Pour une meilleure protection des espèces d’arbres africaines commercialisées au plan international et inscrites à la CITES

Du 7 au 15 mars 2019, à l’occasion de la Réunion régionale pour l’Afrique du Programme CITES sur les espèces d’arbres, organisée par l’organe de gestion CITES de la République‑Unie de Tanzanie à Dar es-Salaam, quelque 30 experts de 12 Parties à la CITES se sont réunis. Le Secrétariat CITES, avec l’appui de l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT), a organisé la réunion dans le cadre du Programme CITES sur les espèces d’arbres.

Le Programme CITES sur les espèces d’arbres (PCEA), financé par l’Union européenne, et bénéficiant d’un financement additionnel des États‑Unis d’Amérique, a pour objectif de veiller à la gestion durable d’espèces d’arbres rares et de leurs produits et de contribuer au commerce légal, traçable et équitable des produits d’espèces d’arbres CITES. Le Programme a aussi pour objet de renforcer la gouvernance des forêts, la politique de gestion des forêts, les capacités de lutte contre la fraude et de garantir des avantages à long terme pour une croissance économique durable des pays dans le contexte d’un secteur privé en bonne santé et de l’allègement à long terme de la pauvreté.

Au cours de la réunion, les participants ont pris connaissance du Programme CITES sur les espèces d’arbres et des travaux accomplis en Afrique, avec un accent mis sur les routes et les modèles d’échanges commerciaux dans la région. Le Bénin, le Burundi, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Kenya, Madagascar, le Nigéria, l’Ouganda, la République démocratique du Congo, la République‑Unie de Tanzanie et le Togo ont expliqué comment ils appliqueraient leurs projets respectifs financés dans le cadre du PCEA.

Le 12 et le 13 mars, les participants se sont scindés en deux groupes de travail pour des discussions consacrées à des thèmes spécifiques, c’est‑à‑dire Prunus africana et Osyris lanceolata.

Les États de l’aire de répartition de Prunus africana ont partagé leurs perspectives et examiné des recommandations sur les méthodes d’inventaire, les techniques de prélèvement durable, le suivi et la traçabilité, les plantations et l’agroforesterie, dans le but d’améliorer la gestion future de l’espèce. Les participants ont aussi entendu des interventions sur les moyens d’existence et la gestion durable de Prunus africana à travers une vue d’ensemble d’expériences disponibles dans ce domaine.

Le groupe de travail sur Osyris lanceolata s’est concentré sur les lacunes dans les connaissances en matière de gestion de l’espèce. L’on connaît globalement l’aire de répartition de l’espèce mais il n’en va pas de même des populations et il reste beaucoup à faire pour assurer sa gestion durable. Il est urgent de rassembler des données sur les populations, la régénération et les plantes-hôtes – compte tenu de l’écologie semi‑parasite de l’espèce – et du volume de bois présent dans le commerce illégal. Les participants ont convenu qu’il faut une technologie basée sur l’ADN afin de distinguer les espèces semblables et la variation au sein de l’espèce ; que les cartes de la répartition doivent être mises à jour ; et que des travaux de recherche additionnels sont nécessaires pour améliorer la connaissance écologique de l’espèce, y compris son rôle dans l’écosystème.

Les deux derniers jours, les participants ont convenu que les travaux futurs doivent se concentrer sur les avis de commerce non préjudiciable[1]; le marquage et la traçabilité ; l’identification des produits d’espèces d’arbres ; et le renforcement des capacités et la gouvernance.

Ivonne Higuero, Secrétaire générale de la CITES, a déclaré : « La Réunion régionale pour l’Afrique du Programme CITES sur les espèces d’arbres a été une occasion unique et précieuse de renforcer la coopération régionale entre les autorités CITES des pays d’Afrique qui n’ont pas souvent l’occasion de joindre leurs efforts pour appliquer la CITES aux espèces d’arbres. Cette réunion a aussi donné l’occasion aux Parties à la CITES d’Afrique de coordonner les travaux de préparation de la 18e session de la Conférence des Parties à la CITES. Nous sommes reconnaissants d’avoir pu organiser cette réunion grâce à l’appui de l’OIBT et au financement de l’Union européenne et des États‑Unis d’Amérique ».  

La réunion était la troisième du genre après les réunions régionales semblables organisées pour soutenir les travaux des Parties d’Asie et d’Amérique centrale et du Sud et Caraïbes. Les collègues africains ont convenu qu’ils serait utile de reproduire cette expérience et ont encouragé les équipes du PCEA à étudier la possibilité d’organiser une autre réunion régionale avant la fin de l’application des projets, pour évaluer les progrès et appliquer des mesures correctives si nécessaire.


[1] Conclusion de l’autorité scientifique établissant que l’exportation de spécimens d’une espèce particulière n’a pas d’effet négatif sur la survie de l’espèce dans la nature.