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COMMUNIQUE DE PRESSE CONJOINT
La CITES salue l’approbation d’un projet novateur sur la conservation du rhinocéros par le Fonds pour l’environnement mondial
Un projet soutenu par le FEM et le PNUE utilisera des techniques de police scientifique pour détecter le commerce illégal de cornes de rhinocéros
Genève/Washington D.C., 12 juin 2012 – Le Conseil d’administration du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) a approuvé un projet qui permettra de renforcer les capacités de l’Afrique du Sud en matière de criminalistique pour mieux lutter contre les atteintes aux espèces sauvages. Le projet, d’un montant de 3 millions de dollars, a été préparé par le Département des affaires environnementales d’Afrique du Sud et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), avec l’appui de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore menacées d’extinction (CITES). Ce projet vise à réduire le braconnage des rhinocéros et le commerce international illégal de ses cornes en renforçant les capacités de lutte contre la fraude en Afrique australe au moyen de techniques de police scientifique.
« Le braconnage des espèces menacées d’extinction menace gravement la diversité biologique mondiale et justifie que soient déployés tous les moyens dont nous disposons - des relations plus étroites avec les communautés locales, une gestion plus efficace des aires protégées et les techniques de lutte contre le braconnage les plus modernes - pour arrêter les responsables» a déclaré Mme Monique Barbut, Directrice générale et présidente du FEM. « Le FEM se fait un plaisir de travailler en coopération avec la CITES et le Gouvernement sud-africain en vue de protéger le rhinocéros. Ce projet est le reflet de notre détermination à protéger la diversité biologique mondiale, qu’il s’agisse d’une plante mal connue jouant un rôle central dans la chaîne alimentaire ou de l’un des grands symboles de la savane africaine. »
L’objectif du projet financé par le FEM est de renforcer la capacité de lutte contre la fraude au sein du système sud-africain d’aires protégées par le recours à des techniques de police scientifique appliquées au rhinocéros. Le financement du FEM permettra au Gouvernement sud-africain de créer un laboratoire de criminalistique spécialisé qui procèdera rapidement à l’analyse génétique des éléments de preuve scientifique à l’appui des poursuites engagées contre les crimes liés aux espèces sauvages. Il permettra également d’améliorer la coordination et le partage de l’information entre tous les acteurs impliqués dans les efforts de lutte contre la fraude et contre le braconnage dans le pays et dans la région.
« Le projet du FEM répond à la menace immédiate que représentent, pour les deux espèces de rhinocéros que l’on rencontre en Afrique du Sud, le braconnage et la contrebande, qui sont en général le fait de groupes criminels organisés. Si nous n’agissons pas rapidement pour renverser les tendances actuelles, le rhinocéros pourrait avoir disparu avant la fin de la prochaine génération » a déclaré M. John Scanlon, Secrétaire général de la CITES. « La CITES se félicite de la réaction innovante et créative du FEM face à une crise qui, au-delà de l’espèce elle-même, menace les écosystèmes qui les abritent, ainsi que les emplois et les moyens de subsistance des populations locales ».
Le Département des affaires environnementales d’Afrique du Sud sera l’organisme d’exécution du projet et le PNUE en sera l’Agent d’exécution. Ils ont, tous deux, apporté une contribution déterminante à l’élaboration du projet.
Le rhinocéros gravement menacé
Treize rhinocéros ont été braconnés en Afrique du Sud en 2007. Le chiffre est passé à 448 en 2011 et on dénombre, depuis le début de l’année 2012, 220 spécimens abattus et 166 arrestations. Si ce rythme se poursuit, plus de 600 rhinocéros pourraient être abattus en 2012.
Le braconnage de rhinocéros alimente un marché extrêmement lucratif, mais également mal compris. Selon les informations dont on dispose, la demande de cornes de rhinocéros provient essentiellement d’Asie avec, semble-t-il, pour principal pays de destination le Vietnam. Un rapport réalisé à la demande du Secrétariat CITES laisse entendre que la hausse de la demande est alimentée par des rumeurs prêtant à la corne de rhinocéros le pouvoir d’agir contre le cancer, ainsi que par l’utilisation croissante de la corne dans des drogues à usage récréatif, telles que le « vin de rhinocéros », censées améliorer les performances sexuelles masculines et atténuer les effets de la surconsommation, d’alcool par exemple. Aucune de ces utilisations n’est reconnue par la médecine traditionnelle.
Parallèlement aux groupes organisés impliqués dans le braconnage et le commerce illégal de rhinocéros, il apparaît clairement que les syndicats du crime organisé sont également très actifs au sein de l’Union européenne, où ils achètent et revendent les cornes de rhinocéros. EUROPOL a réagi en lançant une initiative visant spécifiquement le commerce illégal de la corne de rhinocéros au sein de l’Union européenne.
