Les conclusions du Comité permanent de la CITES (SC65): En première ligne

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

Les conclusions du Comité permanent de la CITES (SC65):

En première ligne

Les actions ciblées visant à renforcer la lutte contre la fraude et
la conservation des espèces sauvages commencent à porter leurs fruits

 

Genève, le 14 juillet 2014 – Les principaux enjeux de la conservation et de la gestion des espèces animales et végétales sauvages ont occupé le devant de la scène à la 65e session du Comité permanent de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), tenue à Genève du 7 au 11 juillet, et qui a enregistré une participation record.

"Le texte de la Convention fournit le cadre nécessaire au fonctionnement de la CITES. En outre, plus de 80 résolutions et de nombreuses décisions adoptées par la Conférence des Parties orientent la mise en œuvre efficace de la Convention, et précisent la marche à suivre. Si nous voulons instaurer un commerce licite, durable et traçable, tout en luttant efficacement contre le commerce illégal, il est essentiel que ces résolutions et décisions soient réellement incorporées dans la législation nationale et dans les efforts de conservation et de lutte contre la fraude. Les pays doivent revoir leurs systèmes de permis, leur législation, leurs mesures de lutte contre la fraude, leurs méthodes de confiscation et d'élimination des spécimens CITES, et les sanctions prévues pour lutter contre la criminalité liée aux espèces sauvages", a déclaré Øystein Størkersen, Président du Comité permanent de la CITES. 
 
 
Les plans d'action nationaux pour l'ivoire, élaborés et mis en œuvre depuis mars 2013 par huit pays particulièrement préoccupants en matière de braconnage des éléphants et de commerce illégal de l'ivoire (Chine, Kenya, Malaisie, Ouganda, Philippines, Thaïlande, République-Unie de Tanzanie et Viet Nam), ont des résultats positifs incontestables.
 
Conformément aux décisions prises à la 65e session du Comité permanent de la CITES, la mise en œuvre de ces plans se poursuivra l'année prochaine, après quoi le Comité permanent décidera si les Parties concernées ont atteint leurs objectifs pour l'essentiel, et ne doivent donc plus être considérées comme particulièrement préoccupantes; ou si elles ont fait des progrès mais demeurent très préoccupantes; ou encore, si elles ont insuffisamment progressé et nécessitent des mesures de conformité. Plusieurs autres pays doivent également élaborer et mettre en œuvre des plans d'action nationaux pour l'ivoire et pour le rhinocéros, à savoir: l'Angola, le Cambodge, le Cameroun, le Congo, l'Égypte, l'Éthiopie, le Gabon, la République démocratique du Congo, République démocratique populaire lao, le Mozambique et le Nigeria.
 
"Le Comité a mis l'accent sur les domaines particuliers dans lesquels des mesures supplémentaires doivent être prises pour combattre le commerce illicite des espèces sauvages et renforcer l'efficacité de la conservation. Les plans nationaux de lutte contre le commerce illégal de l'ivoire, orientés vers l'action et limités dans le temps, se sont révélés efficaces. C'est pourquoi le Comité a décidé d'élargir l'application de cet outil à un plus large éventail de pays et d'espèces", a déclaré John E. Scanlon, Secrétaire général de la CITES. 
 
Des préoccupations particulières ont occupé le devant de la scène durant cette session, à savoir: le commerce illégal de bois précieux – bois de rose, palissandre et ébène – de Madagascar vers l'Asie, à travers l'Afrique de l'Est; le commerce illicite de l'ivoire en Thaïlande; le trafic de corne de rhinocéros au Mozambique; le commerce illégal de guépards entre l'Afrique de l'Est et la région du Golfe; le volume croissant de commerce illicite de tigres et de leurs parties et produits en Asie du Sud et du Sud-Est, et le commerce illégal à grande échelle en Afrique et en Asie d'un mammifère nocturne et à écailles peu connu, le pangolin.
 
Des avancées ont été enregistrées dans la gestion et l'identification des requins présents dans le commerce international; la réglementation du commerce mondial des peaux de serpents; et la mise en place de technologies novatrices pour le suivi et l'étiquetage des spécimens d'espèces sauvages dans le commerce. L'interdiction de commerce du crocodile du Nil de Madagascar a été levée après qu'il eut été signalé que des normes de gestion améliorées avaient été respectées.
 
