La criminalistique au service de la lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages

Pretoria/Genève, 6 novembre 2013 – Le premier atelier international de formation à l’échantillonnage de l’ADN des rhinocéros a eu lieu en Afrique du Sud les 5 et 6 novembre 2013.
Le but de l’atelier était de renforcer les capacités mondiales de lutte contre la vague de braconnage des rhinocéros ayant abouti à l’abattage de plus de 800 animaux en Afrique du Sud, depuis janvier 2013.
Le Département de l’environnement d’Afrique du Sud (DEA) et le Laboratoire de génétique vétérinaire de l’Université de Pretoria, en collaboration avec le Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages (ICCWC), ont organisé un atelier sur l’échantillonnage de l’ADN des rhinocéros au Southern African Wildlife College, près de Hoedspruit en Afrique du Sud, avec une formation sur le terrain dans le Parc national Kruger.
 
Les agents de lutte contre la fraude de chacun des 11 États africains de l’aire de répartition des rhinocéros ainsi que de Chine, de Thaïlande et du Viet Nam et les Parcs nationaux d’Afrique du Sud ont participé à l’atelier.
 
La capacité des agents chargés de l’application des lois qui sont en poste le long des frontières nationales, aux postes frontière et dans les aires protégées, en matière de détection, enquête et poursuite des malfaiteurs qui se livrent au braconnage des rhinocéros et au commerce illégal des cornes de rhinocéros, a été renforcée grâce à une série de conférences et de visites sur le terrain, dans le Parc national Kruger, où les participants ont pris part à l’échantillonnage proprement dit de l’ADN de rhinocéros ayant été abattus par des braconniers dans le parc. Un accent particulier a été mis sur l’utilisation accrue de l’échantillonnage de l’ADN de la corne de rhinocéros pour lutter contre la criminalité liée aux espèces sauvages.  
 
“L’Afrique du Sud se félicite de la tenue d’un atelier international sur l’échantillonnage de l’ADN de rhinocéros car nous sommes le pays le plus gravement touché par le braconnage des rhinocéros, essentiellement motivé par le trafic international des espèces sauvages. La présentation de cet atelier soutient la décision prise par la CITES, à l’occasion de la 16e session de la Conférence des Parties, en Thaïlande, en mars 2013, à savoir que tous les États de l’aire de répartition ainsi que les États de transit et de consommation doivent renforcer le respect de la Convention et la lutte contre la fraude” a déclaré M. Fundisile Mketeni, Directeur général adjoint: Biodiversité et conservation, du Département de l’environnement.
 
Les agents chargés de l’application des lois sortiront de cette formation mieux équipés, avec les outils et les connaissances nécessaires pour contrer de façon efficace le commerce illégal des espèces sauvages. Cela comprend des techniques d’enquête spécialisées et le recours de plus en plus fréquent à la criminalistique pour les espèces sauvages lors des actions de suivi après une saisie, lors d’une enquête sur les lieux d’un crime, lors du recueil d’informations ou lorsque des preuves sont présentées aux tribunaux.
 
Les agents ont reçu une formation focalisée sur l’identification des cornes de rhinocéros, l’échantillonnage de l’ADN de la corne de rhinocéros et les enquêtes sur les lieux de crimes liés aux espèces sauvages. Les participants ont aussi appris à utiliser les outils et services de l’ICCWC pour améliorer leurs capacités d’enquête sur la criminalité liée aux espèces sauvages.
 
L’ICCWC est une action menée en collaboration par le Secrétariat de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), l’OIPC-INTERPOL, l’Office des Nations Unies sur la drogue et le crime (ONUDC), la Banque mondiale et l’Organisation mondiale des douanes (OMD) qui s'efforcent de fournir un appui coordonné aux agences nationales de lutte contre la fraude liée aux espèces sauvages, ainsi qu'aux réseaux régionaux et sous-régionaux qui agissent au quotidien pour défendre les ressources naturelles.
 
En collaboration avec ses partenaires de l’ICCWC, l’ONUDC a commandé une Compilation d’outils de l’ICCWC pour l'analyse de la criminalité liée aux espèces sauvages et aux forêts. Il s’agit d’une ressource technique permettant aux pays d’entreprendre une analyse nationale pour comprendre les principales questions relatives à la criminalité liée aux forêts et aux espèces sauvages et définir leurs besoins en assistance technique. La Compilation a été lancée en 2012, avec l’appui financier du DGF de la Banque mondiale, pour lutter de façon efficace contre le commerce illégal des espèces sauvages dont la valeur est estimée entre 16 et 27 milliards de dollars des États-Unis par an, le bois et les espèces marines y compris.
 