Par ailleurs, dans divers pays de l’Union européenne, des musées et des salles des ventes, de même que des antiquaires et des taxidermistes ont été victimes de vols de cornes de rhinocéros. Depuis 2011, l’agence de coopération policière a recensé 56 vols et 10 tentatives de vol. Les vols de cornes, qui étaient détenues par des musées et des collectionneurs privés dans 15 pays de l’Union, sont visiblement le fait de cambrioleurs le plus souvent associés à un groupe criminel organisé « connu pour ne pas hésiter à utiliser l’intimidation et la violence pour parvenir à ses fins ». Ce groupe serait actif en Amérique du Sud, en Amérique du Nord, en Asie et en Europe.
En février 2012, 7 personnes ont été arrêtées aux États-Unis pour trafic de cornes de rhinocéros noir, espèce menacée d’extinction, dans le cadre de l’Opération « Crash » conduite par plusieurs agences fédérales en vue de détecter et de poursuivre les personnes impliquées dans le marché noir de cornes de rhinocéros.
En Afrique du Sud, la justice a condamné à de longues peines de détention des ressortissants mozambicains et vietnamiens qui avaient tenté d’introduire clandestinement de la corne de rhinocéros dans un pays voisin, envoyant de la sorte un message sans équivoque à quiconque serait attiré par le commerce illégal d’espèces sauvages. Ces condamnations sont le fruit des efforts conjugués des agents de lutte contre la fraude, des procureurs et des magistrats, grâce auxquels tous les maillons du système ont fonctionné pour que les criminels soient traduits en justice.
L’augmentation des niveaux de braconnage et la recrudescence des vols de cornes de rhinocéros ont à l’évidence un impact sur plusieurs continents, d’où la nécessité de mener des actions coordonnées de lutte contre la fraude et de réagir aux plus hauts niveaux politiques pour faire front de façon efficace à ce phénomène.
Contexte général de l’espèce
Les rhinocéros sont représentés par cinq espèces, toutes inscrites aux Annexes de la CITES. Le rhinocéros de Java, le rhinocéros de Sumatra et le rhinocéros indien, qui vivent en Asie, sont inscrits à l’Annexe I. La Liste rouge de l’UICN classe les deux premiers dans la catégorie des espèces en danger critique et le rhinocéros indien dans celle des espèces vulnérables. La sous-espèce de rhinocéros que l’on rencontrait au Vietnam a été déclarée éteinte par le WWF le 25 octobre 2011. Une petite population de rhinocéros de Java subsiste en Indonésie; cela a poussé le Président indonésien, Susilo Bambang Yudhoyono, à déclarer le 5 juin 2012 début de l’Année internationale du rhinocéros.
Le nombre de rhinocéros noirs vivant à l’état sauvage est estimé à 5 000 et celui des rhinocéros blancs est d’environ 20 000. Ces deux espèces, qui vivent en Afrique, ont vu leur nombre et leur aire de répartition décliner de façon alarmante dans le passé. Les populations se sont depuis reconstituées, notamment en Afrique du Sud. Ce pays a inscrit sa population de rhinocéros blancs à l’Annexe II de la CITES, mais est confronté, depuis quelques années, à une nouvelle vague de braconnage qui menace gravement le rétablissement de la population. Le rhinocéros noir de l’Ouest a été déclaré éteint en novembre 2011.
Contexte général de la criminalistique
La criminalistique contribue à la résolution d’affaires juridiques au moyen des sciences naturelles et des sciences physiques. La criminalistique des espèces sauvages utilise les méthodes de police scientifique traditionnelles pour instruire les crimes contre les espèces de faune et de flore sauvages. Les scientifiques qui travaillent dans ce domaine utilisent des techniques semblables à celles employées dans les enquêtes criminelles portant sur des êtres humains.
En matière de protection des espèces sauvages, la criminalistique applique un large éventail de disciplines scientifiques à des affaires criminelles dans lesquelles les éléments de preuve biologique ne sont pas d’origine humaine. Ces disciplines incluent la génétique, la morphologie, la chimie, la pathologie et les sciences vétérinaires. Grâce aux progrès scientifiques, il est désormais possible de recourir à l’analyse de l’ADN pour procéder à l’examen des éléments de preuve dans de nombreuses affaires liées aux espèces sauvages. Les données qui en résultent peuvent fournir une preuve dans l’instruction de ces affaires.
