L’ICCWC commence son travail

Le Groupe d’experts du Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages (ICCWC) s’est réuni la semaine dernière à Vienne (Autriche) à l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC).

Déclarée ouverte par M. Youri Fédotov, Directeur exécutif de l’UNODC, la réunion a permis au personnel spécialisé des cinq agences partenaires de planifier les activités de l’ICCWC à court et à moyen termes.

Les experts ont convenu d’élaborer un programme de travail complet qui tirera parti de l’expertise des agences et ciblera le crime organisé lié au commerce illégal d’espèces sauvages en danger d’extinction. Si une partie des efforts pourrait porter sur le commerce d’espèces-phares, comme les éléphants, les rhinocéros, le léopard des neiges et le tigre, le Consortium ne se consacrera pas uniquement à ces espèces. De même, bien que certaines voies spécifiques du trafic, telles que celles reliant l’Afrique à l’Asie, recevront une attention particulière, l’ICCWC opérera aussi au niveau mondial.

Le Consortium s’est engagé à réaliser les actions suivantes en 2011:

  • Tenir un séminaire de haut niveau impliquant les douanes et la police des 13 pays d’Asie où il y a encore des tigres dans la nature;
  • Aider l’équipe spéciale CITES sur l’ivoire et les rhinocéros en réunissant des cadres chargés de la lutte contre la fraude des pays affectés par le commerce illégal des parties et produits d’éléphants et de rhinocéros à concevoir des stratégies pour lutter contre ce commerce et faciliter l’échange de renseignements sur les personnes impliquées;
  • Fournir un appui sous forme de formation aux cadres des réseaux de lutte contre la fraude d’espèces sauvages créés récemment en Asie du Sud; et
  • Mettre la dernière main à des outils pour lutter contre la criminalité liée aux espèces sauvages et aux forêts, que les pays pourront utiliser pour évaluer leur réponse actuelle à ce type de criminalité (2011 étant l’Année internationale des forêts).

Quoi qu’il en soit, en 2011, le plus grand projet sera un programme visant à créer des unités de livraison contrôlée dans les pays affectés par le trafic d’espèces sauvages et par l’abattage illégal d’arbres. Dans une phase pilote, il permettra aux douanes, à la police et aux procureurs d’une vingtaine de pays d’Afrique et d’Asie de réagir rapidement en cas de chargements illégaux détectés lors de leur transport d’un pays à un autre et d’un continent à un autre. Le projet cherchera aussi à guider les agences nationale de lutte contre la fraude à suivre l’argent tout au long de la chaîne criminelle en ciblant les profits des groupes et des réseaux du crime organisé.

John M. Sellar, Chef l’appui à la lutte contre la fraude au Secrétariat CITES, qui a présidé la réunion de l’ICCWC, a déclaré ce qui suit: “Les experts se félicitent des opportunités offertes par le Consortium d’aider  les pays à traduire en justice les délinquants qui cherchent à voler les ressources naturelles de leur pays et à exploiter les communautés locales de certains pays parmi les plus pauvres. L’ICCWC est une tentative sans précédent de “normaliser” la lutte contre la criminalité en matière d’espèces sauvages en agissant avec les cadres pertinents dans l’ensemble du système judiciaire. Les CITES est fière et honorée de collaborer avec ses collègues des organisations internationales et intergouvernementales, qui apportent des décennies d’expérience et qui sont respectés dans le monde entier dans leurs domaines spécialisés.”


Lancé fors du Forum mondial sur le tigre qui s’est tenu à Saint-Pétersbourg (Fédération de Russie) en novembre 2010, l’ICCWC réunit le Secrétariat CITES, Interpol, l’UNODC, la Banque mondiale et l’Organisation mondiale des douanes.

La mission de l’ICCWC est d’ouvrir une ère nouvelle où la criminalité liée aux espèces sauvages devra faire face à une formidable opposition coordonnée alors qu’actuellement, le risque de détection et de sanction qu’elle encourt est bien trop faible. Pour atteindre ce but, l’ICCWC travaillera pour les milieux de la lutte contre la fraude, et avec eux, puisque ce sont leurs agents en première ligne qui traînent les criminels en justice.

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