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POINT DE PRESSE
Il faut maîtriser la grippe
aviaire mais n'embrouillons pas les raisons d'interdire
les importations commerciales d'oiseaux sauvages
Genève, le 31 octobre 2005 – Si la grippe aviaire
et la possibilité qu'elle déclenche une pandémie
est avant tout une question grave de santé humaine, l'annonce
récente par l'Union européenne d'une interdiction
d'un mois des importations de tous les oiseaux captifs autres
que la volaille a mis en lumière le commerce international
des espèces sauvages.
L'UE a pris cette mesure après la mort en quarantaine
au Royaume-Uni d'une amazone sauvage importée du Surinam,
atteinte de la souche H5N1 du virus de la grippe aviaire. Les
autorités vétérinaires pensent que cette
amazone à ailes oranges (Amazona amazonica) a été
infectée par des oiseaux élevés en captivité
importés de Taïwan, province de Chine, placés
en quarantaine dans le même service.
En rapportant ces faits, plusieurs articles de presse ont cité
des interventions selon lesquelles des oiseaux sont “commercialisés
au point d'arriver au bord de l'extinction” du fait d'un
commerce international en grande partie illégal. Le Secrétariat
de la Convention sur le commerce international des espèces
de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES)
craint que ces vues ne servent d'argument pour rendre permanent
l'embargo sur les importations d'oiseaux vivants après
le dénouement de la crise sanitaire.
En réalité, le commerce international des amazones
à ailes oranges et des 1700 autres espèces d'oiseaux
sauvages réglementé par la CITES est bien géré
et sa durabilité fait l'objet d'un suivi sérieux
et transparent. Le commerce international des oiseaux menacés
d'extinction est interdit aux termes d'un accord mondial, tandis
que le commerce des oiseaux qui pourrait menacer ceux-ci est réglementé
par un système de permis.
La contrebande à grande échelle d'oiseaux sauvages
vivants passés sans permis CITES est difficile et relativement
peu fréquente; il faut cependant faire preuve d'une vigilance
constante pour prévenir les activités illégales.
De plus, l'interdiction temporaire globale d'un mois des importations
commerciales nécessitera l'intensification des contrôles
aux frontières, et comme ces mesures génèrent
un commerce souterrain, il se pourrait bien que des oiseaux soient
importés sans passer par une période de quarantaine.
Le Secrétariat CITES a déjà reçu
des lettres de pays exportant des espèces sauvages préoccupés
par les futures implications de la grippe aviaire pour leur commerce.
Bien des communautés parmi les plus pauvres vivent en grande
partie du commerce d'espèces sauvages et sans ces recettes,
les populations vivant à proximité des animaux sauvages
n'auraient plus de raison de les protéger. Il faudrait
que les pays en développement aient l'assurance que les
embargos unilatéraux sur le commerce ne seront maintenus
qu'aussi longtemps qu'ils répondent à des craintes
légitimes pour la santé humaine.
“Si tout gouvernement peut imposer des mesures internes
plus strictes dans le cadre de la CITES pour limiter les importations
d'espèces sauvages pour des raisons de santé humaine
ou autres, le commerce international – comme d'autres questions
environnementales mondiales – devrait être géré
par une action et un accord multilatéraux” a déclaré
le Secrétaire général de la CITES, Willem
Wijnstekers. “C'est en travaillant ensemble par le biais
de la CITES que les gouvernements et autres parties intéressées
pourront protéger au mieux les espèces sauvages
et maintenir un système de commerce durable empêchant
l'extinction de toujours plus d'espèces de plantes et d'animaux.”
Liens vers les décisions officielles de l'Union européenne:
Pour plus d’informations, contacter Juan Carlos Vasquez
à +41-22-917-8156, +41793786540 (téléphone
portable) ou juan.vasquez@unep.ch ou Michael Williams à
+41-79-409-1528 (téléphone portable), +41-22-917-8242
(bureau), ou michael.williams@unep.ch.
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