![]() |
Programmes
|
||
|
|
|||
Notes sur les criteres CITES, pour les plantes en particulier*
Notes accompagnant les quatre publications suivantes:
a. M. Sandison: IUCN threat categories and the criteria for the amendment of the CITES Appendices. Mededelingen no 33 (1998), Nederlandse Commissie voor Internationale Natiirbescherming-International seminar on species conservation: 59-68;
b. Sara Oldfield: the use of IUCN red list categories and criteria for trees. Mededelingen 33, Ned. Comm. IUCN: 69-74;
c. M. Sandison and H.N, McGough: A validation of draft CITES criteria against selected plant taxa (Traffic Bulletin 14(3): 92-98, 1994);
d. WCMC, 1998: Contribution to an evaluation of tree species using the new CITES listing criteria, Cambridge, 440 p.
Ces notes ont été rédigées au cours de la révision de la situation de Ceropegia spp. et de Frerea indica faite à la demande du Comité pour les plantes en prévision de la CdP 11.
Critères d'inscription à l'Annexe I
Concernant Ceropegia spp. et Frerea indica (Asclepiadaceae), je n'ai étudié que les taxons inscrits à l'Annexe II de la CITES. Toutes les publications citées (a, b, c et d), donnent une idée raisonnable de la manière dont fonctionnent actuellement les critères d'inscription à l'Annexe I pour les plantes.
En commentant l'application des critères en vue de l'amendement de l'Annexe I, Sandison note ceci:
''..il y a (d'autres) éléments à prendre en compte en appliquant les critères d'amendement des annexes CITES, notamment le "principe de précaution", l'inscription en tant qu'"espèce semblable" et la situation de l'espèce dans le commerce international". En étudiant diverses plantes, outre ces trois éléments, Sandison voit divers "points clés":
i. L'existence de suffisamment d'informations détaillées sur le nombre d'individus des populations et sous-populations d'espèces de plantes relativement peu communes (critère A, Annexe I).
ii. Dans certains cas, des plantes ne pouvant pas être évaluées sur la base du critère A faute de données suffisantes ont pu l'être sur la base du critère B car il y a parfois des informations suffisantes sur l'aire de répartition d'une des populations.
iii. Si le critère C peut paraître s'appuyer sur des observations subjectives, il est indispensable de pouvoir formuler une hypothèse éclairée, fondée sur l'expérience de terrain de spécialistes reconnus, car dans bien des cas, les informations requises pour l'inscription sur la base d'autres critères sont incomplètes. On a ici un bon exemple de la nécessité d'une certaine souplesse dans la structure des critères.
iv. Le critère D peut être utile dans le cas d'espèces qui, suite à la protection conférée par leur inscription à l'Annexe I, ont commencé à se rétablir du fait de l'augmentation de leurs effectifs.
Sandison analyse les trois cas relatifs à des cactus sur la base de chaque critère et aboutit aux conclusions et recommandations suivantes:
1. Tous les critères ne sont pas applicables ou utiles pour tous les taxons.
2. Le critère B est en général plus facile à utiliser que le critère A car les données nécessaires pour appliquer le critère B sont plus facilement disponibles pour les espèces végétales.
3. Dans bien des cas, les hypothèses de scientifiques connaissant bien le terrain sont des données très importantes même si elles impliquent une certaine subjectivité qui n'est peut-être pas l'idéal compte tenu des buts des critères.
4. Le critère D pourrait être vu comme renforçant le "principe de précaution".
5. Contrairement à l'UICN, les Parties à la CITES n'ont pas jugé approprié d'inclure des valeurs chiffrées dans les critères eux-mêmes. Bien que les valeurs chiffrées aient fait l'objet d'un large débat tout au long du processus, leur inclusion augmente grandement la facilité avec laquelle les critères peuvent être appliqués.
6. Les critères peuvent être appliqués à toutes les plantes, y compris aux cactus, aux plantes carnivores, aux orchidées et aux arbres.
