La CITES se prépare pour les requins et les raies

Douze mois avant l’entrée en vigueur des règlements CITES sur les requins et les raies, 
l’Union européenne approuve un projet de 1,2 million d’euros pour garantir 
l’application effective. L’Allemagne, le Brésil, la Chine, les États-Unis et
le Japon ont aussi proposé appui et assistance technique.
 
Genève, 14 septembre 2013 – Les 178 Parties à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) se préparent pour la mise en œuvre des inscriptions de requins et de raies adoptées à la 16e session de la Conférence des Parties (CoP16) en mars 2013, à Bangkok, Thaïlande.
 
Les Parties ont exactement 12 mois pour mettre en place les mesures qui permettront un contrôle effectif de la CITES sur le commerce international du requin océanique (Carcharhinus longimanus), du requin-marteau halicorne (Sphyrna lewini), du grand requin-marteau (Sphyrna mokarran), du requin-marteau lisse (Sphyrna zigaena), du requin-taupe commun (Lamna nasus) et des raies manta (Manta spp.). Les règlements entreront en vigueur le 14 septembre 2014.
 
Dès lors, tout commerce international de spécimens de ces espèces devra être accompagné de permis CITES confirmant qu’ils ont été prélevés de façon durable et légale; en outre, ce commerce devra être déclaré au Secrétariat CITES.
 
L’Union européenne a mis 1,2 million d’euros à la disposition du Secrétariat pour aider les pays en développement à gérer de façon durable et améliorer l’application des règlements CITES pour les espèces aquatiques exploitées au plan commercial. Cette contribution financière servira à renforcer les capacités scientifiques, institutionnelles et de lutte contre la fraude.
 
À cette occasion, le Secrétaire général de la CITES, M. John E. Scanlon, a déclaré: “Les décisions prises par la CITES en vue d’inscrire ces requins et raies sont une première étape importante en vue de garantir que leur commerce international soit légal, durable et traçable. La mise en œuvre effective de ces décisions est, aujourd’hui, ce qui compte, et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour aider les Parties à la CITES, en particulier les pays en développement, à respecter les obligations CITES d’ici au 14 septembre 2014. Pour cela, nous aurons besoin de l’appui de multiples acteurs – les Parties, les organisations internationales gouvernementales et les ONG, entre autres – et nous remercions tous ceux qui nous épaulent à cet égard, en particulier l’Union européenne, pour son appui financier très généreux.”
 
M. Timo Makela, Directeur de la Direction des affaires mondiales et régionales de la Commission européenne, a pour sa part ajouté: “L’inscription à la CITES des espèces de requins et de raies, en mars 2013, était le signe clair que la communauté internationale a l’intention de redoubler d’efforts pour protéger la biodiversité marine dans le monde entier. Dans le cadre de son projet de 1,2 million d’euros, l’Union européenne montre qu’elle est résolument engagée envers le succès de la mise en œuvre des obligations CITES pour ces espèces. Nous travaillerons en collaboration étroite avec le Secrétariat CITES et d’autres Parties afin que ces mesures fassent une réelle différence en faveur de la conservation des requins mais aussi pour les pêcheurs.”
 
Les autorités brésiliennes, dans le sillage des propositions relatives aux requins qu’elles ont présentées à la CoP16 de la CITES en mars, ont souligné que “les résultats de la CoP16 sont directement liés aux engagements pris par la communauté internationale à Rio+20 en vue d’assurer des pêches durables. Ils montrent au monde entier que tous les pays sont prêts à travailler ensemble pour garantir la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine et que les Parties prendront des mesures efficaces à cet effet.” Le Brésil a reconnu la nécessité de donner aux États membres les moyens d’appliquer les décisions prises à la CoP16 et a exprimé sa volonté de contribuer aux efforts de renforcement des capacités, ce dont il a discuté avec le Secrétaire général de la CITES en mission à Brasilia en mai 2013. Le Gouvernement du Brésil, en collaboration avec d’autres gouvernements et avec des ONG partenaires, a annoncé qu’il organiserait un atelier régional sur le recueil de données et l’identification des requins inscrits à l’Annexe II, les 3 et 4 décembre 2013, à Pernambuco, Brésil.
 
Au cours des discussions qui ont eu lieu à Bonn le 24 juillet, le Ministère fédéral allemand de l’environnement, de la conservation de la nature et de la sécurité nucléaire (BMU) et le Ministère fédéral de la coopération économique et du développement (BMZ) ont informé le Secrétaire général de la CITES que l’Allemagne avait lancé une étude en vue d’élaborer des lignes directrices et des recommandations adressées aux Parties à la CITES sur les moyens de rendre des avis de commerce non préjudiciable (ACNP) pour le requin-taupe commun et d’autres espèces de requins et qu’elle envisage de tenir un atelier international sur les ACNP pour les requins en 2014. Madame Elsa Nickel (BMU) a déclaré: “Nous espérons que cette initiative contribuera à enrichir l’information scientifique indispensable à la gestion durable de ces requins.”
 
La Chine, en juin 2013, a informé le Secrétariat CITES que, malgré son opposition à l’inscription de ces espèces de requins aux annexes CITES à la CoP16, et ses préoccupations concernant leur mise en œuvre, elle appliquera les décisions de la CITES et, en conséquence, n’émet aucune réserve. En juillet 2013, le Secrétaire général de la CITES a rencontré 21 bureaux locaux de l’organe de gestion de la Chine lors d’une retraite nationale et séance de formation CITES organisée dans la province de Jilin, en Chine, où l’on a parlé de la mise en œuvre des inscriptions de requins et de raies.
 
