La CITES prend des mesures pour promouvoir la gestion durable des espèces sauvages et lutter contre le commerce illicite


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COMMUNIQUE DE PRESSE

La CITES prend des mesures pour promouvoir la gestion durable des espèces sauvages et lutter contre le commerce illicite

La conférence de Bangkok revoit les règles du commerce du ramin, du grand requin blanc,
du napoléon, des crocodiles, des rhinocéros et de l’orcelle (un dauphin)

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08/10/04: La conférence de la CITES sur le commerce des espèces sauvages examine de nouvelles règles pour des poissons et des bois de grande valeur

Dossier de presse


La conférence de la CITES sur le commerce des espèces sauvages examine de nouvelles règles pour des poissons et des bois de grande valeur

Bangkok, le 14 octobre 2004 – La session de deux semaines de la Conférence des Parties à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) s’est achevée après la prise de décisions visant à renforcer la gestion des espèces sauvages, à lutter contre le trafic dont elles font l’objet, et à revoir les règles du commerce applicables à une large gamme d’espèces animales et végétales sauvages.

“La conférence de Bangkok a concocté des solutions pour répondre aux besoins particuliers de nombreuses espèces sauvages menacées d’extinction ou qui pourraient l’être si leur commerce n’était pas pratiqué de manière durable” a déclaré Willem Wijnstekers, Secrétaire général de la CITES – Convention dont le Secrétariat est administré par le Programme des Nations Unies pour l’environnement.

“Ces solutions cherchent à conserver le riche patrimoine de diversité biologique de la planète tout en soutenant le développement durable des communautés locales et des économies nationales” a-t-il ajouté.

La conférence a décidé d’inscrire à l’Annexe II le ramin (cet arbre d’Asie du sud-est qui produit un bois de grande valeur) et le bois d’agar (qui produit l’huile d’“agar”). En requérant des permis d’exportation CITES, ces inscriptions amélioreront la capacité des Etats des aires de répartition du ramin et du bois d’agar de gérer leurs stocks d’arbres. Elles permettront aussi aux pays d’exportation et aux pays d’importation de garantir un commerce durable et de s’attaquer au commerce illicite.

Le grand requin blanc et le napoléon – espèces de poissons de grande valeur commerciale – ont eux aussi été inscrits aux annexes de la CITES et ne peuvent à présent être commercialisés que sur présentation de permis. Une autre espèce marine, l’orcelle, a été transférée de l’Annexe II à l’Annexe I, qui interdit toute transaction commerciale.

“Ces dernières années, la CITES a commencé à inscrire des espèces de poissons commercialement intéressantes telles que les esturgeons, les hippocampes, le requin pèlerin et le requin baleine. Les nouvelles inscriptions de la semaine dernière suggèrent que les gouvernements estiment que la CITES peut contribuer au but fixé en 2002 à Johannesburg par le Sommet mondial sur le développement durable, de ramener les stocks des pêcheries à des niveaux durables d’ici à 2015” a déclaré M. Wijnstekers.

L’éléphant d’Afrique a fait l’objet d’un large débat. La conférence a décidé d’un plan d’action ambitieux pour viser les marchés intérieurs non réglementés de l’ivoire d’éléphants. Ces marchés sont d’importants débouchés pour l’ivoire braconné, en particulier dans un certain nombre de pays d’Afrique et d’Asie. Dans le cadre du plan d’action, tous les Etats de l’aire de répartition de l’éléphant d’Afrique renforceront leur législation et leur action de lutte contre la fraude, lanceront des campagnes de sensibilisation du public et feront rapport sur les progrès accomplis à fin mars 2005.

La demande de la Namibie d’un quota annuel pour l’ivoire provenant de sa population nationale d’éléphants n’a pas été acceptée. Cependant, la Namibie a été autorisée à permettre la vente strictement contrôlée d’objets traditionnels en ivoire gravé, les ékipas, comme souvenirs pour les touristes.

De plus, en 2002, l’Afrique du Sud, la Namibie et le Botswana ont été autorisés à vendre en une fois leur stock d’ivoire actuel, à condition qu’auparavant, des données de base aient été recueillies sur les populations d’éléphants et le niveau du braconnage dans toute l’aire de répartition. La conférence de Bangkok a été informée que ces données seront disponibles en 2005, de sorte que ces ventes pourraient avoir lieu d’ici à 2006.

La conférence a décidé que l’Afrique du Sud et la Namibie pourraient autoriser la chasse aux trophées de rhinocéros noirs pour la première fois depuis des années, avec chacune un quota annuel de cinq animaux. Le Swaziland pourra lui aussi autoriser une chasse strictement contrôlée dans sa population de rhinocéros blancs et exporter des animaux vivants. Ces décisions visent à permettre aux Etats des aires de répartition de gérer plus efficacement leurs troupeaux de rhinocéros et d’obtenir des recettes qui seront consacrées à la conservation des rhinocéros.

La population namibienne de crocodiles du Nil a été transférée de l’Annexe I à l’Annexe II pour faciliter la chasse aux trophées. La population cubaine de crocodiles américains a elle aussi été transférée à l’Annexe II pour permettre au gouvernement de fournir des oeufs et des nouveau-nés aux établissements d’élevage en ranch.

La conférence a accordé davantage de protection à cinq tortues marines et terrestres d’Asie et à 11 espèces de geckos de Madagascar en les inscrivant à l’Annexe II. De nombreuses tortues d’Asie du sud, du sud-est et de l’est sont vendues en grand nombre sur les marchés régionaux à des fins alimentaires, pour préparer des remèdes asiatiques traditionnels, et sur les marchés internationaux des animaux de compagnie.

Les règles commerciales ont également été renforcées pour des plantes médicinales dont hoodia, utilisées dans des pilules de régime, pour la cistanche, plante du désert qui sert à fabriquer un tonic naturel, et pour l’if chinois, qui aurait des propriétés anti-cancéreuses.

Des décisions promouvant l’application concrète de la Convention ont été prises – incitations économiques, lignes directrices pour l’utilisation durable, synergies avec la Convention sur la diversité biologique, règles applicables pour les objets personnels et à usage domestique, et budget et autres questions y relatives. D’autres décisions encore ont été prises pour renforcer la conservation d’espèces menacées déjà contrôlées par la CITES, dont la saïga, les requins et la tortue imbriquée.

Le Secrétariat a par ailleurs annoncé les quotas de 2004 pour les exportations de caviar de la mer Caspienne. Les cinq pays de la mer Caspienne ont décidé d’agir plus énergiquement en faveur de la conservation des esturgeons et contre la pêche et le commerce illicites dont ils font l’objet.

La 13e session de la Conférence des Parties à la Convention s’est tenue du 3 au 14 octobre. Quelque 1200 participants de 154 gouvernements et de nombreuses organisations observatrices y ont participé. La CdP14 aura lieu en 2007 aux Pays-Bas.

 

Note aux journalistes: Pour plus d’informations, contactez l’équipe de presse de la CITES au numéro +41 79 409 1528 ou +41 79 378 6540 ou par courriel à juan.vasquez@unep.ch et michael.williams@unep.ch. Vous pouvez aussi consulter le site Internet de la CITES: www.cites.org.