"On constate effectivement de véritables progrès. C'est aussi la première fois que nous prenons autant de décisions pratiques, pragmatiques et ciblées, allant de l'amélioration des permis électronique à l'enregistrement des stocks, en passant par l'aide aux pays à mettre en œuvre leurs inscriptions de requins à la CITES. Nous constatons également que les donateurs se sentent davantage concernés, comme en témoigne, par exemple, l'annonce faite par MIKES à cette session, et qu'il existe de plus en plus de possibilités de s'attaquer aux problèmes de subsistance des communautés," a conclu le Président du Comité permanent [voir le communiqué de presse sur MIKES, en anglais seulement, à l'adresse: http://www.cites.org/eng/EU_mikes_04072014).
 
La conservation des espèces emblématiques: Décisions et Résultats
 
L'éléphant - Résultats de la 65e session du Comité permanent: L'année dernière, à Bangkok, huit pays (Chine, Kenya, Malaisie, Ouganda, Philippines, Thaïlande, République-Unie de Tanzanie et Viet Nam) ont été invités à élaborer des plans d'action nationaux pour l'ivoire, assortis de délais précis. À cette occasion, l'état d'avancement de la mise en œuvre des plans d'action par ces huit pays avait été évaluée, y compris l'action de terrain visant à renforcer la lutte contre la fraude, comme la mise en place d'unités d'élite anti-braconnage, les réseaux d'informateurs et le recours grandissant aux techniques de police scientifique pour lutter contre criminalité liée aux espèces sauvages.
 
Les plans d'action nationaux pour l'ivoire, qui permettent aux pays d'attirer l'attention sur l'action concrète à mener sur le terrain, ont été considérés comme un succès grâce aux mesures tangibles qui ont été prises. Par exemple, depuis l'introduction de ces plans d'action nationaux pour l'ivoire en 2013, les saisies ont nettement augmenté en Afrique: 80% des saisies importantes d'ivoire ont été faires au Kenya, en Ouganda et en République-Unie de Tanzanie.
 
La Thaïlande a été invitée à faire rapport, avant le 31 mars 2015, sur les progrès concrets de la mise en œuvre d'une série de mesures visant à lutter contre le commerce illicite de l'ivoire, notamment par une amélioration de sa législation et du contrôle du commerce intérieur de l'ivoire. Le Comité évaluera les progrès accomplis par la Thaïlande après le 15 janvier 2015, puis à nouveau après le 31 mars. Si la Thaïlande n'a pas fait de progrès significatifs à cette date, le Comité envisagera de prendre des mesures de conformité avant sa prochaine session, par exemple en recommandant une suspension du commerce international avec la Thaïlande pour toutes les espèces inscrites à la CITES.
 
Plusieurs autres pays, dont l'Angola, le Cambodge, le Cameroun, le Congo, l'Égypte, l'Éthiopie, le Gabon, le Mozambique, le Nigeria, la RDC du Congo et la RDP lao, ont été invités à élaborer des plans d'action nationaux détaillés pour l'ivoire et à les mettre en œuvre de toute urgence. Ces pays jouent un rôle essentiel du fait qu'ils sont touchés par le commerce illicite de l'ivoire, en tant que pays d'origine, de transit ou de destination. 
 
Le rhinocéros - Résultats de la 65e session du Comité permanent: Des groupes de la criminalité organisée transnationale, fortement impliqués dans le braconnage des rhinocéros et le commerce illégal de la corne de rhinocéros, continuent à faire planer une menace considérable sur les populations de rhinocéros. C'est en Afrique du Sud que l'ampleur de cette menace est la plus tangible, avec une escalade alarmante du nombre de rhinocéros abattus illégalement au cours des dernières années: 36 rhinocéros en 2006, 122 en 2009, 448 en 2011, 1004 en 2013 et plus de 500 au cours des six premiers mois de cette année. Des pays comme le Kenya se retrouvent de plus en plus souvent dans la ligne de mire des groupes criminels. Entre 2011 et 2013, le nombre de rhinocéros abattus par des braconniers est passé de 25 à 59 au Kenya, avec 23 animaux déjà tués cette année.
 
