Système de suivi à long terme de l'abattage illicite d'éléphants (MIKE)


Réunion préparatoire de mise en œuvre en Afrique de l'Ouest

Accra, 15 au 17 Décembre 1999

Préambule

Cette réunion a été facilitée par Dr Holly Dublin, Présidente du Groupe de Spécialistes de l'Eléphant d'Afrique (GSEAf), le secrétariat de la CITES et le Bureau régional de l'UICN pour l'Afrique de l'Ouest. Elle a été rendue possible grâce au concours financier du Comité Néerlandais pour l'UICN et la CITES. Elle avait pour objet de fournir des informations mises à jour sur le développement et l'évolution du système de suivi de l'abattage illégal des éléphants (MIKE) et d'examiner la possibilité de la mise en œuvre d'un tel système en Afrique de l'Ouest. Tous les Etats de l'aire de répartition de l'éléphant en Afrique de l'Ouest, à l'exception du Niger et de la Sierra Léone, ont pris part à cette rencontre qui s'est déroulée du 15 au 17 Décembre 1999 à l'hôtel Bayview à Accra..

1. Cérémonie d'ouverture

Le Directeur du Département de la Faune du Ghana, Dr Nick Ankudey a souhaité la bienvenue aux participants et a réitéré la disponibilité des autorités Ghanéennes pour soutenir le processus MIKE. Il a fait l'historique de la situation qui a abouti au déclassement des populations d'éléphants des trois pays d'Afrique Australe (Namibie, Botswana, Zimbabwe) et les mesures prises par la CITES pour le suivi de l'impact de ce déclassement sur les autres populations d'éléphants du continent, notamment à travers le système d'information sur le trafic d'éléphant (ETIS) et le système de suivi de l'abattage illégal des éléphants (MIKE). Il a relevé les difficultés de gestion des petites populations d'éléphants fragmentées, caractéristiques des populations d'Afrique de l'Ouest et a terminé en souhaitant plein succès aux travaux de la présente rencontre. Le bureau Régional de l'UICN pour l'Afrique de l'Ouest, représenté par Arzika M. Sani, après avoir présenté l'équipe de l'UICN, s'est félicité de la tenue d'une telle rencontre et a souhaité qu'elle constitue un cadre privilégié d'échanges et de renforcement mutuelle autour du MIKE. Il a rappelé les préoccupations de l'UICN dans la conservations et l'utilisation des ressources naturelles ainsi que les fondements de MIKE. Le secrétariat de la CITES par la voix de Dr Malan Lindeque, a remercié l'UICN, le GSEAf et le Gouvernement du Ghana pour l'ensemble des efforts ainsi accomplis pour l'organisation de la rencontre. Il a également situé le cadre de la réunion et a renouvelé son soutien pour la poursuite des efforts déjà consentis pour le développement de MIKE. La présidente du GSEAf, Holly Dublin a situé le contexte de la réunion comme étant une suite des trois dialogues des Etats de l'aire de répartition de l'éléphant d'Afrique. Cette séance s'est poursuivie par la présentation des participants et l'examen du premier point suivant.

2. Présentation et discussion sur la CITES

Dr Malan Lindeque, au nom du secrétariat de la CITES, a fait un bref rappel historique sur la CITES, notamment ses conditions d'adoption, ses objectifs et la situation actuelle de ses membres. Il en outre mis l'accent sur l'importance des législations nationales, comme élément de mise en œuvre de la CITES et qui permet de classer les pays en trois grandes catégories selon le niveau de satisfaction des exigences de la convention. Il a enfin souligné que ce sont les discussions autour de la gestion des éléphants qui ont permis d'attirer l'attention sur les autres espèces, notamment le perroquet gris, le python royale, et conduit à des décisions importantes à la 10ème conférence des parties. Parmi ces décisions importantes, on note l'autorisation de vente expérimentale d'ivoire en une seule cargaison et sous conditions, accordée à certains pays d'Afrique Australe (Zimbabwe, Botswana, Namibie). De manière générale, il a encouragé l'ensemble des pays à procéder à l'enregistrement de leurs stocks d'ivoire, remplir et maintenir des fiches d'enregistrement de l'ivoire et à fournir des efforts nécessaires en vue de mettre en place des législations adéquates. En ce qui concerne l'enregistrement de stocks d'ivoire, le Coordinateur adjoint de la région africaine a encouragé certains pays qui le désirent, d'entrer en contact avec la Côte d'ivoire ou la Namibie afin d'obtenir les conseils nécessaires sur la procédure à suivre.

