Intervention du Secrétaire général de la CITES lors de la 14e session du Sous-comité du commerce du poisson du Comité des pêches de la FAO

Intervention du Secrétaire général de la CITES lors de la 14e session du Sous-comité du
commerce du poisson du Comité des pêches de la FAO

Quatorzième session du Sous-comité du commerce du poisson

du Comité des pêches de la FAO (COFI-FT)

Bergen, Norvège, 24-28 février 2014

John E Scanlon, Secrétaire général

Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction 

 

Madame la Présidente, Mme Astrid Holtan, Directrice générale adjointe, Ministère du Commerce, de l’Industrie et des Pêches,

Honorables délégués, chers collègues.

Je tiens à vous remercier pour cette invitation à contribuer à vos délibérations sur le point 12 de l’ordre du jour, qui informe le Sous-comité des activités relatives à la CITES.

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La plupart d’entre vous connaissent maintenant bien la CITES, qui a été reconnue dans le document final de Rio +20, L’avenir que nous voulons, comme un « accord international se situant au carrefour du commerce, de l’environnement et du développement » et qui « favorise la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité ».

Depuis la semaine dernière, la CITES compte 180 parties avec l’entrée récente de l’Irak - et plusieurs autres États suivent actuellement le processus d’adhésion.

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Les relations CITES-FAO se sont progressivement renforcées au fil des années, notre collaboration étant très collégiale et productive depuis la CoP15 de la CITES en 2010.

Les Parties à la CITES apprécient grandement les avis d’expert de la FAO, et en particulier son avis sur les propositions d’inscription d’espèces aquatiques exploitées commercialement aux annexes de la CITES.

Les décisions prises l’année passée par les Parties à la CITES pour réglementer le commerce international de cinq espèces de requins et de toutes les raies manta par leur inscription à l’Annexe II assureront un commerce légal, durable et traçable de ces espèces, ce qui contribuera également à la réalisation des Buts mondiaux et des Objectifs stratégiques de la FAO, y compris en améliorant les moyens de subsistance durables pour les communautés rurales.

Ces nouvelles inscriptions, qui contribueront à atteindre à la fois les objectifs de la CITES et ceux de la FAO, signifient que les liens positifs existants entre la FAO et la CITES peuvent encore être renforcés et élargis.

Accompagné des cadres supérieurs de la CITES, j’ai rencontré le Directeur général adjoint de la pêche et de l’aquaculture, M. Árni M. Mathiesen et son équipe l’été dernier, et nous avons convenu de renforcer les relations FAO-CITES. Nous mettons désormais cela en pratique de façons diverses, en travaillant dans la perspective du 14 septembre, date à laquelle les nouvelles inscriptions aux annexes de la CITES entreront en vigueur.

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Le Secrétariat de la CITES a bénéficié d’un financement d’1,2 million d’euros de l’Union européenne pour soutenir ces nouvelles inscriptions de requins et de raies manta aux annexes de la CITES, et nous apportons une partie de ces fonds à la FAO – et aux consultants recommandés par la FAO - pour appuyer la mise en œuvre des décisions prises par les Parties à la CITES lors de la CoP16, et pour aider à réunir le secteur des pêches et la CITES dans les principaux pays pratiquant la pêche et le commerce des requins.

Cela comprend la tenue conjointe d’ateliers consultatifs régionaux sur l’évaluation des capacités d’application des nouvelles inscriptions d’espèces aquatiques aux annexes de la CITES - au Maroc au début du mois pour les États africains clés, et en Chine en mai de cette année pour l’Asie.

L’Amérique latine et les Caraïbes ainsi que l’Océanie ont déjà tenu leurs propres ateliers, organisés respectivement par le Brésil et l’Australie, pour évaluer leur préparation à appliquer les nouvelles inscriptions. La FAO et la CITES soutiendront les activités de suivi qui ont été convenues.

D’autres États et organisations de la société civile prévoient également une série d’ateliers, comme au Salvador, à Fidji, en Thaïlande, aux Émirats arabes unis et au Yémen.

Un effort collectif est actuellement en cours dans le monde entier pour aider les États à appliquer les décisions d’inscription de requins et de raies prises à la CoP16, ce qui est très encourageant.

Ces actions communes prolongent l’excellente coopération passée entre la CITES et la FAO sur les concombres de mer et le lambi, qui sont présentées dans vos documents, ainsi que le travail de la FAO sur le napoléon dans le Pacifique, qui a aidé les Parties à la CITES à s’acquitter de leurs obligations pour un commerce international légal, durable et traçable de cette espèce inscrite à l’Annexe II.

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En ce qui concerne les actions proposées dans vos documents, nous souhaitons respectueusement encourager le Sous-Comité à se concentrer sur trois questions principales que nous pensons être les plus importantes à la fois pour la FAO et pour la CITES, à savoir :

·         Renforcer les mesures de gestion des pêches existantes, renforcer les capacités nationales à délivrer des avis de commerce non préjudiciable et légal pour le commerce des espèces aquatiques exploitées commercialement qui sont couvertes par la CITES, y compris en soutenant une coopération plus étroite avec les ORGP, et avec une attention particulière portée aux espèces de requins et de raies nouvellement inscrites ;

·         Conseiller sur les propositions d’inscription à la CITES, en portant une attention particulière aux critères biologiques, et commenter également les aspects techniques pertinents, tels que la gestion de la pêche et le commerce international - et à cet égard, nous prions instamment et respectueusement la FAO lorsqu’elle formulera ces avis, de ne pas trop s’écarter des mécanismes opérationnels de la CITES car cela pourrait entraîner confusion et malentendus ;

·         Soutenir l’inclusion des requins inscrits aux annexes de la CITES dans le Système harmonisé de désignation et de codification des marchandises, qui a déjà été proposée par la FAO et qui peut être facilitée par notre Liste de contrôle CITES reposant sur une base de données pour réduire les erreurs et aider à l’identification.

Enfin, alors que subsistent différentes approches des critères d’inscription aux annexes de la CITES, ces différences n’ont pas entravé l’excellent niveau de coopération pratique qui existe actuellement entre la FAO et la CITES.

À l’approche de la CoP16, et à la CoP elle-même, les Parties à la CITES et leur Secrétariat ont réussi à accorder les différents points de vue existants. Cela nous a permis de progresser de manière positive et de nous concentrer sur des questions plus pragmatiques. Dans ce contexte, il est intéressant de noter que les avis d’expert de la FAO à la CoP16 ont abouti à la même conclusion que le Secrétariat pour six des sept propositions évaluées.

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Merci encore pour m’avoir donné cette occasion de m’adresser à vous. Le Sous-Comité peut compter sur notre entière collaboration pour poursuivre l’excellente relation qui est maintenant établie entre la FAO et la CITES sur ces questions.

À cet égard, nous tenons à remercier personnellement Johanne Fischer qui quitte la FAO pour de nouveaux horizons. Johanne a beaucoup contribué à établir de bonnes relations entre nous. Nous lui souhaitons bonne chance et espérons que son successeur pourra être nommé prochainement pour assurer la continuité.

Je vous remercie.