Le Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages (ICCWC) doit aider l’Afrique du Sud à mettre en œuvre ce projet. Le Consortium comprend le Secrétariat CITES, INTERPOL, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, la Banque mondiale et l’Organisation mondiale des douanes. Le Consortium veille à ce que les auteurs de délits graves contre les espèces sauvages, qui échappaient jusqu’alors à la justice ou se voyaient infliger des peines trop faibles, subissent une riposte coordonnée d’une formidable ampleur. Il s’efforce également de diffuser les techniques et technologies modernes qui sont appliquées dans les divers secteurs de la lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages.
L’Afrique du Sud a mis au point des techniques d’analyse de l’ADN nucléaire à partir de cornes de rhinocéros. Elle a crée un système d’index des profils ADN des rhinocéros (RhoDIS), qui permet d’identifier un individu à partir d’une corne, d’un échantillon de sang, de tissus, etc. Des kits de prélèvement d’échantillons et des fiches de données spécifiques au rhinocéros ont été élaborés et distribués à grande échelle. Les agents de protection de la faune et les services de lutte contre la fraude ont été formés aux techniques de prélèvement d’ADN pour veiller à ce que l’ensemble des éléments de preuve soit conservé et à ce que les informations recueillies soient intégrées dans la base de données, de façon à pouvoir être utilisées. Les autres États de l’aire de répartition du rhinocéros en Afrique collaborent à cette initiative et s’efforcent actuellement d’inclure dans la base de données RhoDIS un plus grand nombre d’échantillons d’ADN prélevés sur des rhinocéros vivant en Afrique.
Le recours à l’analyse génétique dans les enquêtes portant sur le commerce illicite de cornes de rhinocéros a déjà démontré son efficacité. La preuve par l’ADN a permis à la justice d’élucider plusieurs affaires concernant le rhinocéros en Afrique du Sud et fait régulièrement partie des modes de preuve retenus dans les enquêtes criminelles. Le rôle déterminant joué par les tests ADN dans une enquête menée au Kenya démontre que la coopération internationale dans ce domaine porte ses fruits.
Note aux éditeurs
Contact au FEM
M. John Diamond
Chargé de la communication | Porte-parole
Tél : +1 202 458 7953
Courriel : jdiamond@thegef.org
Communiqué de presse No: 06072012
À propos du Fonds pour l’environnement mondial
Le FEM réunit 182 pays, en partenariat avec des institutions internationales, des organisations de la société civile et le secteur privé, pour s’attaquer à des problèmes environnementaux de nature mondiale, tout en apportant un appui aux initiatives nationales en faveur d’un développement durable. Le FEM est aujourd’hui la plus importante source de financement publique des projets visant à améliorer l’état de l’environnement à l’échelle mondiale. Organisme financier indépendant, le FEM finance des projets concernant la biodiversité, les changements climatiques, les eaux internationales, la dégradation des sols, la couche d’ozone et les polluants organiques persistants.
Depuis 1991, le FEM s’est forgé une solide expérience en matière d’appui aux pays en développement et aux pays à économie en transition, en faveur desquels il a alloué une aide financière à hauteur de 10,5 milliards de dollars sur ses fonds propres et mobilisé 51 milliards de dollars de cofinancement à l’appui de plus de 2 700 projets dans plus de 165 pays. Le FEM fournit également un soutien direct aux organisations de la société civile et aux organismes de proximité, qui ont bénéficié de plus de 14 000 microfinancements représentant un montant total de 634 millions de dollars, au titre de son Programme de microfinancement. Pour plus d’informations, consultez le site www.thegef.org.
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Contact à la CITES
M. Juan Carlos Vasquez
Chargé de la communication et de la sensibilisation
Tél : +41 22 9178 156
Courriel : juan.vasquez@cites.org
À propos de la CITES
La CITES, qui compte aujourd’hui 175 États membres, est l’un des outils les plus puissants pour conserver la diversité biologique en réglementant le commerce des espèces de faune et de flore sauvages. Des milliers d’espèces sont échangées et utilisées au quotidien dans les secteurs de l’alimentation, de l’habitat, de la médecine, de l’écotourisme, des cosmétiques et de la mode.
LA CITES réglemente le commerce international de près de 35 000 espèces de plantes et d’animaux, y compris leurs produits et dérivés, pour assurer leur survie à l’état sauvage, ainsi que leur contribution aux moyens de subsistance des populations locales et à la préservation de l’environnement mondial. Le système de permis de la CITES vise à garantir la légalité, la durabilité et la traçabilité du commerce international des espèces inscrites à ses Annexes.
La CITES a été adoptée à Washington D.C., le 3 mars 1973. Le quarantième anniversaire de la Convention sera célébré en mars 2013, alors même que se tiendra à Bangkok, du 3 au 15 mars, la seizième réunion de la Conférence des Parties.
Pour en savoir plus sur la CITES, consultez le site http://www.cites.org ou connectez-vous à :
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