Suite à cette présentation, certains délégués ont demandé des informations sur les mécanismes mis en place par la CITES pour assister les pays qui sont dans le besoin pour mettre en place des législations nationales adéquates. Il a été particulièrement demandé à la CITES de fournir une assistance focalisée sur les pays qui ont des législations de troisième catégorie. Les participants ont également sollicité auprès de la CITES des informations sur la situation actuelle de la vente non commerciale pour les 14 pays qui ont eu à enregistrer leurs stocks d'ivoire. Des questions ont été également posées par les participants sur les synergies qui existent entre la CITES et les autres conventions.

En réponse, le secrétariat de la CITES a relevé que certaines organisations pouvaient également appuyer les Etats dans le cadre de la mise en place des législations. Les Etats ont été donc encouragés par le secrétariat à développer des contacts dans ce sens. Pour ce qui concerne les fonds d'affectation, le secrétariat a indiqué que très peu de réponses ont été reçues à la suite des requêtes adressées au donateurs. Il a invité les pays à réfléchir sur d'autres manières de mettre en place des fonds d'affectation qui ne passent pas nécessairement par le biais des donateurs. Le secrétariat a donné un exemple de fonds fiduciaires, constitués par des revenus générés par la faune en Afrique Australe. Relativement à la synergie avec les autres conventions, le secrétariat a donné l'exemple des relations qu'il entretient avec la convention sur la diversité biologique à travers laquelle un partenariat est possible.

3. Présentation et discussion sur le Système d'Information du Trafic de l'Eléphant (ETIS)

Dr Holly Dublin a d'abord présenté le Système d'information sur le commerce de l'éléphant (ETIS), sa structure initiale (BIDS) et actuelle (ETIS). La Banque de Données de l'Ivoire Illégal (BIDS) était le système utilisé par TRAFFIC pour suivre le commerce de l'ivoire en relation avec les parties et la CITES. BIDS a été évalué en 1992 et une des reproches importantes formulées à l'endroit de ce système réside dans la faible implication des parties. L'établissement de ETIS conformément à la résolution 10.2 de la COP/CITES vise à corriger ces insuffisances à travers l'établissement d'un nouveau système. ETIS apparaît donc comme une version améliorée de BIDS qui intègre notamment les modèles de collectes de données, et formulaires de saisies à partir desquels CITES reçoit les informations indispensables. Dr Holly a par la suite décrit de manière détaillée la structuration de ETIS, notamment ses différentes composantes actuelles, les modèles de collecte des données, les formulaires de saisies, ainsi que les relations que ce système entretient avec la CITES, notamment du point de vue de la communication des informations et de l'élaboration des rapports nationaux sur la base des saisie-confiscations.

Dr Holly a également décrit les types de rapports nationaux et présenté le contenu de ces rapports. Elle a indiqué des détails à inclure dans ces rapports, relatifs aux informations sur les saisis, les stocks, la gestion de l'information et diverses autres informations.

Les participants ont ensuite posé certaines questions portant principalement sur la capacité de TRAFFIC à conduire des enquêtes internationales au niveau des pays, et à ETIS de donner les tendances du commerce de l'ivoire à la prochaine conférence des parties à la CITES ; l'enregistrement exhaustif des stocks d'ivoire privés et gouvernementaux et son importance ; l'ouverture d'un bureau de TRAFFIC en Afrique de l'Ouest ; la transmission des rapports nationaux sur les saisis en indiquant que la non transmission de rapport signifie une absence d'information à communiquer ; Certains délégués ont relevé dans leurs commentaires, que les procédures d'adoption des textes législatifs dans leur pays prennent énormément du temps et expliquerait les lenteurs dans l'actualisation de la législation ;

Répondant à ces interrogations, Dr Holly a d'abord souligné que TRAFIC travaille sur la base des informations fournies par les parties dans la mesure où ETIS dépend largement des informations provenant des Etats, ce qui souligne toute l'importance des formulaires transmis au secrétariat. Ces formulaires ont été mis à la disposition de toutes les parties en 1998.

