Dans son rapport sur l’Afrique centrale, le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies établit un lien entre le commerce illégal de l’ivoire et l’Armée de résistance du Seigneur

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Genève, le 23 mai 2013 – Le 20 mai 2013, le Secrétaire général de l’organisation des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, a présenté au Conseil de sécurité son rapport sur les activités du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale et les zones où sévit l’Armée de résistance du Seigneur..

Le rapport souligne que la prolifération des activités criminelles à travers les frontières dans la sous-région, notamment la contrebande, visant principalement les éléphants, est une source d’inquiétude croissante en Afrique centrale, et relève que le Cameroun, la République centrafricaine (RCA), le Tchad et le Gabon, en particulier, sont aux prises avec ce problème.

Dans son rapport, le Secrétaire général a précisé ce qui suit :

« Mon Représentant spécial pour l’Afrique centrale a aussi été informé, lors de consultations avec les autorités nationales et les parties prenantes dans la sous-région, qu’il était probable que le trafic de l’ivoire constitue une source importante de financement pour les groupes armés, dont la LRA. Il est en outre préoccupant de constater que les contrebandiers utilisent des armes de plus en plus puissantes et sophistiquées, dont certaines proviendraient, croit-on savoir, des retombées de la Libye. La situation est devenue tellement grave que les autorités nationales de certains pays comme le Cameroun ont décidé de faire appel à l’armée nationale en renfort aux forces de l’ordre (police et gendarmerie) pour pourchasser les contrebandiers. »

M. John E. Scanlon, Secrétaire général de la CITES a fait le commentaire suivant : « ce rapport inquiétant vient encore renforcer les préoccupations au sujet de l’implication croissante de groupes criminels organisés, de milices rebelles et, dans certains cas, de militaires dévoyés, dans le braconnage et la contrebande des éléphants. L’abattage illégal qui est pratiqué à très grande échelle en Afrique centrale, souvent à l’aide d’armes sophistiquées et d’autres équipements, décime les populations locales d’éléphants et a de graves conséquences pour la population et la sécurité nationale et régionale ». 

« Pour combattre des infractions aussi graves, il faut un engagement politique de haut niveau et un soutien en temps réel aux représentants des forces de police et de l’armée qui sont en première ligne dans la lutte contre la fraude », a-t-il ajouté.

En marge de la 16e session de la Conférence des Parties à la CITES (CoP16), le Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages (ICCWC) a organisé, à l’attention des ministres et représentants de haut niveau, une table ronde sur la criminalité transnationale organisée liée aux espèces sauvages et aux forêts, au cours de laquelle les Parties ont souligné que cette criminalité avait d’importantes conséquences sur les espèces et les écosystèmes, les moyens d’existence, l’économie et la sécurité nationale et régionale.

Des mesures concrètes assorties de délais d’exécution ont fait l’objet de discussions détaillées dans le cadre de la CoP16 et ont été insérées dans un ensemble de décisions de la Conférence des Parties relatives à la lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages qui doivent être mises en œuvre d’ici à 2016 – ce qui constitue le plus puissant groupe de décisions pris par la CITES en matière de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages en 40 ans d’existence.

Ces décisions et résolutions, prises par consensus, démontrent que les Parties à la CITES sont bien conscientes que, pour lutter sérieusement contre ces infractions, la communauté internationale doit : les traiter comme des infractions graves ; assurer la coordination des efforts de lutte contre la fronde aux niveaux mondial, régional et national ; agir dans les États d’origine, de transit et de destination ; mieux utiliser les techniques médicolégales et le partage des éléments de preuve ainsi obtenus, notamment pour les saisies importantes ; prendre des mesures de lutte contre la fraude plus agressives, en ayant recours à des techniques du type de celles qui sont utilisées pour lutter contre le commerce illicite des stupéfiants et d’autres infractions graves – par exemple, les opérations pilotées par les services de renseignement, le profilage des risques, les livraisons contrôlées, les opérations sous couverture et le recours à une législation permettant de lutter contre le blanchiment d’argent sale et de saisir les avoirs ; aller au-delà des saisies, en veillant à ce que des enquêtes soient menées et des poursuites engagées, en particulier contre les « gros bonnets » à la tête des organisations criminelles organisées ; et soutenir les pays qui le demandent au lendemain de graves incidents.

Le Secrétaire général de la CITES a également été prié de coopérer avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) en ce qui concerne les conséquences, pour la sécurité nationale de certains pays d’Afrique, de cet abattage et de ce commerce illégaux. En application de cette décision, il a écrit au Directeur exécutif de l’ONUDC. En coopération avec l’ensemble des partenaires réunis au sein du Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages (ICCWC), l’ONUDC apporte un important soutien à la CITES et aux Parties à cette Convention dans leur lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages.

