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COMMUNIQUE DE PRESSE
Le Secrétaire général
de la CITES demande aux
compagnies aériennes de reconsidérer
leur boycott du transport des animaux sauvages
Genève,
le 4 mai 2001 - Le boycott décidé par les compagnies
aériennes sur le transport des animaux sauvages dont le commerce
est légal va à l'encontre des intérêts
des animaux eux-mêmes et des populations démunies des
pays en développement - a déclaré aujourd'hui
Willem Wijnstekers, Secrétaire général de la
Convention sur le commerce international des espèces de faune
et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES). En outre,
ce boycott est contre-productif car il ne va pas dans le sens de
la conservation.
Réagissant
à l'annonce faite mardi par Lufthansa qui indiquait qu'elle
ne transportera plus d'animaux capturés dans la nature à
des fins commerciales, M. Wijnstekers a souligné que l'économie
et les communautés rurales de nombreux pays en développement
dépendent largement des ressources naturelles, y compris
des espèces sauvages.
"Le
commerce durable des animaux et des plantes représente un
intérêt économique vital et légitime
pour les pays en développement" - a-t-il déclaré.
"Les 153 gouvernements membres de la CITES ont adopté
une série de règles strictes garantissant que ce commerce
est pratiqué de manière à ne pas mettre en
danger les espèces et à offrir aux communautés
démunies une incitation économique à protéger
les espèces sauvages avec lesquelles elles vivent au quotidien."
Selon
M. Wijnstekers, toute tendance au boycott compromettrait le bien-être
des animaux et l'action de conservation en orientant les envois
vers des compagnies aériennes de seconde zone et des charters
où les conditions de transport sont pires et les durées
de vol plus longues. Quand le transport est assuré par des
compagnies aériennes de qualité, celles-ci respectent
la Réglementation du transport des animaux vivants, préparée
par l'Association du transport aérien international (IATA),
qui donne des instructions concernant l'aération, l'espace,
les conteneurs, l'alimentation et autres conditions, réduisant
ainsi au minimum l'inconfort des animaux.
Quand
ces directives ne sont pas appliquées, ou quand elles sont
insuffisantes, l'IATA et la CITES sont tenues de prendre des mesures
pour améliorer la situation. Quoi qu'il en soit, des études
faites dans plusieurs pays européens montrent que les taux
de mortalité durant le transport aérien sont bas.
"Les
photos d'animaux morts ou mourants passés en fraude dans
des avions ou des bateaux sont pénibles et choquantes - déclare
M. Wijnstekers - mais il ne faut pas confondre ce commerce illicite
avec les envois soumis à réglementation que les compagnies
aériennes souhaitent maintenant boycotter."
La CITES a été adoptée en 1973 pour répondre
aux craintes suscitées par la surexploitation de maintes
espèces vulnérables en raison d'un commerce international
non réglementé. La Convention attribue aux pays producteurs
et consommateurs la responsabilité conjointe de gérer
durablement les espèces sauvages et prévenir le commerce
illicite.
La
CITES interdit le commerce international (et réglemente les
transactions non commerciales) des espèces animales et végétales
menacées d'extinction qui sont, ou pourraient être,
menacées par le commerce. Ces espèces sont inscrites
l'Annexe I, qui inclut le léopard des neiges, le tigre et
d'autres grands félins, de nombreux primates rares tels que
le chimpanzé et le gorille, presque tous les perroquets,
la plupart des crocodiles, toutes les tortues marines, les sabots
de Vénus et de nombreux cactus - soit quelque 800 espèces.
Le
Convention a un système de permis pour garantir un commerce
international durable de nombreuses autres espèces qui ne
sont pas menacées d'extinction mais pourraient le devenir
si le commerce dont elles font l'objet n'était pas strictement
réglementé. Ces espèces figurent à l'Annexe
II, qui inclut tous les autres grands félins, primates, cétacés,
perroquets, crocodiles, cactus et orchidées, ainsi que plusieurs
plantes carnivores - soit quelque 30.000 espèces. Pour obtenir
les permis d'exportation nécessaires, il faut montrer qu'à
long terme, le commerce ne nuira pas à la survie des espèces.
Quant
à l'Annexe III, elle inclut les espèces soumises à
une réglementation dans un pays donné qui a besoin
de la coopération d'autres pays membres de la CITES pour
réglementer le commerce.
A
mesure que changent les effets du commerce et les niveaux de population,
des espèces animales ou végétales peuvent être
ajoutées aux annexes de la CITES, en être retirées,
ou être transférées d'une annexe à une
autre. Ces décisions doivent être fondées sur
les meilleures informations biologiques disponibles et sur l'efficacité
vraisemblable des différents types de réglementation.
Note aux journalistes: Pour plus d'informations, veuillez contacter
Michael Williams à +41-22-917-8242, +41-79-4091528 (téléphone
cellulaire), ou michael.williams@unep.ch. Consulter aussi le site
de la CITES sur Internet: www.cites.org
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