Le Mozambique, qui est un maillon essentiel de la chaîne du commerce illicite de cornes de rhinocéros, a été invité à préparer un plan d'action national détaillé pour le rhinocéros d'ici au 31 octobre 2014. Parmi les autres pays les plus impliqués dans cette chaîne, que ce soit comme lieu d'origine, de transit ou de destination, figurent l'Afrique du Sud, l'Inde, la République tchèque et le Viet Nam. Le Comité permanent les a également priés de faire rapport sur ​​les mesures concrètes mises en place pour enrayer le braconnage des rhinocéros et le commerce illégal de leur corne, y compris les actions pour infléchir la demande.
 
Le Viet Nam, première destination des cornes de rhinocéros illégales, a préparé des rapports détaillés pour la 65e session du Comité permanent sur les mesures énergiques adoptées pour combattre le commerce illégal, notamment une directive du Premier Ministre visant à amplifier la lutte contre la fraude et à réduire la demande. Le Viet Nam a fait état des progrès accomplis à cet égard, en citant en exemple le nombre croissant de saisies et d'arrestations enregistré en 2013 par les autorités vietnamiennes chargées de faire appliquer la loi, et l'intensification des efforts de réduction de la demande.
 
Les bois de palissandre et d'ébène- Madagascar - Résultats de la 65e session du Comité permanent: Le Comité a recommandé à Madagascar d'étendre son quota zéro aux exportations de bois de rose, d'ébène et de palissandre jusqu'à août 2015 afin d'éviter de s'exposer aux mesures de conformité que motiverait un volume important de commerce illicite de ces essences.
 
Contexte– Le quota d'exportation zéro introduit par Madagascar n'a pas empêché l'exploitation forestière et le commerce illicites de rester à des niveaux alarmants. Le bois est exporté illégalement par bateau suivant des itinéraires divers. Plusieurs cargaisons illégales ont transité par des ports d'Afrique de l'Est, destinées principalement à l'Asie. Plus de 4000 tonnes de bois de rose probablement exportées illicitement par Madagascar ont été saisies par les autorités de différents pays de transit et de destination entre novembre 2013 et avril 2014.
 
Le pangolin- Résultats de la 65e session du Comité permanent: La gravité du développement rapide du commerce illicite de pangolins dans les marchés asiatiques, provenant de plus en plus du continent africain, figurait en bonne place à l'ordre du jour de cette session. Le groupe de travail intersessions créé à cette occasion accordera une attention particulière à la menace qui pèse sur le pangolin.
 
En juin de cette année, les douaniers de la RAS de Hong Kong ont saisi deux cargaisons illégales contenant plus de 3 tonnes d'écailles de pangolins en provenance d'Afrique, qui ne représentaient probablement que la pointe visible de l'iceberg. Sachant qu'il faut un pangolin pour obtenir environ 500g d'écailles, on comprend l'impact énorme qu'a ce commerce illicite sur l'espèce.
 
Le tigre et les autres grands félins d'Asie (léopard, léopard des neiges, panthère nébuleuse et lion d'Asie) Résultats de la 65e session du Comité permanent: Les données présentées à cette occasion ont fait ressortir une augmentation significative du commerce illégal des grands félins d'Asie, notamment le tigre. À l'instar du commerce des autres espèces sauvages, ce problème transcende les frontières, et la menace qu'il représente pour les grands félins d'Asie appelle une coopération sans faille et une approche multidisciplinaire entre les pays d'origine, de transit et de destination. De multiples décisions ont été prises, notamment sur l'adoption de stratégies ciblées de réduction de la demande et sur la mise en place de mesures visant à renforcer l'efficacité de la réglementation des activités des établissements d'élevage en captivité. Le Comité a en outre invité la Chine, l'Inde, le Laos, le Myanmar, le Népal, la Thaïlande et le Viet Nam à agir concrètement pour combattre le trafic illégal de ces espèces.
 
Contexte- Les saisies de spécimens de tigres sont en progression dans les États de l'aire de répartition: 61 animaux ont été saisis entre 2010 et 2012, contre 62 pour la période de 2000-2009. Les peaux de tigres figurent en première place dans ces saisies. Le Comité permanent a été informé que les saisies de tigres ont progressé en Asie du Sud-Est ces dernières années, et que 61 tigres vivants avaient été saisis entre 2010 et 2012, dont 74% a dans trois pays d'Asie du Sud-Est: la RDP lao, Thaïlande et Viet Nam.
 
