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3. Description du projet de système de suivi à long terme (MIKE)

 

Le système de suivi à long terme de la chasse illicite à l'éléphant serait établi sous les auspices de la CITES avec l'assistance technique de la CSE/UICN. Le système a pour objectif de promouvoir la collecte permanente des données nécessaires pour satisfaire les besoins suivants:

  • déterminer les tendances réelles de la chasse illicite à l'éléphant

  • déterminer l'évolution des tendances avec le temps

  • déterminer les causes de cette évolution dans le temps et

  • intégrer les analyses appropriées des informations obtenues avec celles d'ETIS afin d'aider les États de l'aire de répartition et d'autres Parties à la CITES à prendre des décisions.

    Avec un tel système, l'analyse dont il est question est complexe et suppose l'intervention de nombreux facteurs à différents niveaux et en différents lieux. Malgré les difficultés qui président à la collecte des données nécessaires et à la conduite des analyses requises, on considère que ces activités sont réalisables dans le cadre d'un système de suivi à long terme bien conçu, et spécifique à quelques sites. Les caractéristiques générales d'un tel système sont décrites dans le présent document.

    Le système MIKE proposé se fonde en priorité sur les capacités actuelles des organes de gestion des États de l'aire de répartition, des membres du GSEAf et du GSEAs et du personnel des ONG travaillant sur le terrain.

    3.1 Données requises

    Le système est conçu pour acquérir, compiler et traiter l'information pertinente. Les activités de collecte des données doivent, dans la mesure du possible, rassembler l'information requise sous forme systématique et normalisée (voir annexes 2 et 3).

    L'information nécessaire doit comprendre, sans pour autant se limiter à cela, des données sur:

  • les effectifs et les tendances des populations d'éléphants
  • les taux de mortalité
  • l'application des lois (recherche et dissuasion) du point de vue des budgets, du personnel, des véhicules et de l'équipement
  • d'autres facteurs extérieurs mesurables, à savoir:
  • présence ou cessation récente de troubles civils à l'intérieur ou à proximité du site ou dans les pays voisins
  • activités anthropiques en augmentation (par ex. dans le cadre de projets de développement à grande échelle ou de plans d'établissement)
  • autres activités illicites ou commerce d'autres biens illicites
  • efficacité des mesures d'application des lois et du système judiciaire
  • proximité du site à des frontières internationales
  • chasse illicite d'éléphants ou d'autres espèces de la faune sauvage dans les environs
  • degré de participation de la communauté aux activités de conservation
  • d'autres facteurs qualitatifs ou supplétifs tels que:
  • changements notables dans le comportement des éléphants ou dans leur structure de répartition
  • nombre de camps de braconniers trouvés à l'intérieur du site
  • renseignements recueillis localement
  • changements dans le profil des braconniers.
  • La réussite du système dépendra de comptages réguliers des éléphants vivants et/ou des carcasses dans les sites sélectionnés (voir annexe 3). Le recensement aura lieu, en moyenne, tous les deux ans afin de fournir des informations à jour à chaque session de la Conférence des Parties à la CITES. D'autres données sur les mesures de recherche et de dissuasion mises en place, les facteurs extérieurs et d'autres informations qualitatives ou supplétives seront rassemblées plus régulièrement afin que l'on puisse répondre de manière satisfaisante aux questions posées par les Parties.

    3.2 Choix des sites

    Toutes les données requises par MIKE seront rassemblées au niveau de sites particuliers plutôt qu'au niveau national. Ainsi, toute l'information infusée dans les analyses - y compris les données de comptage, les données sur la mortalité, les données sur l'effort de recherche et de dissuasion et sur d'autres facteurs extérieurs - sera étroitement associée à un site particulier.

    Le processus de sélection des sites en vue de la mise en œuvre de MIKE a été supervisé par le GSEAf et le GSEAs qui ont procédé par étapes. Pour l'Afrique, les membres du GSEAf ont proposé au moins un site et au plus trois pour chaque État de l'aire de répartition. Pour l'Asie, un site au moins par État de l'aire de répartition a été proposé. (Pour le Cambodge, où l'on ne sait rien de la situation actuelle des éléphants, aucun site n'est proposé). Ces sites ont ensuite été évalués en fonction d'un ensemble de critères conçus pour donner un échantillonnage équilibré et représentatif à l'échelle du continent (voir annexe 4).

    Les sites proposés ont été classés en fonction des critères suivants:

    • sous-région
    • forêt et savane
    • application, bonne et mauvaise, des lois
    • à l'intérieur et à l'extérieur d'aires protégées
    • avec ou sans conflit civil récent ou en cours à l'intérieur ou près du site
    • proximité ou éloignement par rapport à une frontière internationale
    • données disponibles avant 1990
    • population d'éléphants relativement importante pour la sous-région
    • avec ou sans histoire de chasse illicite dans la région
    • coopération du gouvernement
    • stabilité du personnel occupant des postes clés
    • responsabilité de la gestion du site incombant à un seul organisme.
    • adhésion à la Décision 10.1 et/ou à la Décision 10.2 de la CITES et
    • différents niveaux de participation communautaire à la conservation.

