Les contrôles CITES du commerce de l’acajou prennent effet


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COMUNICADO DE PRENSA

Les contrôles CITES du commerce de l’acajou prennent effet

Genève, le 11 novembre 2003 – La réglementation du commerce de l’acajou à grandes feuilles, acceptée au niveau international, entrera en vigueur le 15 novembre. Les exportations de cette essence tropicale – l’une des plus précieuses qui soient – génèrent plus de 100 millions de dollars par an.

Les contrôles ont été adoptés il y a un an par la Conférence des Parties à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) – Convention qui regroupe à présent 164 Etats membres. Les populations néotropicales de l’acajou à grandes feuilles (Swietenia macrophylla) seront dorénavant inscrites à l’Annexe II de la CITES, ce qui implique que les chargements de ce bois devront être assortis d’un permis d’exportation CITES.

« L’abattage illégal et les exportations non durables menacent de faire de l’acajou à grandes feuilles une espèce commercialement éteinte dans un proche avenir – tendance qui transparaît déjà dans la montée des prix de ces dernières années », a déclaré le Secrétaire général de la CITES, Willem Wijnstekers.

« En s’appuyant sur le système de permis CITES, les exportateurs, les importateurs et les consommateurs d’acajou ont l’assurance de n’utiliser que du bois prélevé légalement et dans le cadre d’une gestion durable. Les nouvelles réglementations profiteront également aux communautés locales, notamment aux autochtones, qui, jusqu’à présent, n’ont pas reçu une part équitable des recettes générées par les ventes d’acajou», a-t-il déclaré.

Recherché pour sa qualité, sa beauté et sa durabilité, l’acajou sert à la fabrication de meubles de luxe, de bateaux, de lambris coûteux, d’instruments de musique et d’autres articles en bois. Un mètre cube d’acajou à grandes feuilles peut atteindre 1300 USD sur le marché international et un arbre peut produire à lui seul pour 100.000 USD de meubles de grande qualité. En 2000, l’Amérique Latine a exporté quelque 120.000 m3 d’acajou à grandes feuilles.

L’espèce prospère dans les forêts tropicales sèches qui s’étendent du sud du Mexique au bassin amazonien. D’une taille moyenne de 30 à 40 m, cet arbre peut atteindre 70 m de haut et 3,5 m de diamètre.

L’aire de répartition de l’acajou est à présent fragmentée; bon nombre de ses populations ont subi un déclin considérable et la construction de routes d’accès pour l’abattage encourage toujours plus la déforestation. Les populations de l’acajou à grandes feuilles ont connu un déclin de plus de 70% en Amérique centrale depuis 1950. L’espèce est déjà signalée comme commercialement éteinte en El Salvador, au Costa Rica et dans certaines parties de l’Amérique du Sud. Les deux autres espèces d’acajous d’Amérique Latine – l’acajou de Cuba (Swietenia mahagoni) et l’acajou du Honduras (Swietenia humilis) – sont elles aussi commercialement éteintes. De nos jours, les principaux peuplements naturels d’acajous à grandes feuilles se trouvent au Brésil, en Bolivie et au Pérou. Des plantations ont été créées aux Fidji et dans d’autres pays mais leurs produits ne sont pas couverts par la CITES.

Les principaux pays d’importation de l’acajou à grandes feuilles sont les Etats-Unis – qui représentent à eux seuls quelque 60% du marché – , le Royaume-Uni, l’Espagne et la République dominicaine. L’inscription de l’espèce à l’Annexe II permettra aux pays d’importation d’apporter une meilleure assistance aux pays d’exportation en vérifiant la légalité des chargements et en permettant une complète transparence du commerce de l’acajou pour les agents chargés de la lutte contre la fraude.

L’inscription de l’espèce à l’Annexe II donnera aux pays d’exportation des moyens de contrôle et les informations et les outils dont ils ont besoin pour gérer leurs ressources en acajou et garantira que les interdictions de commerce et l’extinction commerciale ne seront pas les étapes suivantes. Les permis CITES ne sont délivrés que si les organes de gestion nommés par les gouvernements peuvent confirmer que le bois a été obtenu légalement et des autorités scientifiques indépendantes certifient que le prélèvement ne nuit pas à la survie de l’espèce. Les autorités CITES des pays d’importation et des pays d’exportation inspecteront les chargements et vérifieront la validité de chaque permis CITES.

Autres informations

La CITES, dont le Secrétariat est administré par le Programme des Nations Unies pour l’environnement, a été adoptée en 1973 pour traiter la menace que constitue le commerce international pour certaines espèces. Non réglementé, ce commerce peut entraîner l’extinction des espèces menacées, surtout s’il va de pair avec la perte de l’habitat et d’autres pressions. La CITES accorde une réglementation, à des degrés divers, à plus de 30.000 espèces végétales et animales, selon leur situation biologique et les effets que le commerce international peut avoir sur elles.

La CITES prévoit trois options réglementaires sous forme d’annexes. Les animaux et les plantes de l’Annexe I sont exclus du commerce international sauf dans des circonstances très spéciales. L’Annexe I inclut tous les grands singes, des grands félins tels que le guépard, le léopard des neiges et le tigre, des oiseaux de proie, des grues et des faisans, toutes les tortues marines, de nombreux crocodilens, des tortues terrestres et des serpents, ainsi que certaines espèces de cactus et d’orchidées.

Le commerce des espèces inscrites à l’Annexe II est autorisé mais il est strictement contrôlé au moyen de permis ou de certificats CITES. Cette annexe inclut tous les primates, félins, cétacés, perroquets, crocodilens et orchidées qui ne sont pas inscrits à l’Annexe I.

Enfin, l’Annexe III inclut des espèces qui sont protégées sur le territoire d’un Etat membre qui a besoin des autres Parties pour l’aider à en réguler le commerce. Cette annexe implique elle aussi l’utilisation de documents CITES. Six pays d’Amérique Latine y avaient inscrit leurs populations d’acajous à grandes feuilles avant qu’elles ne soient inscrites à l’Annexe II.


Note aux journalistes: Pour plus d'informations, contactez Michael Williams au numéro +41-22-917-8242, +41-79-409-1528 (portable), ou michael.williams@unep.ch; ou Juan Carlos Vasquez au numéro +41 22 917 81 56, ou juan.vasquez@unep.ch Voir aussi www.cites.org.