Le guépard- Résultats de la 65e session du Comité permanent: Le premier tableau exhaustif du commerce mondial de guépards a été brossé à cette réunion. Il existe des preuves d'un trafic de guépards provenant de la Corne de l'Afrique et destiné à alimenter le commerce des animaux de compagnie dans les États du Golfe. Un groupe de travail intersessions a été mis sur pied afin de s'attaquer à cette grave menace pesant sur les guépards.
 
Contexte– Le guépard, Acinonyx jubatus, le plus rapide des animaux terrestres, figure à l'Annexe I de la CITES depuis 1975: Selon la dernière estimation, sa population compterait moins de 10 000 individus, essentiellement présents dans les savanes africaines et, dans une moindre mesure, en Iran, où il reste une très petite population asiatique. L'Afrique australe abrite la plus importante population de guépards, vivant principalement dans les zones de production commerciale de bétail et d'élevage de gibier en ranch. Le commerce des trophées de chasse en provenance de Namibie et du Zimbabwe est autorisé au titre du quota prévu à l'Annexe I de la CITES depuis 1992. Le quota annuel a été fixé à 205 spécimens vivants et trophées de chasse (Botswana 5, Namibie 150 et Zimbabwe 50). Le commerce légal de spécimens est bien réglementé et durable, et a des effets neutres ou favorables sur ​​la conservation de l'espèce.
 
Les menaces principales pesant sur le guépard sauvage sont la perte d'habitat, la chasse pour la viande de brousse ciblant ses principales proies, les conflits avec les éleveurs de bétail et le commerce illégal. 
 
En Afrique de l'Est, la région qui affiche le niveau le plus élevé de commerce illicite de guépards vivants, ce trafic semble avoir un impact négatif sur les populations sauvages. La principale destination des guépards vivants de cette région sont les États du Golfe. Selon les données connues sur les confiscations réalisées en Somalie et en Éthiopie, le taux de mortalité des spécimens commercialisés illégalement et confisqués pourrait atteindre 70%.
 
Il existe un commerce de guépards vivants élevés en captivité en Afrique du Sud, mais si ce pays veut s'assurer que tous les animaux commercialisés sont d'origine légale, il doit adopter et appliquer une surveillance nationale rigoureuse des élevages en captivité et des exportations de guépards vivants. Le commerce et l'utilisation des guépards vivants, de peaux de guépard et d'autres spécimens sont peu documentés en Afrique centrale, du Nord et de l'Ouest. Tout commerce illicite provenant de ces régions ou de la République islamique d'Iran – qui abrite la dernière population sauvage de guépards d'Asie – pourrait avoir des conséquences extrêmement préjudiciables.
 
Les autres questions abordées par le Comité permanent de la CITES: 
 
La suspension immédiate du commerce de scorpions empereurs du Ghana- Résultats de la 65e session du Comité permanent: Aucune forme commerce de spécimens sauvages jusqu'à ce que le Ghana puisse démontrer qu'il est bien géré et durable
 

Les mesures visant à améliorer la gestion du commerceRésultats de la 65e session du Comité permanent: Le caviar Beluga d'Iran – La suspension en vigueur du commerce de Beluga d'Iran a été levée après depuis que ce pays a cessé la pêche aux esturgeons sauvages, y compris les bélugas (le pays se concentre sur l'aquaculture de cette espèce et d'autres espèces d'esturgeons). À sa 65e session, le Comité permanent a également appelé à une meilleure coopération entre les cinq pays riverains de la mer Caspienne afin de sauvegarder et de restaurer les populations sauvages d'esturgeons. 

 
L'hippocampe de Thaïlande et les bénitiers des îles Salomon – Malgré l'amélioration considérable de la gestion de la pêche, le Comité permanent a demandé des mesures supplémentaires et une surveillance accrue.
 
Le crocodile du Nil de Madagascar– La recommandation de suspension du commerce a été retirée sous réserve de confirmation de l'entrée en vigueur de la nouvelle législation.
 