    Après classement des sites proposés, une équipe de statisticiens indépendante a conduit un processus de sélection finale transparent et impartial. Les sites proposés ont été numérotés pour préserver l'anonymat puis analysés en fonction des critères d'évaluation susmentionnés. Le recours à des techniques statistiques complexes garantit un niveau raisonnable de précision du plan d'échantillonnage proposé.

    Les trois scénarios sur lesquels repose MIKE correspondent à trois échantillonnages progressivement plus rigoureux et cependant représentatifs à l'échelle des États de l'aire de répartition.

    Comme il n'existait pas de données préalables sur les taux de variabilité à l'intérieur des sites et entre les sites, il est difficile de déterminer le degré de précision exact que fournira le système. Toutefois, la précision augmentera avec le temps et avec un échantillonnage permanent. À l'heure actuelle, on peut donner une estimation prudente de la précision comparative pour trois scénarios, comme suit:

    Scénario

    Nb de sites

    Précision de l'estimation

    Scénario 1

    23 sites

    90% de chances de détecter ~ 55% de changement

    Scénario 2

    38 sites

    90% de chances de détecter ~ 43% de changement

    Scénario 3

    60 sites

    90% de chances de détecter ~ 33% de changement

    Le scénario 3, qui offre à peu près deux fois la précision du scénario 1, est considéré comme préférable. Certes, une estimation plus précise des changements relatifs à la chasse illicite peut être souhaitable mais un scénario d'échantillonnage plus exhaustif serait prohibitif. Un scénario plus limité pourrait entraver toute capacité raisonnable de détecter d'importants changements ou de faire une analyse approfondie des points considérés.

    L'emplacement précis et l'identité des sites resteront strictement confidentiels car l'objectif entier du système pourrait être anéanti si leur identité était divulguée. Dans le pire des cas, des braconniers qui auraient accès à cette information pourraient délibérément éviter les sites sélectionnés ou fausser autrement les résultats de cette enquête à l'échelle d'un continent. Dans la mesure du possible, on a prévu des sites de remplacement, de valeur égale et choisis dans l'ensemble du groupe des sites proposés. Il est cependant important de remarquer que le choix d'un autre site pourrait compromettre l'équilibre représentatif global de l'échantillon. Par exemple, tout changement - par ajout ou par retrait d'un site - apporté dans une sous-région suppose de rééquilibrer l'ajustement des sites des autres sous-régions afin de préserver l'objectif et l'intégrité statistique du processus de sélection.

    3.3 Collecte et compilation des données

    Le processus de collecte des données sur la chasse illicite sur le terrain est complexe et dépend du type de site étudié, des types supplémentaires de données à rassembler et de la présence d'une capacité existante sur le terrain.

    Par exemple, pour établir la taille et les tendances des populations dans chaque site, il faudra avoir recours à l'éventail complet des méthodes de comptage parce que l'échantillon représentatif pour l'Afrique et l'Asie comprend des sites de savane, de forêt et d'habitats mixtes de taille variable et diversement accessibles. Pour les besoins de cette proposition, nous n'avons fait aucune hypothèse concernant le nombre requis ou la disponibilité d'équipes officielles chargées du comptage ou encore la nécessité de former de telles équipes là où il n'y en a pas encore. Le coût des enquêtes appropriées menées dans chaque site a simplement été calculé pour une fréquence régulière: tous les deux ans.

    Dans certains pays, par exemple le Kenya, l'Afrique du Sud et le Zimbabwe, des comptages réguliers et bien établis sont organisés par les organes de gestion en place pour un certain nombre de sites et pourraient contribuer à MIKE. On trouve généralement une telle capacité pour des sites de savane où l'on utilise des méthodes de comptage aérien. Mais pour beaucoup de sites, notamment les habitats forestiers, il faudra organiser les comptages selon les besoins et former des équipes spécifiquement dans ce but. Dans de tels cas, il sera peut-être nécessaire d'établir des équipes locales. Dans d'autres cas, il sera peut-être plus pratique d'établir des équipes formelles pouvant être partagées entre les sites d'un pays ou de plusieurs pays.