Par contre, en raison de certaines contraintes financières, l'ouverture d'un bureau de TRAFFIC en Afrique de l'Ouest, ne peut être une considération à courts termes. Elle a également relevé la difficulté pour ETIS, compte tenu de ses possibilités actuelles, de fournir des indications précises sur les tendances du trafic de l'ivoire à l'occasion de la prochaine conférence des parties à la CITES, cela en raison de l'insuffisance des données disponibles. Se référant en outre à la décision conf 10.2, elle a souligné l'importance de l'enregistrement et du suivi des stocks d'ivoire détenus par les particuliers. Chaque pays doit suivre de près les stocks des privés, stocks « dangereux » qui alimentent le commerce illicite de l'ivoire ainsi que la nécessité d'exercer un certain contrôle sur ce commerce en en Afrique de l'Ouest. En outre, l'absence d'informations ou de rapports peut également signifier une insuffisances dans les efforts consentis pour obtenir ces informations et que TRAFFIC travaille actuellement pour contourner cet obstacle.

4. Présentation et discussions sur le Système de Suivi de l'Abattage Illégal des Eléphants (MIKE)

Cette présentation introductive a été faite par Dr Holly Dublin qui a d'abord rappelé que l'établissement de MIKE est une recommandation spécifique de la 10ème Conférence des Parties de la CITES, dont la conception a été confiée au secrétariat de la CITES qui a eu la possibilité de collaborer avec l'UICN pour ce qui concerne les aspects techniques relatifs à cet exercice. Elle a également fait le point sur les différentes étapes du processus jusqu'à l'adoption du système proposé, par le Comité Permanent de la CITES lors de sa dernière session en Février 1999. Ce système vise à mesurer les tendances (augmentation, diminution) de l'abattage illégal des éléphants et à apprécier les facteurs qui influencent ces tendances. Au plan technique, elle a décrit les trois scénarios possibles pour MIKE. Le scénario qui a été finalement retenu basé sur les termes de la résolution prise par la conférence des parties est un scénarios intermédiaire qui a permis l'établissement de 45 sites en Afrique et 15 en Asie. Le choix des sites (16 sont retenus en Afrique de l'Ouest) se fonde sur un échantillonnage et des critères tels que les modes de gestion, le niveau d'application de la loi, la situation géographique des sites, et la disponibilité des données. Le type de données à collecter sur les sites MIKE sont principalement le nombre d'éléphants, les tendances, le taux de mortalité et l'évaluation de l'effort dans l'application de la loi.

Elle a enfin insisté sur l'importance des capacités d'analyse des données en excluant les fausses conclusions, notamment l'appréciation objective des interactions entre découvertes des carcasses et efforts déployés dans la surveillance, ainsi que la nécessité de contenir certaines activités telles que l'exploitation forestière, la création des routes qui ont un impact direct sur l'habitat.

Certains participants se sont interrogés sur l'importance des moyens nécessaires pour assurer un tel suivi des éléphants, moyens de déplacement, de communication et de contrôle. Ces moyens sont également limités pour permettre le dédommagements et les compensation indispensables pour la gestion des conflits hommes/éléphants.

En réponse, Dr Holly a proposé d'analyser les activités qui peuvent être entreprises pour l'instant, en attendant les perspectives qui seront offertes par MIKE. Pour ce qui concerne les équipements, MIKE a tenu compte de ce volet et c'est ce qui a contribué à augmenter considérablement le montant du budget proposé. Relativement au dédommagements des dégâts engendrés par les conflits homme/éléphants, les solutions de dédommagements préconisées pour aller dans le sens de telles compensations ne paraissent pas appropriées du fait justement de l'insuffisance des ressources disponibles au niveau des Etats.

En complément, Dr Malan Lindeque a rappelé le mécanisme existant avant l'adoption de MIKE, également basé sur des fiches de collecte de données dont le modèle a été transmis aux parties concernés. Il a cependant regretté le faible niveau de transmission des informations attendues par le secrétariat CITES. Relativement à la stratégie d'implantation de MIKE, l'approche phase pilote retenue a permis le démarrage de certaines initiatives en Afrique australe et centrale ainsi qu'en Asie. Des contacts sont en cours avec certains donateurs en vue de la mise en place de phases similaires en Afrique de l'Ouest. IL a porté à la connaissance des participants de la création d'un petit comité par le comité permanent de la CITES pour la mise en œuvre du MIKE. Ce petit comité est supervisé par l'Arabie Saoudite. Il a indiqué que beaucoup de progrès ont été réalisés et il est attendu que le programme Afrique de l'Ouest démarre incessamment, tout en soulignant que le seul obstacle demeure la question des financements.

Répondant à la question sur la mobilisation des ressources financières pour le démarrage du programme, Dr Malan a relevé que la CITES préfère d'abord s'appuyer sur les efforts propres des Pays qui sont les auteurs de ces différentes résolutions, avant d'approcher les donateurs pour obtenir des appuis supplémentaires. Des contacts sont également en cours avec des mécanismes comme le GEF.