Les tortues d'eau douce d'Indonésie et les grenouilles de Madagascar– Grâce à des mesures concrètes, la gestion de ces espèces a été améliorée et leur exportation peut se poursuivre.
 
Les requins et les raies MantaRésultats de la 65e session du Comité permanent: Un énorme effort est en cours à l'échelle mondiale pour aider les pays concernés à mettre en œuvre efficacement les inscriptions de cinq taxons de requins et toutes les espèces de raies Manta, notamment en déterminant des niveaux de capture durables, en identifiant les ailerons de requins dans le commerce CITES, et en veillant à ce que ces pays disposent d'une législation efficace pour réglementer ce commerce. Cette action concerne directement la FAO, les organisations régionales de gestion des pêches, les principaux États pratiquant la pêche aux requins et le secteur non gouvernemental.
 
Les serpents- Résultats de la 65e session du Comité permanent: Un soutien a été manifesté aux efforts visant à améliorer la durabilité et la traçabilité du commerce des peaux de python, lequel porte annuellement sur plus d'un demi-million de peaux entre l'Asie du Sud-Est et l'Europe.
 
Les nouvelles technologies médico-légales, de suivi et de marquageRésultats de la 65e session du Comité permanent: Un soutien a été manifesté aux nouvelles technologies de suivi du commerce légal de produits de la faune sauvage, notamment aux techniques médico-légales (par exemple, pour l'identification des cornes de rhinocéros, de l'ivoire ou du caviar), au marquage et à la traçabilité (par exemple, les peaux de serpent), ainsi qu'aux permis électroniques (cet appui inclut 10 millions d'euros de la Banque allemande de développement KfW pour la mise au point de systèmes de permis électroniques CITES afin de mieux contrôler le commerce des espèces CITES – reptiles, bois, oiseaux, etc., en provenance des pays membres de l'Organisation du Traité de coopération amazonienne).
 
L'ICCWC(Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages) – Résultats de la 65e session du Comité permanent: L'ICCWC a présenté les mesures prises pour promouvoir l'utilisation de techniques médico-légales dans la lutte contre le commerce illégal des espèces sauvages. Il a notamment chargé l'ONUDC (Office des Nations Unies contre la drogue et le crime) d'élaborer des Lignes directrices sur les méthodes et procédures de police scientifique pour l'échantillonnage et l'analyse de l'ivoire. Guide pratique sur les meilleures pratiques et procédures logistiques, ce manuel en cours d'élaboration a été conçu pour être utilisé dans le monde entier afin de faciliter, dans la mesure du possible, l'application de méthodes de police scientifique pour lutter contre la criminalité liée aux espèces sauvages et, en particulier, le commerce illégal de l'ivoire.
 
Le soutien opérationnel et le renforcement des capacités sur le terrainRésultats de la 65e session du Comité permanent: L'Outil d’analyse de la criminalité liée aux espèces sauvages et aux forêts de l'ICCWC vise à aider les responsables des administrations, les services douaniers, la police et autres organismes compétents en matière de lutte contre la fraude à réaliser une analyse complète de leur stratégie de lutte contre ce type de criminalité, et à définir leurs besoins d'assistance technique. L'ONUDC dirige la mise en œuvre de cet outil en Angola, au Bangladesh, au Gabon, au Mexique, au Népal, au Pérou et au Viet Nam, et de nombreux autres pays ont déjà manifesté leur intérêt.
 
Également mises en place en 2013: les équipes de soutien en cas d'incident affectant des espèces sauvages (WIST), composées de représentants de la loi ou de spécialistes, elles sont déployées à la demande d'un pays touché par un volume important de braconnage de spécimens CITES, ou qui a procédé à des saisies à grande échelle de ces spécimens, afin de l’aider, de l’orienter et de faciliter l’adoption de mesures de suivi. En juillet 2013, le Sri Lanka a fait appel à l'ICCWC, qui a déployé sa première WIST, sous la direction d'INTERPOL, chargée de prélever des échantillons d'ADN sur une importante saisie d'ivoire.
 