    Étant donné que MIKE interviendra principalement au niveau des sites où les données seront rassemblées, il faudra nommer un responsable pour chaque site, sans doute un employé actuel de l'organe de gestion gouvernemental ou d'une ONG travaillant dans le site qui pourra servir d'agent de liaison pour MIKE. Ce responsable sera chargé de rassembler toutes les données, sous forme normalisée, pour compilation et transmission au niveau suivant. Les données comprendront les résultats des recensements des populations d'éléphants ainsi que des données de suivi régulières, par exemple sur les activités de recherche et de dissuasion, les budgets, les facteurs extérieurs et autres informations qualitatives et supplétives. Le responsable de la collecte des données transmettra les données au niveau suivant de compilation afin qu'elles soient transférées au service central de traitement des données de MIKE. On estime que la personne en question devra consacrer, en moyenne, 50% de son temps à sa collaboration avec MIKE.

    Les responsables de la collecte des données pourront également participer à la logistique des études qui auront lieu tous les deux ans. Ce rôle suppose en particulier de :

    • participer aux études
    • se procurer l'équipement de terrain
    • rassembler toutes les données requises sous forme normalisée
    • former des assistants de terrain
    • faire rapport sur les résultats des comptages et des études dans le site;
    • compiler les données et assurer la liaison avec les compilateurs nationaux et sous-régionaux

    Pour les pays où l'on aura sélectionné deux sites ou plus, il se peut que l'on ait besoin d'un compilateur national. Cette personne sera membre du personnel de l'organe de gestion gouvernemental, membre du GSEAf/GSEAs ou employée d'une ONG active localement et ne sera pas nécessairement basée dans l'un des sites MIKE. Il sera, en outre, nécessaire d'avoir recours à une ou deux personnes supplémentaires pour aider à la compilation des données aux niveaux sous-régional et régional (dans le cas de l'Asie) pour la transmission des données et l'établissement de rapports au service central de traitement des données de MIKE. À chacun de ces niveaux - compilateur national, sous-régional et régional - la participation pourrait demander 25% du temps pour les activités en rapport avec MIKE. Ces postes sont calculés sur la base de travaux de consultation ou de détachements.

    Le compilateur national, sous-régional ou régional aura les fonctions suivantes :

    • planifier et concevoir des protocoles nationaux, sous-régionaux ou régionaux de collecte des données
    • conseiller et superviser les responsables de la collecte des données pour MIKE dans les sites
    • former le personnel des sites : chefs et membres des équipes de comptage et d'étude des sites, etc.
    • aider à coordonner et organiser les activités de comptage et d'étude des sites
    • compiler les données pour le pays, la sous-région ou la région
    • transmettre les données au service central de traitement des données
    • gérer les budgets
    • se procurer l'équipement de terrain et de bureau; et
    • assurer la liaison avec le service central et les autorités pertinentes des États de l'aire de répartition.

    Le cœur du système sera un Service central d'appui technique et de traitement des données dont les fonctions sont décrites ci-après. Il aura notamment pour rôle d'assurer la formation et l'appui technique aux responsables de la collecte des données et compilateurs mentionnés ci-dessus, aux niveaux régional, sous-régional, national et au niveau des sites. Il assurera également la coordination globale de l'ensemble du processus de comptage et de collecte des données et se chargera des fonctions d'établissement des rapports pour MIKE. L'organigramme est présenté à la Figure 1, ci-dessous.

    Figure 1. Organigramme de MIKE

    3.4 Service d'appui technique et de traitement des données

    En vue de l'établissement et de la mise en place de MIKE, la CSE/UICN devra créer un service spécial, en collaboration avec les secrétariats du GSEAf et du GSEAs, afin de coordonner et de superviser les aspects techniques de l'élaboration et du fonctionnement du système de suivi à long terme. Il s'agira d'un Service permanent d'appui technique et de traitement des données, situé en un lieu facilement accessible et permettant une bonne communication avec les compilateurs régionaux, sous-régionaux et nationaux et avec les responsables basés dans les sites qui participent à la collecte et à la compilation des données. Étant donné que le Secrétariat du GSEAf et la Base de données sur l'éléphant d'Afrique sont depuis longtemps basés à Nairobi, cette ville est proposée comme lieu d'accueil de ce service.

    Le service emploierait le personnel suivant :

    • Chef de service
    • Technicien de l'information
    • Assistant.

    Les fonctions du service seraient les suivantes:

    • Coordonner la mise en œuvre de MIKE en Afrique et en Asie
    • élaborer des protocoles de collecte et de compilation des données et des procédures de gestion de l'information pour les données sur la chasse illicite à l'éléphant à partir d'un échantillon représentatif de sites, dans tous les États de l'aire de répartition des éléphants en Afrique et en Asie
    • superviser l'analyse statistique et l'interprétation technique des données relatives à la chasse illicite à l'éléphant (comprenant des consultations avec les membres du GSEAf et du GSEAs)
    • apporter un concours technique et une aide en matière de renforcement des capacités aux États de l'aire de répartition, entre autres, en vue d'élaborer des programmes de suivi permanent sur le terrain et de mettre en place une capacité analytique au niveau national et au niveau des sites
    • fournir des rapports réguliers à la CITES et aux pays participants et répondre aux demandes officielles d'information
    • veiller à la pleine intégration avec ETIS
    • évaluer régulièrement le système MIKE et
    • recommander et appliquer les changements et les améliorations selon les besoins.