M. Scanlon a aussi rencontré l’organe de gestion du Japon, les ministères compétents et autres acteurs au Japon. Le Secrétaire général note que, même s’il a émis une réserve pour les cinq espèces de requins, le Japon a également exprimé sa volonté de se conformer volontairement aux obligations de la Convention concernant les permis d’exportation et de fournir un appui technique pour préparer l’entrée en vigueur des inscriptions de requins, dont les détails ont été discutés, y compris l’identification des ailerons de requins sur le terrain.
 
Avec l’appui des États-Unis d’Amérique, le Secrétariat a également participé à des ateliers sous-régionaux pour l’Amérique centrale, en mai et septembre 2013. Les Parties de la sous-région ont convenu de travailler ensemble à la mise en œuvre des nouvelles inscriptions de requins et de raies et se réuniront à nouveau au début de 2014 pour préparer leurs plans.
 
Le Secrétariat CITES collabore étroitement avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et les deux organisations ont convenu d’un plan d’action conjoint pour faire participer les organisations régionales de gestion des pêches à la mise en œuvre des inscriptions CITES. Le 8 juillet, des délégations de la FAO et du Secrétariat CITES se sont réunies à Rome pour aborder les possibilités de collaboration en matière de mise en œuvre du projet requin UE‑CITES dont la première session était présidée par M. Arni M. Mathiesen, Directeur général adjoint du Département des pêches et de l’aquaculture et par le Secrétaire général de la CITES.
 
La Commission européenne a engagé TRAFFIC, une organisation non gouvernementale, en vue de mener une évaluation rapide des priorités et besoins de renforcement des capacités. TRAFFIC a analysé les données les plus récentes sur les captures et le commerce, mises à disposition par la FAO, a rassemblé des informations provenant de sources publiées et contacté les autorités CITES, des ONG et d’autres experts pour obtenir des informations complémentaires.
 
Décidé à améliorer les cadres juridiques pour les requins, raies et autres espèces inscrites à la CITES, et suite à une demande de plusieurs pays des Caraïbes à la CoP16, le Secrétariat CITES a également entrepris une série de missions d’assistance législative en Dominique, à la Grenade, à Sainte‑Lucie, à Saint-Vincent-et-les Grenadines et à la Trinité-et-Tobago, du 10 au 21 juin 2013.
 
Réserves et contexte
 
Plusieurs pays ont émis des réserves pour ces espèces: le Danemark, au nom du Groenland (requin-taupe commun), le Guyana (pour les cinq espèces de requins et les raies manta), l’Islande (requin-taupe commun), le Japon (les cinq espèces de requins) et le Yémen (requins-marteaux). Cela signifie que ces pays ne seront pas liés par les règlements CITES lorsqu’ils feront le commerce de ces espèces.
 
- La Conférence de la CITES prend des mesures décisives pour faire cesser le déclin des bois tropicaux, des requins, des raies mantas et d’une large gamme d’autres plantes et animaux: http://www.cites.org/eng/news/pr/2013/20130314_cop16.php
 
- Proposition d’inscription du requin océanique à l’Annexe II de la CITES: http://www.cites.org/fra/cop/16/prop/F-CoP16-Prop-42.pdf
 
- Proposition d’inscription de 3 requins-marteaux à l’Annexe II de la CITES: http://www.cites.org/fra/cop/16/prop/F-CoP16-Prop-43.pdf
 
- Proposition d’inscription du requin-taupe commun à l’Annexe II de la CITES: http://www.cites.org/fra/cop/16/prop/F-CoP16-Prop-44.pdf
 
- Proposition d’inscription des raies mantas à l’Annexe II de la CITES
 
 
- Rapport de la quatrième session du Groupe consultatif d’experts de la FAO pour l’évaluation des propositions d’amendement aux Annexes I et II de la CITES concernant les espèces aquatiques commercialement exploitées: http://www.fao.org/docrep/017/ap999e/ap999e00.htm
 
- Dans les profondeurs: Mise en œuvre des mesures CITES pour les requins et raies mantas à valeur commerciale
 
 
- Le Secrétaire général de la CITES se félicite de la contribution du Japon à l’application de la Convention
 
 
- Vingt-et-un bureaux régionaux de l'organe de gestion CITES de la Chine ont rencontré le Secrétaire général de la CITES
 
 
- Les représentants de ministères allemands et le Secrétaire général de la CITES discutent de mesures de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages
 
 
Note aux journalistes: pour plus d’informations, contacter Juan Carlos Vasquez au numéro +41 22 917 81 56 ou à l’adresse courriel juan.vasquez@cites.org.
 
Au sujet de la CITES
 
Avec ses 178 États membres, la CITES reste l’un des instruments les plus puissants au monde pour la conservation de la biodiversité par la réglementation du commerce de la faune et de la flore sauvages. Des milliers d’espèces font l’objet d’un commerce international et sont utilisées par l’homme dans sa vie quotidienne pour se nourrir, se loger, se soigner, ainsi que pour l’écotourisme, les cosmétiques ou la mode.
 
La CITES règlemente le commerce international de près de 35 000 espèces de plantes et d’animaux, y compris de leurs parties et produits, assurant ainsi leur survie dans la nature au bénéfice tant des populations locales qui conservent ainsi leurs moyens de subsistance que de l’environnement mondial. Le système de permis CITES a pour but de s’assurer que le commerce international des espèces inscrites aux annexes CITES soit durable, légal et traçable.
 
La CITES a été adoptée à Washington D.C. le 3 mars 1973. Le 40e anniversaire de la Convention a été célébré en mars 2013, pendant la 16e session de la Conférence des Parties qui s'est tenue à Bangkok (Thaïlande) du 3 au 14 mars 2013.
 
Pour en savoir plus sur la CITES, aller à www.cites.org ou consulter les pages suivantes (en anglais seulement):