'ivoire, les rapports
ETIS indiquent que les volumes de saisies avaient progressivement
diminué de 1989 à 1994, étaient restés
stables aux niveaux de 1994 jusqu'en 1998, mais sont en augmentation
depuis lors.
Milliken toujours : "Notre analyse démontre que depuis
1998 la demande d'ivoire en Chine a augmenté de façon
spectaculaire. C'est là en fait le facteur qui influence
le plus cette tendance à l'augmentation."
Entre 1989 et 1997, toutes les populations d'éléphants
étaient inscrites à l'Annexe I CITES, imposant une
interdiction mondiale sur tout commerce international des produits
d'éléphants à des fins commerciales. En septembre
1997, les vastes populations grandissantes d'éléphants
du Botswana, de la Namibie et du Zimbabwe étaient transférées
à l'Annexe II, ce qui a permis d'autoriser une vente exceptionnelle
d'ivoire au Japon deux ans plus tard. En l'an 2000, les populations
d'éléphants d'Afrique du Sud étaient également
transférées à l'Annexe II, mais sans que des
ventes d'ivoire soient prévues. ETIS avait été
mis en place pour vérifier si cette reprise limitée
du commerce de l'ivoire aurait ou non un impact négatif sur
les populations d'éléphants.
"Cette augmentation du commerce illicite d'ivoire est préoccupante,"
déclare Willem Wijnstekers, Secrétaire général
de la CITES. "Nous nous consolons cependant en constatant que
cette augmentation ne semble pas être due à des décisions
prises en vertu de la CITES, mais plutôt à de puissantes
et nouvelles forces économiques dans les pays où l'ivoire
est traditionnellement apprécié."
Des études effectuées récemment par TRAFFIC
en Chine, au Japon, au Myanmar et au Viet Nam indiquent que l'on
y fait ouvertement commerce de produits d'éléphants.
Ce sont des marchés où les réglementations
sont généralement insuffisantes et qui dépendent
beaucoup de sources illicites d'ivoire pour les produits artisanaux.
L'étude de TRAFFIC a constaté par ailleurs qu'en Chine
le Gouvernement semble avoir commencé de prendre des mesures
fermes et encourageantes pour réprimer le commerce illicite
d'ivoire, même si les marchés domestiques restent mal
réglementés.
M.Wijnstekers exhorte les gouvernements à s'occuper du problème
des marchés non réglementés de l'ivoire. "En
nous faisant mieux comprendre comment fonctionne le marché
illicite de l'ivoire, le système ETIS nous a aussi indiqué
les mesures les plus importantes que nous pouvons prendre pour protéger
l'éléphant africain - tous les pays doivent adopter
et faire appliquer de strictes réglementations sur le marché
de l'ivoire," déclare-t-il.
Depuis sa création, ETIS a reçu des fonds du Department
of Environment, Food and Rural Affairs (DEFRA) du Royaume-Uni, du
Fish and Wildlife Service des Etats-Unis, de la WWF et du Secrétariat
CITES.
Des exemplaires du rapport se trouvent sur l'Internet sur le site
: www.cites.org/common/cop/12/docs/fra/E12-34-1.pdf
Des exemplaires des rapports TRAFFIC sur le commerce des éléphants
et des produits d'éléphants au Viet Nam, en Chine,
à Taiwan, au Myanmar et au Japon peuvent être obtenus
auprès de TRAFFIC's Online Report Series : http://www.traffic.org/publications/reportseries.html
Pour plus d'informations veuillez contacter:
Tom Milliken, Directeur, TRAFFIC East/Southern Africa, vendredi
tél. +27 11 486 1102, lundi 7 octobre et ensuite +263 4 252533.
Maija Sirola, Coordination des communications, TRAFFIC International,
Cambridge tél. +44 (0)1223 277427, email: maija.sirola@trafficint.org.
Jim Armstrong, Secrétaire général adjoint,
Secrétariat CITES, Genève (Suisse) tél. +41
22 9178127, email: jim.armstrong@unep.ch.
Juan Carlos Vasquez, Responsable des médias, Secrétariat
CITES, Genève (Suisse) tél. +41 22 9178156, email:
juan.vasquez@unep.ch
Michael Williams, Responsable de la presse, Programme des Nations
Unies pour l'environnement, Genève (Suisse) tél. +41
79 4091528, email: michael.williams@unep.ch.
|