    3.5 Renforcement des capacités

    Un des objectifs vitaux du programme est de faire en sorte que le personnel des États de l'aire de répartition et le personnel basé dans les sites possèdent les compétences nécessaires pour garantir l'efficacité, la pérennité et, si possible, l'expansion du système MIKE. C'est la raison pour laquelle un programme de renforcement des capacités et de formation a été intégré au système. Ce programme serait coordonné par le Service proposé d'appui technique et de traitement des données à l'aide d'une part, de ses propres ressources et d'autre part, d'experts conseils.

    Le but fondamental du programme de renforcement des capacités serait de mettre au point un programme de formation ainsi que des ateliers pour les compilateurs et les responsables de la collecte des données dans les sites qui auraient lieu, une fois par an, dans chacune des quatre sous-régions. Un des éléments clés serait la «formation d'instructeurs» afin d'obtenir un effet boule de neige, c'est-à-dire que les participants seraient suffisamment qualifiés pour mener leurs propres ateliers au niveau national ou au niveau du site.

    La mise au point d'une méthode cohérente et normalisée de collecte des données serait un objectif important. Les méthodes de comptage et d'étude sont bien connues et ces compétences doivent être largement partagées entre tous les États de l'aire de répartition. Une des fonctions importantes du Service d'appui technique et de traitement des données, en marge du programme officiel de formation, serait de fournir des avis techniques, par exemple sur les méthodes et la logistique des études.

    3.6 Intégration de l'information de MIKE et de ETIS

    Les données rassemblées pour MIKE devront être intégrées au Système d'information sur le commerce des éléphants (ETIS) géré par TRAFFIC. Il serait bon d'utiliser des méthodes d'analyse semblables pour chacun des deux systèmes et de faire participer les mêmes experts à l'analyse des données. L'UICN et TRAFFIC devraient collaborer au choix d'analystes indépendants et mettre au point des mécanismes garantissant que chaque exercice bénéficie le plus possible de la mise en commun de l'analyse des données et des problèmes au sein de chaque système. Pour pouvoir finalement interpréter ce qui arrive aux éléphants et les tendances du commerce avec le temps, il faut pouvoir interpréter les analyses conduites au sein de chaque système. Tout rapport final au Comité permanent de la CITES ou à de futures conférences des Parties devrait comprendre une interprétation conjointe de l'information issue de chaque système.

    Afin de garantir l'intégration et le fonctionnement le plus efficace possible des deux systèmes, la responsabilité de la supervision des deux systèmes ainsi que de la réalisation de tout rapport commun d'analyse et d'interprétation incombe à l'UICN et à TRAFFIC dans leurs Secrétariats internationaux respectifs. Étant donné que TRAFFIC fait officiellement partie du Programme mondial de l'UICN et qu'il existe déjà des liens de travail étroits entre les Secrétariats pour les questions relatives à la CITES, une telle intégration devrait être efficace et réelle.

    3.7 Établissement des rapports et audit

    Les résultats escomptés du système d'information sur le suivi de la chasse illicite devraient comprendre:

  • des rapports à la CITES - rapports réguliers et spéciaux au Secrétariat de la CITES et, selon les besoins, au Comité permanent de la CITES ou à la Conférence des Parties
  • des rapports au niveau des sites ou des rapports nationaux - rapports nationaux aux États de l'aire de répartition pour les aider à comprendre leur propre situation
  • des rapports aux bailleurs de fonds - rapports réguliers tels que requis par les bailleurs de fonds et
  • la liaison avec le système ETIS de TRAFFIC.
  • 3.7.1 Structure d'établissement des rapports

    La structure d'établissement des rapports pour MIKE est décrite à la Figure 2 ci-dessous.

    3.7.2 Audit indépendant

    Investir les mêmes organisations de la responsabilité d'élaborer les systèmes de suivi et d'interprétation des informations rassemblées fait légitimement craindre que l'information présentée puisse être biaisée et fausser ainsi le processus décisionnel de la CITES. Néanmoins, l'UICN et TRAFFIC sont considérées comme les principales organisations internationales ayant à la fois l'expertise et la perspective voulue sur les questions relatives à la CITES et aux éléphants, compétences indispensables pour assumer la responsabilité des deux systèmes. Plusieurs mesures devront être prises pour garantir l'objectivité et la transparence du processus, en particulier l'organisation d'un audit indépendant du système dans son ensemble.

    Figure 2. Structure d'établissement des rapports pour MIKE

    4. Calcul des coûts
    2. Historique
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