Sanctions adoptées par les Nations Unies contre les groupes armés financés par le braconnage et le commerce illicite des espèces sauvages en République centrafricaine et en République démocratique du Congo

Le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies a adopté deux résolutions, 2134 (2014)et 2136 (2014), le 28 janvier et le 30 janvier 2014, respectivement, sur les sanctions adoptées par les Nations Unies à l’encontre des groupes armés en République centrafricaine et en République démocratique du Congo qui sont financés par l’exploitation illégale des ressources naturelles, y compris le braconnage et le commerce illicite des espèces sauvages.

Les individus et entités impliqués dans ces activités feront l’objet d’interdictions de voyage et leurs avoirs seront gelés.

Le Secrétaire-général de la CITES, M. John E. Scanlon, s’est félicité de l’adoption des deux résolutions, estimant qu’elles « mettaient encore plus en exergue l’implication de groupes armés et de réseaux criminels organisés dans ces crimes graves, la nécessité de sanctions sévères contre ceux qui prennent part à ces activités illicites extrêmement destructrices et l’importance d’une coopération régionale renforcée. »

Les Nations Unies ont lancé une mise en garde sur le fait que l’ivoire est devenu une source majeure de financement pour les groupes armés et que cela a conduit à la réduction du nombre d’éléphants en Afrique centrale.

D’après un rapportsur la République démocratique du Congo daté du 23 janvier 2014 publié par des experts des Nations Unies sous la cote S/2014/42, le massacre des éléphants dans ce pays « est l’une des conséquences les plus tragiques d’années de guerre et de mauvaise gouvernance. Stimulé par une demande croissante et l’augmentation des prix, le braconnage par des groupes armés et des réseaux criminels a décimé des populations d’éléphants dans toute la partie orientale de la République démocratique du Congo ».

Dans la résolution 2136 (2014), le Conseil de sécurité réitère également son appel à la République démocratique du Congo et aux Etats de la région des grands lacs de coopérer au niveau régional pour enquêter et combattre les réseaux criminels et groupes armés régionaux qui prennent part à l’exploitation illicite des ressources naturelles, y compris au braconnage et au trafic d’espèces sauvages.

Lors de sa 16e session (Bangkok, 3-14 mars 2013), la Conférence des Parties (CoP16) à la CITES a pris des mesures décisives pour s’attaquer à cet inquiétant pic dans l’abattage illicite de l’éléphant d’Afrique et de la contrebande de son ivoire.

Le Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages (ICCWC), une initiative menée en collaboration par le Secrétariat de la CITES, INTERPOL, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, la Banque mondiale et l’Organisation mondiale des douanes, contribue au renforcement des capacités des Etats et des réseaux régionaux à combattre les formes graves de criminalité liée aux espèces sauvages.