Les modalités d'hébergement du Secrétariat. Le Comité permanent de la CITES a également décidé d'examiner les modalités d'hébergement prévues pour le Secrétariat de la CITES après la publication du rapport du Corps commun d'inspection (CCI) de l'ONU, intitulé "Post-Rio+20 Review of Environmental Governance within the United Nations System".Le rapport complet est disponible, en anglais seulement, à l'adresse: http://www.cites.org/sites/default/files/eng/com/sc/65/Inf/E-SC65-Inf-11.pdf 
 

Au sujet de la CITES:

 
Avec 180 États membres, la CITES reste l’un des instruments les plus puissants au monde pour la conservation de la biodiversité par la réglementation du commerce de la faune et de la flore sauvages. Des milliers d’espèces font l’objet d’un commerce international et sont utilisées par l’homme dans sa vie quotidienne pour se nourrir, se loger, se soigner, ainsi que pour l’écotourisme, les cosmétiques ou la mode.
 
Lors des sessions annuelles de son Comité permanent, la CITES évalue les progrès accomplis par les États Parties dans la mise en œuvre des décisions importantes, et définit les étapes suivantes. Les mesures de conformité et les mécanismes d'examen en place dans le cadre de la CITES, et qui lui sont propres, comprennent l'autorité légale de suspendre entièrement le commerce d'une ou de toutes les espèces sauvages d'un pays. Le Comité permanent se réunit chaque année pour surveiller l'application des règles pour le commerce international des espèces sauvages acceptées par les 180 États membres de la CITES, qui se réunissent une fois tous les trois ans - la dernière réunion ayant eu lieu à Bangkok en mars 2013.
 
La CITES règlemente le commerce international de près de 35 000 espèces de plantes et d’animaux, y compris de leurs parties et produits, assurant leur survie dans la nature au bénéfice tant des populations locales qui conservent ainsi leurs moyens de subsistance que de l’environnement mondial. Le système de permis CITES a pour but de veiller à ce que le commerce international des espèces inscrites aux annexes CITES soit durable, légal et traçable. La CITES a été signée à Washington le 3 mars 1973.
 
Ordre du jour et rapports de la session du Comité permanent:
 
CONTACTS:  Juan Carlos Vasquez: +41 22 917 8156 or juan.vasquez@cites.org, @jcvcites, @citesconvention, Samantha Bolton tél. portable: +41 79 239 2366 ou Samantha.bolton@cites.org @sambolton007
 
 

2014 Comité PERMANENT DE LA CITES– EXTRAITS DES INTERVENTIONS: États-Unis & KENYA SUR LA Criminalité Liée AUX Espèces SAUVAGES; CHINE & UE / ITALIE SUR LA SITUATION CRITIQUE DU BOIS DE ROSE, DU PALISSANDRE ET DE L'ÉBÈNE DE MADAGASCAR

 
Roddy Gabel – Chef de la délégation des États-Unis d'Amérique, responsable de l'organe de gestion CITES des États-Unis
 
“La 65e session du Comité permanent de la CITES a ouvert la voie à de nouveaux progrès dans les efforts visant à améliorer l'efficacité de la Convention et, en particulier, à remédier à la crise actuelle du trafic des espèces sauvages, non seulement pour les espèces emblématiques comme l'éléphant et le rhinocéros, mais aussi pour des espèces moins connues, tel le pangolin, non moins dignes de notre attention. Les États-Unis sont encouragés par l'intérêt que les autorités des Paries à la CITES portent au trafic illicite des espèces sauvages, ainsi que par la qualité de la collaboration qui a régné à cette présente session".
 
 
William Kiprono, Directeur général, Kenya Wildlife Services, Kenya
 
“Étant parmi les huit pays qui ont été invités à le faire, nous avons donné notre avis, à la présente session, sur les activités que nous avons entreprises pour mettre en œuvre notre plan d'action national sur l'ivoire. Nous avons par exemple, entre de multiples autres activités, recruté environ 600 gardes d'élite, et révisé notre législation nationale qui prévoit désormais des sanctions lourdes et dissuasives.
 
D'aucuns pensent encore qu'une défense tombe d'un éléphant comme une plume tombe d'un oiseau. Ils ne savent pas ce qui se passe sur le terrain et ignorent comment ces animaux sont abattus pour satisfaire les marchés illégaux.
 
