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COMMUNIQUE DE PRESSE
La CITES suspend le commerce
du lambi
Genève,
1er octobre 2003 – De plus en plus d'indices signalant l'effondrement
des stocks de lambis (Strombus gigas) – mollusque marin
dont la belle coquille rose peut atteindre 30 cm de long et peser
3 kg – partout dans les Caraïbes ont conduit la Convention
sur le commerce international des espèces de faune et de
flore sauvages menacées d’extinction (CITES) à
intervenir pour protéger cette ressource de la surpêche.
“Malgré la collaboration entre la CITES et les Etats
de l'aire de répartition du lambi qui existe depuis six
ans, l'espèce poursuit son déclin” a déclaré
le Secrétaire général adjoint de la CITES,
Jim Armstrong. “Nous ne pouvons pas voir cette ressource
naturelle précieuse disparaître et rester sans rien
faire; c'est pourquoi nous annonçons aujourd'hui que des
mesures énergiques vont être prises pour réguler
cette pêche et promouvoir son rétablissement.”
En réaction aux recommandations faites par la CITES en
août, deux des principaux Etats de l'aire de répartition
du lambi – la République dominicaine et le Honduras
– ont accepté de ne plus autoriser d'exportations
de tous spécimens du lambi à partir du 29 septembre
2003 jusqu'à nouvel avis. Ils se sont engagés à
appliquer pleinement un programme de rétablissement indiqué
par le Comité CITES pour les animaux, qui comporte des
recensements plus rigoureux et une réglementation plus
efficace du secteur national de la pêche.
Entre-temps, la CITES a constaté qu'Haïti, autre
Etat de l'aire de répartition du lambi, n'avait pas mis
en oeuvre les mesures recommandées dans le délai
convenu. En conséquence, le Comité permanent de
la CITES demande à tous les Etats Parties à la CITES
de suspendre l'importation de lambis d'Haïti tant que les
recommandations n'auront pas été appliquées.
Réparti dans toutes les Caraïbes, de la Floride
à la côte nord de l'Amérique du Sud, le lambi
vit dans les eaux territoriales d'au moins 36 pays et territoires
dépendants. L'espèce préfère les fonds
sableux en eau peu profonde et propre, mais on peut la rencontrer
jusqu'à 100 m de profondeur. En novembre 1992, Strombus
gigas a été inscrit à l'Annexe II de la CITES,
ce qui implique qu'un permis CITES doit être délivré
pour toute exportation.
L'homme pêche le lambi depuis des siècles pour
se nourrir mais depuis quelques décennies seulement, une
importante pêche commerciale s'est développée,
principalement pour répondre à la demande internationale
croissante de chair de ce mollusque. Aujourd'hui, l'espèce
est l'une des ressources de la pêche les plus importantes
dans les Caraïbes avec une valeur annuelle brute estimée
à 60 millions de dollars. Les coquilles sont elles aussi
utilisées; elles sont vendues aux touristes comme curiosités
et comme souvenirs. Elles sont cependant généralement
considérées comme un sous-product de la viande.
Ces dernières décennies, la forte pression de
la pêche a entraîné le déclin des populations
et l'effondrement des stocks avec pour conséquence la fermeture
totale ou temporaire de la pêche dans plusieurs pays ou
territoires dépendants: Antilles néerlandaises,
Bermudes (R.-U.), Colombie, Cuba, Florida (USA), Iles Vierges
américaines (USA), Mexique et Venezuela.
La surpêche qui répond à la demande intérieure
et internationale est le principal facteur de déclin de
ces populations; la dégradation de l'habitat en est un
autre, en particulier la perte d'importants habitats où
l'espèce se développe, comme les prairies marines
en eau peu profonde à proximité du rivage.
De 1993 à 1998, les débarquements totaux annuels
de chair de lambi ont été entre 6,500 t et 7,300
t. Depuis, ils sont tombés à 5,500 t en 1999, 4,500
t en 2000 et 3,100 t en 2001. Les plus gros débarquements
ont été faits à la Jamaïque, au Honduras
et en République dominicaine – chaque pas ayant déclaré
des débarquements d'un millier des tons de viande par an.
Les Etats-Unis (y compris Porto Rico et Iles Vierges américaines)
importent 78% de toute la chair de lambi; ils sont suivis par
la France (y compris la Guadeloupe et la Martinique) qui en ont
importé 19% de 1992 à 2001.
Le lambi est l'une des sept espèces de la famille des
strombidés qui vivent dans l'Atlantique ouest. Il est connu
sous différents noms dans son aire de répartition:
botuto ou guarura (Venezuela), cambombia (Panama), cambute (Costa
Rica), caracol abulon (Guatemala), caracol gigante (Honduras),
caracol pala (Colombie), caracol rosado (Mexique), carrucho (Porto
Rico), cobo (Cuba), et lambi (Hispaniola et Antilles françaises).
Note aux journalistes: Pour plus d'informations, contactez
Michael Williams à +41-79-409-1528 (portable), +41-22-917-8242
(bureau), ou michael.williams@unep.ch. Voir aussi www.cites.org.
or Juan Carlos Vasquez, CITES Media Officer, CITES Secretariat,
Geneva, Suisse tél. +41 22 9178156, courriel: juan.vasquez@unep.ch
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