5. Objectifs et résultats attendus de la réunion

Les éléments suivants ont été présentés et acceptés par l'ensemble des participants.

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Améliorer le niveau de compréhension du processus MIKE

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Echanger sur l'identité des sites MIKE en Afrique de l'Ouest

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Identifier d'autres facteurs qui affectent l'abattage illégal des éléphants en Afrique de l'Ouest

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Mesurer les efforts développés pour l'application de la loi

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Identifier d'autres besoins pour le développement de MIKE

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Etablir une liste des compétences techniques disponibles au niveau des ONG, des organisations scientifiques, des programmes en cours, des donateurs, etc.

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Identifier les principaux besoins en formation à tous les niveaux

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Identifier les disponibilités des ressources des gouvernements au niveau infra structurel, humain, et autres

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Identifier les besoins additionnels (techniques, humain, matériel et idées devant faire l'objet de ressources additionnelles)

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S'accorder sur le mécanisme de coordination au niveau sous-régional

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S'accorder sur les prochaines étapes

6. Stratégie de conservation des éléphants en Afrique de l'Ouest

Introduisant cette partie, Holly Dublin a rappelé que l'élaboration de cette stratégie est une initiative des membres du Groupe de Spécialistes de l'Eléphant d'Afrique, principalement les membres d'Afrique de l'Ouest, à la rencontre de Ouagadougou en Janvier 1998. Cette initiative s'est concrétisée à travers une rencontre des experts d'Afrique de l'Ouest tenue à Abidjan du 22 au 26 Février 1999 et qui a défini le cadre logique de la stratégie sous-régionale de gestion des éléphants en Afrique de l'Ouest.

Dr Richard Barnes a présenté les éléments essentiels de cette stratégie telle qu'elle a été définie à la rencontre d'Abidjan en Février 1999. Elaborée pour une durée de dix ans, cette stratégie comprend un but et trois objectifs principaux  qui sont:

  • But : Garantir la conservation des éléphants et de leurs habitats en Afrique de l'Ouest.

  • Objectif 1 : Evaluer le statut des éléphants en Afrique de l'Ouest.

  • Objectif 2 : Maintenir et accroître là ou cela est possible la population d'éléphants.

  • Objectif 3 : Améliorer l'habitat des éléphants en Afrique de l'Ouest.

Conformément aux orientations retenues, l'UICN facilitera la prise en compte des observations éventuelles ainsi que l'adoption de ce document par les différents pays de la sous-région.

7. Connaissances actuelles sur la situation du braconnage en Afrique de l'Ouest

Les discussions sur ce point ont été organisées à travers un tour de table durant lequel les participants ont successivement donné des informations sur l'évolution du braconnage dans leur pays pendant les deux dernières années. Cet exercice visait à apprécier la tendance du braconnage dans chacun des pays de l'Afrique de l'Ouest à partir des informations fournies par les délégués présents à cette rencontre.

A travers les échanges, les participants ont souligné que le braconnage des éléphants prend une allure inquiétante dans les différentes zones de distribution de l'espèce, à l'exception du Gourma malien où, en raison de certaines considérations culturelles, le braconnage ne constitue véritablement pas une menace importante pour les éléphants. Les causes majeures de cette recrudescence du braconnage seraient entre autres, l'instabilité politique dans la région et le développement des conflits homme- éléphant. Toutefois, les causes précises du braconnage ne sont pas maîtrisées.

Abordant la question du commerce de l'ivoire, certains pays ont indiqué que l'ivoire se vend à l'intérieur de leur pays sur la place des marchés. L'ivoire vendu proviendrait d'autres régions du continent, notamment d'Afrique centrale ou ailleurs. De même, il est ressorti que certaines villes en Afrique de l'Ouest telle que Kano au Nigeria et Accra au Ghana sont devenues des centres de transit de l'ivoire qui alimente le commerce international. A la lumière de ces constats, le secrétariat de la CITES a réitéré son appel pour la transmission des informations et l'enregistrement des stocks d'ivoire ainsi que renforcement de la législation en matière de contrôle du trafic de l'ivoire et de sanctions des braconniers saisis.