Nous devons unir nos efforts pour fournir des ressources à la lutte contre la fraude. Les criminels doivent être traités comme tels – et en particulier les "grands patrons" qui contrôlent les réseaux mondiaux de la criminalité liée à l'ivoire et à d'autres espèces sauvages protégées. Nous ne pouvons accepter aucun compromis avec les criminels. Des progrès considérables ont été réalisés mais notre génération constitue le dernier front.
 
Faute de gardiens, la faune sauvage est vouée à disparaître en Afrique. C'est pourquoi nous devons continuer à lutter et à faire appliquer la loi sur tous les fronts: là où vivent les animaux, dans les pays de transit et dans les pays où ils sont consommés. Il en va de notre patrimoine, de nos espèces sauvages et de l'avenir de nos pays magnifiques".
 
 
La Chine, à propos des palissandres et ébènes de Madagascar  
 
"En tant que pays d'importation potentiel, la Chine a toujours appliqué la Décision 16.152 sur les ébènes et palissandres de Madagascar et les plans d'action connexes, ainsi que le quota d'exportation zéro établi par Madagascar.
 
L'organe de gestion CITES de la Chine, en collaboration avec l'administration générale des douanes, a publié en avril 2013 une gazette annonçant officiellement que les importations de spécimens d'espèces d'arbres inscrites à l'Annexe II de la CITES à la CdP16, y compris Dalbergia et Diospyros provenant des populations de Madagascar, seront soumises à la délivrance d'un permis d'importation CITES pour le dédouanement et ce, à partir du 12 juin 2013. Quant à la RAS de Hong Kong, l'introduction des amendements aux annexes CITES dans sa législation progresse bien et le nouveau système de contrôle devrait entrer en vigueur en novembre de cette année. Les autorités de Hong Kong continueront à redoubler d'efforts pour lutter contre la fraude qui touche les espèces menacées, y compris certaines essences produisant du bois.
 
Les douanes et la police des frontières de la Chine ont placé les essences menacées d'extinction, en particulier le bois en provenance de Madagascar, parmi les priorités de leurs activités courantes de lutte contre la fraude. À la mi-juin de cette année, l'organe de gestion CITES a organisé un atelier national sur la mise en œuvre et la lutte contre la fraude s'agissant des importations d'espèces d'arbres menacées d'extinction. Cet atelier a rassemblé des représentants des douanes des principaux ports d'importation de bois désireux de de mieux comprendre les enjeux et de développer leurs capacités de lutte contre la fraude. Plusieurs séminaires de formation destinés aux entreprises du secteur du bois, portant sur le contrôle du commerce des espèces d'arbres menacées d'extinction ont été organisés, et des rappels spéciaux portant sur les risques ont été émis à plusieurs reprises, grâce auxquels les nouvelles inscriptions d'espèces d'arbres CITES faisant l'objet d'un contrôle et les politiques d'importation de la Chine ont été largement diffusées ".
 
 
Coviello Giovanni, Italie, présidence de l'UE 
 
"L'Union européenne se félicite des mesures ambitieuses adoptées par le Comité permanent de la CITES pour lutter contre le commerce illégal des bois de palissandre et d'ébène de Madagascar. Cette étape importante devrait contribuer à ce que Madagascar mobilise les mesures législatives et d'exécution nécessaires pour mettre un terme à l'exploitation forestière illégale et aux d'exportations illicites connexes. Nous encourageons également une plus grande coopération entre les pays de transit et de destination, en particulier afin de détecter et de saisir les envois clandestins en provenance de Madagascar.
 
On estime que l'exploitation forestière illégale représente jusqu'à 30% du commerce mondial de bois et contribue à plus de 50% de la déforestation tropicale en Afrique centrale, en Amazonie et en l'Asie du Sud-Est, provoquant une perte énorme en matière de paysage, de couvert végétal et de biodiversité. L'un des impacts directs de l'exploitation forestière illégale sur l'environnement de Madagascar est la destruction de l'habitat de nombreuses espèces, en particulier des lémuriens menacés d'extinction.
 

L'UE s'est engagée à lutter contre l'exploitation forestière illégale grâce à son Plan d'action sur l'application des réglementations forestières, la gouvernance et les échanges commerciaux (FLEGT) et à sa Réglementation sur le bois illégal. La présidence italienne de l'Union européenne espère vivement que l'application intégrale des dispositions de la CITES par Madagascar aboutira à une utilisation plus durable des ressources naturelles".