La CITES, le WWF et TRAFFIC publient un nouveau guide pour faciliter l’identification de l’ivoire de contrebande

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE CONJOINT

La CITES, le WWF et TRAFFIC publient
un nouveau guide pour faciliter l’identification de l’ivoire de contrebande

Révision en profondeur d’un outil clé dans la lutte contre la fraude.

 

Genève, 11 août 2020  - En prévision de la Journée mondiale de l’éléphant, le Secrétariat de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), le Fonds mondial pour la nature (WWF) et TRAFFIC ont publié le Guide d’identification de l’ivoire et de ses substituts (lien en anglais), un ouvrage complet et abordable sur l’identification des différents types d’ivoire et de ses substituts manufacturés le plus souvent rencontrés dans le commerce. Il s’agit d’un outil essentiel pour aider les forces de l’ordre à identifier, entre autres, l’ivoire de contrebande.

La Secrétaire-Générale de la CITES, Ivonne Higuero, a déclaré : « Cette 4e édition était très attendue. Ce guide sera un outil indispensable pour réglementer le commerce international de plusieurs espèces inscrites à la CITES. Avec ce guide, nous réaffirmons notre engagement à soutenir les Parties à la CITES, en les aidant à atteindre les objectifs de la Convention et à lutter contre la criminalité liée aux espèces sauvages. »

La dernière révision de l’ouvrage remonte à 1999. Plus de vingt ans de progrès ont été pris en compte pour aider les agences de lutte contre la fraude à faire la distinction entre les différents types d’ivoire et leurs substituts. Le guide comprend notamment des illustrations détaillées ainsi que des applications de criminalistique pour permettre l’identification de l’ivoire. Il est essentiel de pouvoir reconnaître l’ivoire avec précision afin d’empêcher sa contrebande ou son commerce illégal, ainsi que pour limiter le braconnage endémique qui décime les populations d’éléphants d’Afrique.

Ces douze dernières années, les éléphants ont connu une recrudescence du braconnage, en raison de leurs défenses en ivoire très recherchées. Lors de la 17e session de la Conférence des Parties à la CITES en 2016, les Parties ont convenu que le guide devait être actualisé afin de faciliter l’identification de l’ivoire d’éléphant, notamment en raison de l’intensification des activités de lutte contre la fraude et du nombre croissant de types d’ivoire de substitution entrant sur le marché. Ces derniers rendent de plus en plus difficile la distinction entre l’ivoire d’éléphant et les produits de substitution.

Grâce à ce guide, les forces de l’ordre, les experts de criminalistique, le personnel chargé de lutter contre la fraude dans les entreprises en ligne ainsi que les organes de gestion du commerce des espèces sauvages ont accès à des procédures détaillées, des supports visuels et des instructions pour identifier les produits en ivoire, notamment ceux qui ont fait l’objet de nombreuses altérations (sculptures et peintures en particulier).

Les produits en ivoire commercialisés peuvent être mal étiquetés en vue de contourner les réglementations, notamment celle visant à interdire le commerce international de l’ivoire d’éléphant. Reconnaître tous les différents types d’ivoire et ses substituts peut s’avérer difficile, surtout lorsqu’on ne dispose pas de l’équipement spécialisé, de l’expertise et du temps nécessaire à l’examen des produits.

Le guide comprend des descriptions actualisées des différents types d’ivoire en fonction des espèces concernées ainsi que des produits disponibles dans le commerce. Il présente des méthodes fiables et précises pour déterminer le type d’ivoire selon le produit : défense/dent, sculpture ou autres articles.

Le nouveau guide comporte des renseignements sur les espèces les plus touchées (éléphants, mammouths, baleines, narvals et hippopotames) ainsi que des supports visuels plus complets pour aider les agents de lutte contre la fraude à faire la distinction entre l’ivoire d’éléphant et l’ivoire de substitution, comme le plastique ou l’ivoire végétal. Le guide traite également de la vente sur Internet : le commerce illicite de l’ivoire d’éléphant s’y intéresse de plus en plus et les images numériques statiques peuvent rendre l’identification difficile.