8. Questions techniques

- Choix des sites pour la phase pilote en Afrique de l'Ouest
Il y a en tout 16 sites retenus pour la mise en œuvre de MIKE en Afrique de l'Ouest. Pour la phase pilote, il est question de choisir quelque sites parmi les 16 pour la mise en œuvre expérimentale du processus. Dans le processus de sélection, les participants ont d'abord fait plusieurs propositions, et définis des critères pour le choix des sites expérimentaux à partir de quatre critères principaux: niveau de population d'éléphants, équilibre entre zone de savane et de forêt, aspects transfrontaliers, existences de projets en cours. Ainsi les huit sites suivants ont été retenus: Parc w / Pendjari (Burkina, Bénin, Niger), Parc national de Mole (Ghana), Parcs de la Marahoué et de Taï (Côte d'Ivoire), Sapo (Liberia), Ziama (Guinée), Gourma (Mali, Burkina). Les délégués des pays concernés ont fait le point sur la situation actuelles de ces sites, notamment les activités en cours et le statut des éléphants.

- Identification des principaux partenaires
Après la sélection des sites pour la mise en œuvre de la phase pilote, les participants ont fait l'inventaire des actions en cours sur les sites sélectionnées. La liste des partenaires potentiels est indiquée dans le tableau ci-dessous. Il s'agit des ONG qui interviennent déjà sur ces sites ou des donateurs qui déjà apportent ou ont l'intention d'apporter leur appui pour des projets de conservation prenant en compte la dimension conservation des éléphants sur les sites.

SITES

DONATEURS

ONG

PAYS CONCERNES

Parc 'W' 

Union Européenne

 

Burkina, Bénin, Niger

Pendjari

Union Européenne

 

Bénin

Mole

Pays Bas

 

Ghana

Marahoué

Union Européenne

 

Côte d'Ivoire

Taï

KFW

GTZ,WWF TROPENBOS

Côte d'Ivoire

Sapo

 

SCNL

Liberia

Ziama

GTZ

 

Guinée

Gourma

Banque mondiale,Agence Française de Développement

 

Burkina, Mali

- Evaluation des mesures d'application de la loi
Les participants ont fait le point sur les mesures de protection et des dispositifs de surveillance dans leur pays respectifs. Il ressort de cette situation qu'à l'exception du Nigeria, la plupart des pays doivent fournir des efforts supplémentaires afin de conformer leur législation aux dispositions de la CITES. Le secrétariat a indiqué qu'il s'est doté de nouvelles capacités en terme de ressources humaines afin d'appuyer les pays qui en feront la demande.

- Techniques d'inventaires
Différentes présentations de Pauline Lindeque et de Richards Barnes ont sensibilisé les participants sur les techniques utilisables en zone de savane ou de forêts pour l'estimation et le suivi des éléphants. Il s'agit du suivi par satellite, de l'inventaire à partir de l'enregistrement des sons, ainsi que le comptage à partir des crottes, cette dernière technique paraissant plus efficace en zone de savane que les inventaires aériens. Cette dernière méthode est également la technique la plus connue et la plus utilisée pour les estimations des éléphants de forêt depuis plusieurs années. Complétant ces différents éléments, le représentant du Nigeria a rapporté l'utilisation par son pays d'une méthode relativement peu coûteuse et facilement maîtrisable à travers des parachutes motorisés.

- Analyse des données
Ce point a concerné particulièrement la question de l'analyse des données de MIKE à différents niveaux, depuis les sites où les données sont collectées jusqu'à l'unité centrale au niveau continentale. Il a été conclus que les informations réunies seront analysées au niveau des sites pour avoir des données pour la gestion, puis au niveau sous-régional pour des besoins de consolidation, et au niveau continental par une unité centrale en vue de répondre à d'autres besoins permettant de dégager des conclusions au niveau régional. Le suivi au niveau sous-régional consiste en une compilation des informations en vue de vérifier quel type d'analyse est faisable à ce niveau. Il est ressortit aussi que l'analyse de données à ces différents niveaux peut seulement permettre de répondre à certaine questions. Le problème posé par les parties à la CITES se situant à un niveau régional, il pourra trouvé une réponse à travers une approche qui consisterait à centraliser et à analyser des informations au niveau continental pour répondre à cette question.

- Identification des ressources techniques disponibles
Les délégués des différents pays ont fait le point sur les compétences techniques et la logistique disponibles au niveau des sites retenus et à l'échelle nationale. De manière générale et sous réserve de formation complémentaires, les pays disposent de personnel nécessaire à la mise en œuvre du MIKE aussi bien sur les sites qu'au niveau national. Par contre, ils ont exprimé des attentes en matériels, et équipements complémentaires. Enfin, tous les pays représentés ont indiqué les points focaux au niveau national, réservant la désignation des responsables de sites dans le cadre de communications ultérieures.