Les parties de tigre, l’ivoire d’éléphant, la corne de rhinocéros et les oiseaux et reptiles exotiques sont parmi les biens illégaux les plus lucratifs issus d’espèces sauvages tandis que l’étude récente de la Banque mondiale intitulée Justice pour les forêts reconnaît que le commerce illégal du bois prive les États de plus de 10 milliards de dollars des États-Unis en revenu annuel.
 
Le Secrétaire général de la CITES, M. John E. Scanlon, a déclaré: “Nous aidons les pays à déployer les techniques et les technologies dont ils ont besoin pour lutter contre l’escalade de la criminalité liée aux espèces sauvages. Forts de l’expertise de l’Afrique du Sud, nous élargissons l’utilisation des technologies de criminalistique parmi lesquelles les résultats des tests ADN sont souvent d’importance critique pour que les poursuites aboutissent. Ces efforts, menés en collaboration, se font directement l’écho des mesures décisives prises par les Parties à la CITES au début de l’année afin de mieux lutter contre la criminalité liée aux espèces sauvages.”
 
L’application eRhODIS™ récemment mise au point a également été présentée et lancée durant l’atelier, avec Samsung pour partenaire technologique exclusif. Cette application fournit la technologie de l’information qui soutient RhODIS®.
 
Mme Cindy Harper, Directrice du Laboratoire de génétique vétérinaire de l’Université de Pretoria, estime que “RhODIS® continue de jouer un rôle absolument vital en soutenant les poursuites contre les criminels qui s’attaquent aux rhinocéros en Afrique du Sud et que sa mise en œuvre et son utilisation au plan international pourraient jouer un rôle clé en permettant d’arrêter les groupes criminels internationaux qui s’attaquent aux espèces sauvages”.
 
L’organisation de l’atelier a été possible grâce au financement généreux fourni à l’ICCWC par le gouvernement des Pays‑Bas.
 
Informations générales sur le braconnage des rhinocéros et la contrebande de leurs cornes
 
Le commerce illégal des cornes de rhinocéros reste l’une des activités criminelles les plus structurées auxquelles s’affrontent actuellement les autorités chargées de la lutte contre la fraude liée aux espèces sauvages.
 
Certains signes montrent clairement que les groupes criminels organisés participent au braconnage des rhinocéros et au commerce illégal de cornes de rhinocéros. La Conférence des Parties à la CITES, à sa 16e session qui a eu lieu à Bangkok, Thaïlande, du 3 au 14 mars 2013, a souligné qu’il est vital que les pays d’origine, de transit et de destination touchés par l’abattage illégal des rhinocéros et le commerce illégal de cornes de rhinocéros qui s’ensuit nouent des liens de coopération plus étroits.
 
Après consultation avec les États de l’aire de répartition des rhinocéros, l’ICCWC a conclu qu’il fallait, en priorité, former les agents chargés de l’application des lois sur les espèces sauvages à l’échantillonnage de l’ADN de la corne de rhinocéros. Une proposition a été soumise, pour examen et financement, au Gouvernement des Pays‑Bas qui a approuvé la proposition et mis généreusement un financement à disposition pour soutenir une intervention en matière de renforcement des capacités de lutte contre le commerce illégal de cornes de rhinocéros.
 
Sachant que l’Afrique du Sud tient le Rhino DNA Index System (RhODIS®) [Système d’indexation de l’ADN de rhinocéros] et qu’il y a, dans ce pays, des experts pouvant dispenser la formation requise, le Secrétariat de la CITES, au nom de l’ICCWC, a demandé à l’Afrique du Sud d’accueillir cette intervention de renforcement des capacités.
 
RhODIS® a été mis au point par le Laboratoire de génétique vétérinaire de la Faculté des sciences vétérinaires de l’Université de Pretoria dans le but d’aider à lutter contre l’escalade du braconnage de rhinocéros et de la contrebande de cornes de rhinocéros et à traiter le recouvrement/la confiscation de cornes et produits connexes par les pays consommateurs. Pour cela, on recueille des échantillons d’ADN sur les rhinocéros vivants et braconnés à travers le pays ainsi que sur les stocks de cornes pour créer une base de données de l’ADN contenant le profil unique de chaque animal.
 
La base de données comprend actuellement plus de 10 000 échantillons de rhinocéros noirs et blancs d’Afrique. Ces échantillons sont rassemblés depuis trois ans et ont fourni des preuves de criminalistique importantes ayant joué un rôle vital dans plusieurs cas de poursuites.
 
Pour tout renseignement, les médias sont priés de contacter:
 
Albi Modise, Directeur en chef: Communications, Département de l’environnement, tél. : +27 12 310 31 23 ou portable : + 27 83 490 28 71; courriel: amodise@environment.gov.za
 
Juan Carlos Vasquez, chargé de la communication et de l’information, Secrétariat CITES – PNUE – Nations Unies, tél. : +41 (0)22 917 81 56 (direct) ou portable : +41 (0)79 552 27 32; courriel: juan.vasquez@cites.org