Pour plus d’information, voir : 16e session de la Conférence des Parties à la CITES, Bangkok 2013 : Un tournant décisif dans la lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages

Le Secrétaire général de la CITES a également écrit, le 13 mai 2013, à M. Abou Moussa, Représentant spécial du Secrétaire général auprès du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale, au sujet du braconnage des éléphants dans le parc national de Dzanga-Sanga, en RCA. Le Représentant spécial a immédiatement répondu à cette lettre pour l’informer des mesures qu’il mettait en œuvre face à ces problèmes.

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Les États de l’aire de répartition connaissent actuellement une grave recrudescence de l’abattage illégal des éléphants et rhinocéros d’Afrique, ainsi que du commerce illégal de l’ivoire et de la corne de rhinocéros qui s’y rattache. Les données recueillies dans le cadre du programme de suivi de l’abattage illégal d’éléphants (MIKE) conduit par la CITES montrent que le niveau d’abattage illégal des éléphants s’est constamment accru depuis 2006, l’année 2011 ayant connu le niveau de braconnage le plus élevé depuis que des données ont commencé à être recueillies dans le cadre du programme MIKE, en 2002. Ces conclusions sont étayées par les renseignements fournis par le Système d’information sur le commerce de produits d’éléphants (ETIS), qui indiquent que la quantité d’ivoire saisie a continué de croître rapidement et qu’elle a aujourd’hui atteint son plus haut niveau sur la période de 16 années que couvre ETIS.

L’abattage illégal d’un grand nombre d’éléphants pour leur ivoire implique de plus en plus le crime organisé et, dans certains cas, des milices rebelles bien armées. Ainsi, dans le parc national de Bouba N’Djida, au nord du Cameroun, jusqu’à 450 éléphants auraient été abattus par des groupes rebelles venus du Tchad et du Soudan en février 2012. L’ivoire braconné serait échangé contre de l’argent, des armes et des munitions pour soutenir les conflits dans les pays voisins. Le Secrétaire général a, à l’époque, exprimé sa vive préoccupation à propos de cet incident, et, en réponse à cette insurrection, le Gouvernement camerounais a déployé 150 soldats dans le parc national pour aider les gardes forestiers à mettre un terme à l’abattage illégal. Un autre exemple de ce type de braconnage a été l’abattage illégal de 22 éléphants dans le parc national de Garamba, en République démocratique du Congo, en avril 2012. Ils auraient apparemment été abattus à coup de fusil depuis un hélicoptère par des hommes très entraînés, au cours d’un seul raid. L’ivoire a été emporté.

Le niveau de braconnage a augmenté dans toutes les sous-régions africaines, l’Afrique centrale continuant d’afficher le taux d’abattage illégal le plus élevé de toutes les sous-régions d’Afrique et d’Asie. La puissance de feu des gardes forestiers chargés de protéger les espèces sauvages, qui sont au front dans cette lutte, est bien souvent insuffisante. La criminalité liée aux espèces sauvages est devenue une sérieuse menace pour la sécurité, la stabilité politique, l’économie, les ressources naturelles et le patrimoine culturel de nombreux pays et le degré de réaction nécessaire pour répondre efficacement à cette menace dépasse souvent les seules attributions des agences de lutte contre la fraude en matière d’environnement ou d’espèces sauvages, d’un seul pays ou d’une seule région.

Cette situation critique démontre la nécessité de mettre en œuvre le Plan d’action pour l’éléphant d’Afrique qui a été créé sous les auspices de la CITES. Un Fonds pour l’éléphant d’Afrique a été inauguré en août dernier, lors de la 61e session du Comité permanent de la CITES. Il est géré par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).

Note à la rédaction:

Pour plus d'informations, prendre contact avec Juan Carlos Vasquez au +41 22 917 8156 or juan.vasquez@cites.org.

Au sujet de la CITES

Avec ses 177 États membres, la CITES reste l’un des instruments les plus puissants au monde pour la conservation de la biodiversité par la réglementation du commerce de la faune et de la flore sauvages. Des milliers d’espèces font l’objet d’un commerce international et sont utilisées par l’homme dans sa vie quotidienne pour se nourrir, se loger, se soigner, ainsi que pour l’écotourisme, les cosmétiques ou la mode.

La CITES règlemente le commerce international de près de 35 000 espèces de plantes et d’animaux, y compris de leurs parties et produits, assurant ainsi leur survie dans la nature au bénéfice tant des populations locales qui conservent ainsi leurs moyens de subsistance que de l’environnement mondial. Le système de permis CITES a pour but de s’assurer que le commerce international des espèces inscrites aux Annexes CITES soit durable, licite et traçable.

La CITES a été adoptée à Washington D.C. le 3 mars 1973. Le 40e anniversaire de la Convention sera célébré en mars 2013, ce qui coïncidera avec la 16e session de la Conférence des Parties qui se tiendra à Bangkok (Thaïlande) du 3 au 14 mars 2013.

Pour en savoir plus sur la CITES, aller au www.cites.org ou consulter les pages suivantes (en anglais seulement) :

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