7. Quand on les applique à une gamme de taxons végétaux, les valeurs chiffrées passent étonnamment bien le test. Leur inclusion est importante si on la considère dans l'optique de réduire la subjectivité.
8. Les critères augmentent effectivement la transparence des décisions, ne nécessitent pas des données globales et tirent le meilleur parti des informations disponibles; l'adoption d'une série de critères pour tous les taxons permettrait de comparer facilement les taxons entre eux.
Critères d'inscription à l'Annexe II
Comme le note Oldfield dans sa contribution au CWG1, les termes utilisés dans les critères d'inscription à l'Annexe II ne sont pas définis avec précision, ce qui rend très difficile l'application de ces critères.
i. Elle commente l'expression "avenir proche", qui est vague, et conteste la situation commerciale de plusieurs essences produisant du bois d'œuvre. Une évaluation la situation des deux taxons d'Asclépiadacés révisés pouvait très bien être faite – mais pas pour les espèces nouvellement décrites, dont la demande par les amateurs est possible mais incertaine.
ii. Le critère Bi inclut une expression vague – "longue période" – qu'il faudrait définir.
iii. Oldfield note qu'il a été difficile de faire une distinction entre les critères Bi et Bii en évaluant les espèces d'arbres. Pour la plupart des taxons d'Asclépiadacés révisés, le commerce ne pose pas de problème – pas même pour les taxons rares ou menacés – car il porte sur des spécimens reproduits artificiellement. Pour ces taxons, la discussion a porté principalement sur les espèces rares, dont les spécimens commercialisés ont été reproduits artificiellement. Il y a eu divergence d'opinions sur le commerce supposé ou attendu d'individus prélevés dans la nature pour les amateurs spécialisés.
iv. Oldfield note que pour les arbres, il est difficile de déterminer s'il y a suffisamment d'informations disponibles pour pouvoir prendre une décision sur l'application des critères. Pour les Asclépiadacés, il y avait en général assez de données; cependant, il y a parfois eu des divergences entre les spécialistes quant aux données sur les menaces.
v. Parmi les taxons que j'ai révisés, certains, dont la population a subi un déclin d'au moins 20% sur trois générations, pouvaient être classés dans la catégorie "Vulnérable" de l'UICN (critère A de la CITES). Pour les arbres, un tel déclin peut être observé pour de nombreux taxons en raison de la déforestation. C'est également vrai pour de nombreuses autres espèces végétales des forêts (sub)tropicales, tels que les taxons d'Asclépiadacés révisés. Pour certains de ces taxons, la consommation locale peut également être un facteur important.
vi. Oldfield note que pour les arbres, il a été difficile de trouver des données pertinentes sur la régénération, le taux de croissance, la spécificité de l'habitat et la densité de population, et que c'est également vrai pour la plupart des autres espèces végétales – la plupart des orchidées, par exemple.
Oldfield note que les critères souples ouvrent la porte à des divergences d'interprétation considérables; cette opinion conforte la conclusion de Sandison selon laquelle l'inclusion de valeurs chiffrées contribue à une application correcte des critères. D'un autre côté, Sandison souligne que les critères actuels (appliqués à l'Annexe I) sont applicables aux arbres (et aux autres plantes), et que l'adoption d'une série de critères pour tous les taxons faciliterait la comparaison.
Comme l'indique Oldfield, il y a peu d'informations détaillées disponibles permettant l'application des critères aux plantes – non seulement aux espèces produisant du bois d'œuvre, mais à la plupart des taxons végétaux. Pour la plupart des plantes herbacées, des plantes bulbeuses, des plantes grimpantes, des broussailles et des espèces d'arbres ne produisant pas de bois d'œuvre, les informations sont limitées aux données générales sur le commerce et aux informations tirées des flores locales et de celles obtenues auprès de spécialistes du terrain.
| Plan du site | Recherche | Contactez-nous | Accueil |