9. Evaluation des besoins en formation

L'intérêt de ce point était surtout de mettre l'accent sur les besoins spécifiques de formation aussi bien au niveau des points focaux que des responsables des sites afin d'assurer une mise en œuvre adéquat du MIKE. Les participants ont posé des questions sur le niveau requis pour les agents sur les sites et au niveau des points focaux. Il a été proposé d'avoir au niveau national, un biologiste qui consacrera une partie (environ 25%) de son temps au MIKE tandis qu'au niveau des sites il y a un besoin d'agents de terrain qui consacreront environ 50% de leur temps au suivi des activités de MIKE. En référence aux échanges subséquents, le personnel requis est disponible, mais ce personnel a besoin d'être formé dans le contexte de MIKE. Le secrétariat de la CITES a saisi cette opportunité pour informer les participants sur le développement de certains modules de formation pour répondre à cette nécessité.

10. Questions de politiques

- Coordination au niveau sous-régional
A titre introductif, Holly Dublin a donné des informations sur les structures de coordination désignées dans les autres régions, notamment l'UICN en Asie du sud Est, WCS en Afrique centrale. Malan Lindeque, tout en souhaitant que cette coordination soit à long terme assurée par les pays eux mêmes, a suggéré que cette responsabilité soit confiée au cours de cette phase pilote, à une organisation déjà établie (ONG, Organisation internationale) qui contribuera au processus de préparation du projet.

A l'issue des échanges subséquents, les participants ont convenu de confier cette coordination à la représentation régionale de l'UICN en Afrique de l'Ouest.

- Besoins complémentaires
Conformément aux orientations retenues, Le secrétariat de la CITES essayera de mettre à la disposition de UICN BRAO, des ressources nécessaires pour développer des propositions de projets en vue d'obtenir les moyens financiers requis pour la mise en place de la cellule de coordination du MIKE. Dans ce contexte, le rôle de UICN BRAO serait de rechercher en priorité les fonds pour l'établissement de l'unité de coordination qu'il est appelé à gérer.

Les participants ont par la suite demandé à la CITES et à l'UICN de les aider à organiser trois réunions distinctes pour traiter de plusieurs questions ci-dessous indiquées :

1)

Une quatrième réunion de dialogue des Etats de l'aire de répartition de l'éléphant d'Afrique, précédant la 11ème Conférence des parties à la CITES pour examiner d'autres questions importantes avec les autres Etats africains.

2)

La tenue d'une réunion préparatoire des Etats de la sous-région Afrique de l'Ouest à la 11ème Conférence des Parties à la CITES pour examiner les questions de cotas, des législations nationales, des stocks d'ivoire et surtout pour organiser la gestion de leurs préoccupations à la prochaine conférence. Le Nigeria et La Guinée ont offert d'abriter cette rencontre, respectivement à Abuja et à Conakry. Après échanges et discussions ils ont convenu de la tenir au Nigeria.

3)

La tenue d'une rencontre de formation sur les questions relatives au renforcement de l'application des meures de la CITES. Il s'agit d'une session de formation à l'intention des organes de gestion de la CITES, à organiser dans un pays de la sous-région.

11. Prochaines étapes du processus en Afrique de l'Ouest

Ces étapes sont résumées dans le tableau ci-dessous

ACTIONS

ACTEURS

Informer les autorités sur le MIKE

Participants à la réunion MIKE

Informer le personnel des sites/projets/ONG

Point focal et coordinateur régional

Elaboration de document de projet

Coordonnateur /Secrétariat CITES

Appui au développement technique du MIKE

GSEAf et coordination

Collecte des résultats des études sur les sites MIKE

Coordinateur

Distribution du rapport de la réunion

UICN / BRAO

Rapport sur le braconnage et le commerce

Organes de gestion

12. Conclusion

Au terme de leur travaux, les participants se sont félicités d'avoir abordé l'ensemble des points inscrits à l'ordre du jour et d'avoir atteint les résultat assignés à cette rencontre. Il ont adressé leur remerciements aux autorités du Ghana, à la CITES et au Comité Nerlandais pour l'UICN ainsi qu'au bureau régional de l'UICN pour l'Afrique de l'Ouest pour leur contribution efficace à l'organisation de cette réunion. Tous les participants ont convenu de discuter une fois de retour chez eux avec le personnel des sites et de tenir informer les principaux partenaires qui seront impliqués dans le processus sur les sites.