« L’identification de l’ivoire reste difficile encore aujourd’hui, » a déclaré Ginette Hemley, première vice-présidente pour la conservation des espèces sauvages au WWF-US. « Nous sommes à une époque où le commerce illégal d’ivoire d’éléphant augmente et où le commerce d’autres ivoires, comme celui de mammouth ou l’ivoire artificiel, est en pleine expansion : il est donc difficile d’établir l’origine de l’ivoire. Nous devons également faire face à un commerce florissant sur Internet et aux efforts considérables déployés par les organisations criminelles pour éviter la détection ou pour vendre des produits frauduleux. »

En réponse à la décision de la CoP17, le Secrétariat CITES a demandé au WWF et à TRAFFIC d’élaborer ce guide. Certains des auteurs de l’ouvrage original ainsi que des experts de criminalistique du laboratoire d’analyse de l’U.S. Fish and Wildlife Service (USFWS) ont participé à sa révision. Le WWF-US et TRAFFIC ont effectué des recherches supplémentaires sur le commerce en ligne ainsi que sur la rédaction de guides en général. Ce guide comprend désormais un extrait du rapport 2014 de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), intitulé Guidelines on methods and procedures for ivory sampling and laboratory analysis (Lignes directrices sur les méthodes et les procédures d’échantillonnage et d’analyse en laboratoire de l’ivoire, disponible en anglais uniquement) et publié en partenariat avec le Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages (ICCWC). Le guide sera également disponible en chinois, en français et en espagnol.

Crawford Allan, directeur principal de TRAFFIC, a déclaré : « Les experts en ivoire du laboratoire d’analyse criminalistique de l’USFWS méritent d’être félicités pour leur travail de révision complet et le développement de la section consacrée aux données morphologiques. Le guide sera utilisé dans le cadre de programmes de formation sur la lutte contre la fraude ainsi que pour appuyer tout un éventail d’applications en matière de conservation et de respect de la loi, en aidant notamment les commerces en ligne à bannir les ventes d’ivoire d’éléphant sur leurs plateformes. Nous devons à tout prix accentuer la pression pour enrayer le commerce illégal de l’ivoire. »

Cette publication a été rendue possible grâce au soutien de l’Union européenne (via le projet de mise en œuvre des décisions de la CoP17 de la CITES).

 

Note aux rédacteurs :

Les membres du laboratoire d’analyse de l’U.S. Fish and Wildlife Service ayant participé à la rédaction de l’ouvrage sont notamment Barry W. Baker, Rachel L. Jacobs, Mary-Jacque Mann et Edgard O. Espinoza.

Pour plus d’informations, veuillez contacter Francisco Pérez at francisco.perezgonzalez@cites.org ou +41 22 917 1447.

 

Au sujet de la CITES :

La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) a été adoptée le 3 mars 1973 et est entrée en vigueur le 1er juillet 1975. Avec 183 États membres (182 pays auxquels s’ajoute l’Union européenne), la CITES reste l’un des instruments les plus puissants au monde pour la conservation de la biodiversité par la réglementation du commerce international de près de 36 000 espèces de plantes et d’animaux sauvages. Partout dans le monde, l’homme utilise des espèces inscrites aux annexes CITES dans sa vie quotidienne pour se nourrir, se loger, se soigner, ainsi que sous forme de souvenirs touristiques, de cosmétiques ou de produits de mode. La CITES s’efforce de veiller à ce que le commerce international de ces espèces soit durable, légal et traçable et contribue aussi bien aux moyens d’existence des populations locales qui vivent au plus près d’elles qu’à l’économie des différents pays, de manière à préserver la santé de la planète et le bien-être des populations, dans le respect des Objectifs de développement durable des Nations unies.

 

Au sujet du WWF :

Le WWF est l’une des plus grandes organisations de protection de la nature au monde. Présente dans près de 100 pays, elle œuvre au bien-être des hommes et de la nature depuis plus de 50 ans. Grâce au soutien de plus de 5 millions de membres dans le monde, le WWF a pour mission de proposer des solutions scientifiques qui visent à préserver la biodiversité ainsi que l’abondance de la vie sur Terre, à enrayer le processus de dégradation de l’environnement et à lutter contre la crise climatique. Visitez www.worldwildlife.org pour en savoir plus. Restez au courant des dernières actualités en matière de conservation de la nature en vous abonnant à @WWFNews surTwitter ou en vous inscrivant à notre newsletter et à nos dépêches ici.

 

Au sujet de TRAFFIC :

TRAFFIC est une organisation non gouvernementale de premier plan qui s’intéresse au commerce des animaux et des plantes sauvages dans le monde entier, en se concentrant sur la conservation de la biodiversité et le développement durable. Sa mission est de veiller à ce que le commerce des espèces animales et végétales sauvages ne constitue pas une menace pour la conservation de la nature. Plus d’informations sur www.traffic.org